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Initiative "stop OGM": Le Conseil fédéral rejette un moratoire
Dans son message publié le 18 août dernier, le Conseil fédéral rejette
clairement et sans contre-projet l'initiative populaire "pour les aliments
produits sans manipulations génétiques".
L'initiative a été déposée en automne 2003 et demande un moratoire de
cinq ans sur l'usage d'OGM dans l'agriculture. Les denrées alimentaires
importées ne seraient pas touchées.
Le Conseil fédéral estime que les réglementations actuelles et la loi sur le
génie génétique garantissent suffisamment la sécurité des êtres humains,
des animaux et de l'environnement contre les abus en matière de génie
génétique. L'initiative n'apporterait donc aucune sécurité supplémentaire,
mais nuirait au site économique suisse et aux relations commerciales
extérieures.
Le processus d'autorisation pour l'utilisation commerciale de produits OGM
en agriculture s'étend sur plusieurs années. Aucune demande n'a été
déposée jusqu'à aujourd'hui. Il est donc improbable que des plantes
génétiques soient commercialisées dans les prochaines années, avec ou
sans moratoire. Les modifications génétiques de vertébrés sont de toute
façon interdites par la loi sur le génie génétique.
Le Conseil fédéral craint qu'avec le moratoire, la Suisse perde de son
intérêt et de son attrait comme site de recherche, quand bien même la
recherche et donc les disséminations expérimentales ne seraient pas
directement concernées par le moratoire. Des perspectives incertaines
pourraient inciter les chercheurs à émigrer, privant ainsi la Suisse de leur
savoir. De plus, si la Suisse devait accepter l'interdiction d'importation
demandée, qui n'est pas fondée scientifiquement, elle pourrait rencontrer
des difficultés dans ses relations commerciales internationales. Le Conseil
fédéral propose par conséquent aux Chambres fédérales de rejeter sans
contre-projet l'initiative populaire "pour des aliments produits sans
manipulations génétiques".
Sources: "Le Conseil fédéral rejette l'initiative demandant un moratoire sur le génie génétique", Communique de presse du DFE, 18. 8. 2004; "Message concernant l'initiative populaire "pour les aliments produits sans
manipulations génétiques", Texte original sur www.bvet.ch, 18. 8. 2004.
Tavelure du pommier: Un gène de résistance issu de pommes sauvages protège les pommes cultivées contre une maladie fongique
La tavelure du pommier est une maladie fongique qui cause d'importants
dégâts aux cultures des pommes. Un climat chaud et humide favorise
l'infection qui provoque d'abord des taches sur les feuilles et ensuite sur
les fruits. Les feuilles contaminées tombent plus vite et les fruits touchés
peuvent à peine être vendus. De plus, les parties contaminées sont
exposées à des agents de pourriture.
De nombreuses variétés de pommes cultivées sont fortement sensibles à
la tavelure. Le champignon doit être combattu à l'aide deproduits
phytosanitaires chimiques ou biologiques coûteux et par un contrôle
minutieux des pommiers. Il existe en effet différentes variétés de pommes
moins sensibles à cette maladie, mais elles sont moins connues auprès
des consommateurs et consommatrices et donc plus difficiles à vendre.
Différents programmes de culture, visant à transmettre les propriétés de
résistance de pommes sauvages à des pommes destinées à la vente, sont
en cours actuellement. Ces croisements demandent beaucoup d'efforts et
peuvent durer plusieurs décennies avant qu'un résultat satisfaisant ne soit
obtenu. Ce procédé peut être fortement accéléré en utilisant des
méthodes de biologie moléculaire moderne.
Deux groupes de chercheurs de l'EPF à Zurich et de l'Université de
Bologne ont réussi lors d'une collaboration fructueuse à transmettre un
gène de résistance du pommier japonais Malus floribunda à la variété
commerciale Gala. Les plantes transgéniques ainsi obtenues ont montré,
lors d'expériences sous serre, une meilleure résistance à la tavelure du
pommier. Une telle transmission d'un seul gène défini est nettement plus
rapide et précise que les méthodes de croisement classiques, car chaque
nouvelle plante croisée reçoit également de nombreuses propriétés
indésirables.
Sources: E. Belfanti, E. Silfverberg-Dilworth et al. 2004, "The HcrVf2 gene from a wild apple confers scab resistance to a transgenic cultivated variety", Proc. Natl. Acad. Sci. USA 101: 886-890; "Transgenic Gala apples display resistance to fungal attack", CheckBiotech.org, 30 juillet 2004
Coton "roundup-ready": De grands avantages économiques et écologiques en Australie
Le coton "roundup-ready" a été cultivé en Australie pour la première fois
en l'an 2000. Ce coton a été rendu tolérant à l'herbicide glyphosate à
l'aide d'une modification génétique. Après deux ans seulement, 40% des
plantations étaient culitvées en coton biotechnologique. Ce triomphe
phénoménal s'explique par une grande réduction des dépenses en
herbicides, car les plantes OGM peuvent être traitées de manière
beaucoup plus précise.
La technologie "roundup-ready" permet de contrôler la mauvause herbe
directement par pulvérisation, après que la plante a germé. La culture
conventionnelle, par contre, nécessite des herbicides de longue durée qui
doivent être appliqués dans le sol avant le semis. Le sol nécessite moins
de travail, ce qui représente un autre avantage: la qualité du sol
augmente et l'érosion diminue.
Des études en plein champ ont été effectuées par l'Université de Sydney
afin de déterminer les conséquences écologiques d'un tel changement des
méthodes de culture. Les différences entre les herbicides classiques et le
glyphosate ont particulièrement été étudiées. Les chercheurs signalent
qu'une comparaison correcte implique non seulement la quantité des
herbicides utilisés, mais aussi leur nocivité. Des mesurages du taux
d'herbicide dans le sol ont montré que le glyphosate est nettement moins
dangereux pour l'environnement que les herbicides classiques: il se
décompose plus rapidement et le lessivage du sol est diminué. Des
modèles de calcul ont montré qu'un dépassement des valeurs limite est
fort improbable en utilisant du glyphosate ce qui n'est pas le cas pour
les herbicides classiques, où les valeurs sont dépassées régulièrement.
Les agriculteurs australiens profitent de l'introduction rapide du coton
tolérant aux herbicides, mais l'environnement aussi.
Sources: A. Crossan und I. Kennedy, "A Snapshot of Roundup Ready® Cotton in Australia", research report, University of Sydney, 2004.; "GM cotton helps the environment, Australian study finds", Channel NewsAsia, 4 août 2004.
OGM et alimentation: L'agence de sécurité sanitaire des aliments évalue les chances et les risques
OGM et alimentation, peut-on évaluer des bénéfices pour la santé?
L'agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments AFSSA a publié fin
juillet 2004 un rapport dans lequel elle évalue au travers de quatre
exemples les bénéfices et les risques de l'utilisation du génie génétique
pour la production de denrées alimentaires. Il s'agit plus précisemment de
plantes résistantes à des insectes, de betteraves tolérantes à un
herbicide, de "riz doré" enrichi en vitamine A et de microorganismes
génétiquement modifiés. Des bénéfices pour la santé ont été trouvés dans
chaque cas étudié. Des plantes de maïs, par exemple, résistent à des
insectes ravageurs grâce à l'introduction du gène Bt. Leur culture permet
de limiter l'emploi d'insecticides et donc l'exposition de la population à
ceux-ci. Un deuxième avantage serait de limiter le développement sur les
plantes de champignons produisant des mycotoxines dont certains sont
cancérigènes. Non seulement les risques mais aussi les bénéfices pour la
santé et l'environnement doivent donc être pris en compte en décidant de
l'emploi de méthodes génétiques pour la production de denrées
alimentaires.
En décidant de l'emploi de méthodes génétiques pour la production de
denrées alimentaires, on doit prendre en compte non seuelment les
risques, mais aussi les bénéfices pour la santé et l'environnemet.
Sources: "OGM et alimentation : peut-on identifier et évaluer des bénéfices pour la santé ?"; Studie der Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA); "GMO-Getreide in Frankreich zunehmend befürwortet", CORDIS Nachrichten, 23. 8. 2004.
Texte: Jan Lucht
Traduction: J-Ph. Rüegg