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Moratoire sur le génie génétique dans l'UE: Les ministres de l'agriculture préparent le terrain pour une fin prochaine
Des lois plus sévères sur la traçabilité et l'étiquetage de denrées alimentaires contenant des OGM sont en vigueur depuis le 18 avril 2004. Le moratoire "de facto", qui existe depuis cinq ans et pendant lequel aucun aliment ou plante génétiquement modifié n'a été autorisé, est ainsi dénué de tout fondement. David Byrne, le commissaire européen chargé de la protection des consommateurs, a annoncé que les commissions européennes autoriseront le premier aliment génétiquement modifié au mois de mai, selon toute probabilité. Il s'agit d'une variété de maïs en conserve dont la production nécessite moins d'insecticides.
Cette décision, et par conséquent la fin du moratoire, ont été rendues possibles à la suite d'une rencontre des ministres européens de l'agriculture le 26 avril, lors de laquelle une majorité qualifiée ne s'est pas prononcée contre l'autorisation.
Source: "Bt11-Mais kommt, das Moratorium endet", www.biosicherheit.de, 28. 4. 2004.
Semences OGM aux Etats-Unis: Nouvelle augmentation de la surface cultivée
Chaque année au mois de mars le service de statistiques du ministère de l'agriculture aux Etats-Unis effectue un sondage parmi les agriculteurs afin de pouvoir déterminer les nouvelles variétés de plantes semées au cours de l'année; la surface cultivée en plantes génétiquement améliorées y figure également. Les principaux atouts des plantes biotechnologiques sont leur résistance aux insecticides et leur tolérance aux herbicides. Le pourcentage de plantes génétiques a de nouveau augmenté considérablement par rapport à la saion précédente, grâce aux avantages que ces plantes présentent pour les agriculteurs: la part de maïs représente 46%, par rapport à 40% l'année précédente, le coton 76% par rapport à 73%, et le soja même 86% par rapport à 81% l'année passée.
Sources: "Prospective plantings (PDF)" , USDA - National Agricultural Statistics Service (USA), 31. 03. 2004; "Biotech Acreage Continues to Increase, Says USDA", Canadian Council for Biotechnology Information, April 2004.
Coton Bt en Afrique du Sud: Des plantes génétiques assurent le revenu de petits paysans
Le génie génétique dans l'agriculture beaucoup de personnes y associent d'immenses champs aux Etats-Unis. En réalité, une grande majorité des producteurs de plantes OGM sont des petits paysans venant de pays en voie de développement.
Une nouvelle étude auprès de petits paysans aux faible ressources démontre les netes avantages économiques qu'offre la génétique verte pour les pays en voie de développement. Pendant une période de trois ans, plusieurs centaines de paysans ont répondu à des questions sur leurs expériences avec du coton résistant au ver de la capsule du coton, en le comparant aux variétés conventionnelles. Les récoltes des plantes biotechnologiques ont donné un rendement entre 50% et 85% supérieur. Les dépenses pour les produits phytosanitaires ont été réduits de moitié, étant donné que les plantes se protègent elles-mêmes contre le ver de la capsule du coton, un parasite. Le travail nécessaire au combat des parasites a également été réduit de moitié, ce qui veut dire que les paysans ont plus de temps pour d'autres activités.
Bien que les semences génétiques soient plus coûteuses, le bénéfice des agriculteurs est désormais plus haut, grâce au meilleur rendement et aux coûts de production moins élevés. On l'a particulièrement constaté pendant la saison 1999/2000 spécialement humide, ce qui a favorisé le développement du ver de la capsule du coton. Les producteurs de coton conventionnel ont subi des pertes financières, car les maigres récoltes n'ont pas couvert leurs dépenses. En revanche les producteurs utilisant des semences biotechnologiques ont obtenu un bénéfice malgré les conditions défavorables.
Sources: S. Morse et al. 2004: "Why Bt cotton pays for small-scale producers in South Africa", Nature Biotechnology 22:379 - 380.
Betteraves sucrières tolérantes aux herbicides: Avantages pour l'environnement et la santé humaine
Les betteraves sucrières sont sensibles à la présence de mauvaises herbes. Pour cela, dans l'agriculture conventionnelle on combat les mauvaises herbes de façon mécanique, mais aussi par pulvérisation de plusieurs sortes d'herbicides.
Des herbicides classiques peuvent être remplacés par l'herbicide total Glyphosate qui est moins dangereux pour l'environnement, grâce à des betteraves sucrières génétiques rendues tolérantes au Glyphosate. Cela ouvre la possibilité de contrôler les mauvaises herbes de façon efficace, tout en réduisant le nombre des traitements par pulvérisation, ce qui présente des avantages économiques pour les agriculteurs.
Une étude britannique publiée ce mois-ci examine l'influence de la culture de betteraves sucrières résistantes aux herbicides sur de nombreux facteurs liés à l'environnement et la santé. On a essayé d'établir dans ce cas une analyse du cycle de vie (life cycle assessment) sous l'aspect de l'écologie et de la santé. Non seulement les influences directes des herbicides ont été pris en compte, mais aussi le bilan d'énergie nécessaire à la production, la dépense d'énergie lors de l'application ainsi que les émissions polluantes (une partie des résultats a déjà été publiée dans le POINT du mois de décembre 2003).
La culture de betteraves sucrières génétiques demande deux fois moins d'énergie que celle de betteraves de culture conventionnelles. Cela s'explique par la réduction de l'énergie nécessaire à la production d'herbicides. Les plantes biotechnologiques ont également obtenu de meilleurs résultats en ce qui concerne les effets climatiques à long terme (réchauffement global) et les dommages causés à la couche d'ozone. La toxicité écologique, causée principalement par des herbicides nocifs, atteint seulement 11% de la toxicité des cultures conventionnelles. Le potentiel d'acidification des sols et d'eutrophisation peut ainsi être réduit. Finalement, les facteurs touchant la santé humaine ont été analysés, notamment l'influence possible sur le smog d'été et l'émission de substances cancérigènes. La culture de betteraves sucrières résistantes aux herbicides à également obtenu de meilleurs résultats dans ces catégories.
Les auteurs de cette étude soulignent le fait que les résultats de ces calculs sont basés sur des suppositions bien définies et qu'un changement de ces valeurs pourrait influencer les résultats. Cette étude montre clairement qu'il est important de considérer le plus de facteurs possibles pour évaluer les avantages et les désavantages de plantes génétiquement modifiées.
Sources: R. Bennett et al. 2004: "Environmental and human health impacts of growing genetically modified herbicide-tolerant sugar beet: a life-cycle assessment", Plant Biotech. J. (online Veröffentlichung 18. 4. 2004)
La sésamie fait trembler les agriculteurs: Les plantes OGM résistantes aux insectes ravageurs possèdent un grand potentiel
La sésamie, un insecte ravageur, s'est propagée en Suisse et en Alsace l'été dernier (information du POINT). Par la suite, la rotation des cultures a été prescrite et la surface consacrée au maïs réduite de 7000 ha à 2000 ha en Alsace. Une réduction similaire est attendue pour la région du Rhin supérieur en Allemagne, selon le journal BauernZeitung. Une rotation des cultures pendant au moins deux ans a également été prescrite pour les régions touchées en Suisse.
Une nouvelle variété de maïs OGM résistant à la sésamie, autorisée aux Etats-Unis l'année dernière, promet de grands avantages pour la lutte contre cet insecte ravageur. Marlin E. Rice de l'Université de l'Iowa évalue dans une publication actuelle le potentiel de cette variété pour les Etats- Unis. De grandes cultures pourraient augmenter le revenu et diminuer les dépenses, ce qui entraînerait des économies annuelles de 460 millions de dollars. 2400 tonnes d'insecticides pourraient être économisées (plus d'un million de réservoirs), s'y ajoute l'équivalent de 15.000 tonnes de carburant utilisées pour la production et la distribution des insecticides. Grâce à ces avantages, la surface agricole destinée au maïs OGM aux Etats-Unis a considérablement augmenté cette année.
Sources: "Schreckgespenst für Maisanbauregionen", BauernZeitung, 27. Februar 2004, S. 26; "Ein Schädling erobert Europa", www.biosicherheit.de, 17. 3. 2003; M. E. Rice 2004: "Transgenic Rootworm Corn: Assessing Potential", Plant Health Progress, März 2004.
Alternative aux gènes de résistance aux antibiotiques: Un nouveau marqueur de sélection fait d'une pierre deux coups
Toute modification génétique d'une plante commence par l'insertion des nouvelles propriétés héréditaires dans une cellule végétale, appelée la transformation. Le travail qui suit est comme la recherche d'une aiguille dans une botte de foin: seule une minuscule partie des cellules intègre le nouveau gène. Afin de les déterminer, on insert un gène marqueur en même temps que le gène désiré. Si l'intégration réussie, les cellules modifiées se différencient par une croissance supérieure.
Le choix de tels gènes marqueurs convenables aux plantes est limité. On a souvent utilisé des gènes de résistance aux antibiotiques jusqu'à présent, mais leur emploi en plein champ sera interdit dans les années à venir, bien que la nuisance ne soit pas concrètement prouvée. Le groupe de travail de Torgny Näsholm de l'Université d' Umeå en Suède a développé un nouveau gène marqueur pour les plantes; il représente une vraie alternative aux marqueurs de sélection utilisés jusqu'à présent et possède une double fonction.
Le gène dao1, issu de la levure, a été introduit lors d'essais en laboratoire dans des plantes Arabidopsis. Par la suite, les plantes transgéniques étaient devenues résistantes aux acides aminés toxiques D-alanine et Dsérine, qu'on ne trouve pas dans les plantes naturellement. Les plantes non modifiées, n'ayant pas reçu le gène marqueur, sont mortes après une injection d'acides aminés. Le gène dao1 peut donc servir de marqueur de sélection "positif" de manière classique. Il s'est avéré, de plus, que le marqueur de sélection rend les plantes transgéniques sensibles à deux autres acides aminés, la D-Isoleucine et la D-Valine, qui ne causent aucun dommage aux plantes non modifiées. Cela laisse supposer que dao1 fonctionne aussi en tant que marqueur de sélection "négatif" pour identifier les plantes qui ne portent plus ce gène. Le gène marqueur dao1 pourrait donc être utilisé de cette manière pour insérer le gène désiré dans une plante et pour identifier les plantes transformées. En une deuxième étape, le gène marqueur pourrait être retiré et les plantes sans gène marqueur pourraient être identifiées par sélection "négative". Le résultat seraient des plantes contenant uniquement le gène désiré, sans les gènes marqueurs devenus inutiles après la transformation. Cela correspondrait à la tendance actuelle d'effectuer un minimum de modifications génétiques lors de la production de plantes transgéniques.
Source: O. Erikson et al. 2004, "A conditional marker gene allowing both positive and negative selection in plants", Nature Biotech. 22:455-458.
Texte: Jan Lucht
Traduction: J-Ph. Ruegg