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InterNutrition
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8021 Zurich

No. 106 août 2010

Version imprimée (pdf)

Coexistence : Bases scientifiques pour régler la distance entre les cultures de maïs
Gentechnisch
veränderter Weizen
und Kontrollpflanzen
auf dem Versuchsfeld
in Reckenholz
Le pollen de maïs peut atteindre les champs voisins par la voie aérienne
© Photo: Gerd Spelsberg / www.biosicherheit.de
Le maïs Bt résistant aux insectes est cultivé depuis de nombreuses années dans l'UE (presque 100'000 ha en 2009). La coexistence avec les variétés non modifiées est un point important lors de la culture de ces plantes. Le vent peut transporter le pollen et ainsi féconder les plantes des champs voisins. De cette manière, le caractère Bt peut se disperser au-delà des limites des champs. Etant plutôt lourd, le pollen de maïs ne vole pas loin; une distance d'isolation représente donc une méthode efficace pour réduire les mélanges involontaires de propriétés génétiques.
Grâce aux essais en plein champ, nous disposons pour le maïs d'un grand nombre de données sur la dispersion du pollen et la transmission de gènes pouvant servir de base au règlement rationnel des distances entre les cultures. Des chercheurs du Centre commun de recherche de la Commission européenne (JRC) et de la Station de recherche suisse Agroscope ART ont recueilli et analysé plus de 1000 valeurs de mesures provenant d'Italie, d'Allemagne, d'Espagne et de Suisse. On sait que le taux de pollinisation étrangère diminue rapidement avec la distance. Cette valeur est de 4,5% en moyenne pour une bande de 0 à 10m entre les champs, 0,7% pour une bande de 10 à 20m, et elle diminue ensuite rapidement (0,2% pour une bande de 30 à 40m).
Cependant, ces valeurs moyennes ne montrent qu'une image incomplète. Combien de fois est-il arrivé, par exemple en cas de vents forts, que la pollinisation ait été supérieure dans le champ voisin ? Le seuil de tolérance de 0,9%, valable dans l'UE et en Suisse pour les traces d'OGM, est une valeur de référence importante. Laura Riesgo et ses collaborateurs ont démontré qu'une distance de 40 m suffit dans 99,6% des cas pour garder la pollinisation extérieure en dessous de 0,9%. Etant donné qu'un mélange involontaire peut avoir lieu non seulement par pollinisation, mais aussi par d'autres voies (p.ex. lors du transport), il serait judicieux de réduire davantage la valeur maximale de pollinisation extérieure. Des analyses statistiques permettent de calculer, pour des distances et des taux de pollinisation extérieure différents, la probabilité que les valeurs maximales souhaitées soient respectées. A partir d'une distance de 40 m l'apport de pollen par voie aérienne peut être limité, avec une certitude de 90%, à 0,5% au maximum. Une double marge de sécurité devrait suffire pour que le seuil de 0,9% prescrit par la loi soit respecté.

Durchschnittlicher Fremdpollen-Eintrag für Mais
Apport moyen en pollen extérieur pour le maïs et probabilité que le seuil de 0,5% soit respecté selon la distance du champ voisin. Daten und Données et détails voir Riesgo et al 2010. En bas : Distance minimale entre les champs de maïs Bt et conventionnels dans des pays européens.

La comparaison de ces données recueillies sur différents sites, et des directives des différents pays européens sur la culture de maïs OGM, démontre clairement que les résultats scientifiques ne sont pas les seuls critères décisifs pour la législation: étant donné qu'un espace de 40m entre les différents champs de maïs est pratiquement toujours suffisant, plusieurs pays européens prévoient des distances jusqu'à 600m (Luxembourg). D'après les auteurs de cette étude, ces différences significatives ne peuvent pas s'expliquer par la spécificité des conditions locales et seraient démesurées - du moins si l'objectif est de respecter le seuil d'étiquetage valable actuellement.
Source: Laura Riesgo et al. 2010, "Distances needed to limit cross-fertilization between GM and conventional maize in Europe", Nature Biotechnology 28:780-782

Colza OGM : Danger pour la nature aux Etats-Unis?
Début août, de nouveaux résultats scientifiques sont apparus dans les médias. D'après le magazine allemand Spiegel, le « Colza OGM se propagerait de manière incontrôlée » et le magazine Stern parle d'un « résultat effrayant ». Que s'est-il passé? A l'occasion du congrès annuel de l'Ecological Society of America ESA, le groupe de chercheurs autour de Cynthia L. Sagers de l'Université de l'Arkansas a présenté un poster sur lequel ils décrivent des recherches sur la propagation de plantes de colza génétiquement modifié. La revue spécialisée Nature a cité ces résultats dans un article qui a ensuite servi de référence à de nombreux journalistes.
Les chercheurs avaient analysé du colza poussant au bord de routes de campagne et d'autoroutes dans le Dakota du Nord. Ils ont constaté que 86% des plantes étaient génétiquement modifiées - d'après Cynthia L. Sagers une « propagation sans précédent ». Mais une minorité seulement des médias ont mentionné qu'aux Etats-Unis 85% à 90% du colza produit est génétiquement modifié. Les chercheurs ont donc trouvé au bord des routes exactement ce qui pousse dans la plupart des champs. On sait depuis longtemps que certaines graines de soja, en raison de leur taille, peuvent se perdre lors du transport et germer le long des routes ou des voies de chemins de fer; cela n'a rien à voir avec la modification génétique. Mais on ne peut pas parler de propagation, car on n'a pas observé de colza OGM poussant régulièrement en dehors des voies de communication, voire dans des écosystèmes naturels et intacts. Cela serait d'ailleurs peu probable car le colza a été conçu pour pousser dans des champs et pourrait à peine survivre en pleine nature.
Sources: Meredith G. Schafer et al. 2010, "Evidence for the establishment and persistence of genetically modified canola populations in the U.S", Poster, 95th ESA Annual Meeting, Pittsburgh; "GM crop escapes into the American wild", Nature News, 06.08.2010; "Research Confirming Volunteer Canola Not Surprising or Concerning", US Canola Association press release, 06.08.2010

Betterave sucrière OGM: Un tribunal américain suspend l'autorisation pour la culture, mais se prononce contre une interdiction
Jamais une plante biotechnologique ne s'est établie aussi rapidement sur le marché que les betteraves sucrières OGM aux Etats-Unis. En deux ans seulement, elles ont atteint une part de marché de 95%. Les avantages pour les agriculteurs sont évidents: les plantes facilitent le combat contre les mauvaises herbes - particulièrement important pour les betteraves sucrières - et permettent d'économiser temps et argent.
Seul bémol dans ce succès:la décision du 13 août prise par le juge Jeffrey White du tribunal de Californie du Nord. Il a suspendu pour la prochaine saison l'autorisation de la culture illimitée, accordée par le Ministère de l'agriculture américain. En 2008 déjà, des organisations environnementales avaient déposé une plainte et demandé l'interdiction des betteraves sucrières. D'après eux, l'évaluation des effets sur l'environnement effectuée par l'APHIS, le service d'autorisation responsable, aurait été insuffisante. En 2009, le juge White a effectivement trouvé des lacunes dans les processus d'autorisation et a revendiqué une étude sur la compatibilité environnementale, mais il a autorisé pour le printemps 2010 la poursuite des cultures de betteraves sucrières. Avec la décision actuelle il rejette la demande des plaignants d'interdire de manière permanente les betteraves sucrières OGM, mais il rend le dossier d'autorisation à l'APHIS. Etant donné qu'il n'existe aucune indication qui permette de craindre des dangers pour l'environnement, ces derniers estiment qu'une fois l'étude terminée, la culture illimitée sera de nouveau autorisée. Cependant, il reste à décider quelles mesures seront nécessaires pour y parvenir. Dans un cas similaire datant de juin dernier, la Cour suprême des Etats-Unis avait décrété à propos de la luzerne OGM qu'une étude incomplète sur la compatibilité environnementale ne suffisait comme argument pour interdire la culture. Une solution temporaire serait envisageable, car une interdiction de la culture de betteraves sucrières tolérantes aux herbicides causerait des dommages économiques considérables aux agriculteurs et aux producteurs de semences.
Sources: "US court revokes approval of GM sugar beets", www.gmo-compass.org, 15.08.2010; "Klage zum dauerhaften Anbauverbot gentechnisch veränderter Zuckerrüben in den USA abgewiesen", Communiqué de presse KWS SAAT AG, 16.08.2010; U.S. "Supreme Court Overturns Ban on GM Alfalfa", Science Insider, 21.6.2010.

Essais d'alimentation pour animaux: Les effets des plantes OGM sur les animaux de rapport ont fait l'objet de nombreuses analyses
« Mondialement, il n'existe pratiquement pas d'études vérifiables sur les effets des plantes génétiquement modifiées sur les humains et les animaux. Des essais à long terme sont inexistants. » (Verein Umweltinstitut München). De telles déclarations sont souvent le fait d'organisations critiques envers les OGM et servent d'argument contre l'emploi de fourrages OGM dans l'UE, comme par exemple les variétés de soja tolérantes aux herbicides totaux ou les sortes de maïs Bt résistantes aux insectes. Qu'en est-il de cette affirmation? Les effets sont-ils réellement inconnus? L'emploi de plantes transgéniques est-il depuis 15 ans une grande expérience dont l'issue est incertaine?
L'organisation faîtière des Sociétés des sciences animales aux Etats-Unis FASS confronte sur son site internet ces présomptions à des faits. On y trouve un aperçu actuel des travaux scientifiques effectués au sujet des « animaux de rapport nourris d'OGM », et plus de 300 références à des études détaillées sur la culture expérimentale de plantes biotechnologiques établies et de plantes en développement. Il existe des essais sur des bovins, des vaches à lait, des porcs et des volailles - animaux nourris régulièrement d'OGM dans de nombreux pays - tout comme des essais sur des moutons, des lapins et différentes espèces de poissons. Il y a également des références à des études à long terme, comme par exemple un essai d'alimentation de cailles mené avec du maïs Bt sur une période de dix générations. La bibliographie est complétée par 100 références concernant les effets de la nourriture OGM sur les produits animaux comme le lait, les oeufs et la viande.
Certainement incomplet, ce choix de littérature scientifique de la FASS démontre l'immense palette d'analyses déjà achevées sur les fourrages OGM. S'y ajoutent un grand nombre de travaux en cours, dont les résultats seront publiés dans les revues spécialisées. Si, malgré le nombre d'informations disponibles, quiconque ose prétendre qu'il n'existe pratiquement pas d'études à ce sujet, ou bien il fait preuve d'ignorance ou bien il veut manipuler l'opinion publique.
Sources: "References - Feeding Transgenic Crops to Livestock", "References Pertaining to Transgenic DNA and Protein and Livestock Products (Meat, Milk, Eggs)", Federation of Animal Science Societies (FASS), www.fass.org

PNR 59: Troisième année de dissémination expérimentale de blé résistant aux champignons accomplie avec succès
Avec la récolte du blé transgénique à Pully près de Lausanne (19 au 21 août) et à Reckenholz près de Zurich, la troisième saison des essais expérimentaux, effectués dans le cadre du PNR59 « Utilité et risques de la dissémination des plantes génétiquement modifiées », s'est terminée sur un succès. Afin d'éviter la perte de graines, les chercheurs ont renoncé à l'emploi de moissonneuses et ont effectué le travail à la main. Après avoir séché le blé, les collaborateurs ont battu le grain et continué les analyses.
A Pully les essais ont commencé en 2009 avec un an de retard. A Reckenholz, les premières semailles ont eu lieu en 2008 - les essais prévus pour trois ans sont donc maintenant terminés. Cependant, la parcelle expérimentale ne sera observée jusqu'en 2012 afin de voir si certaines plantes OGM germent. Les très nombreuses données recueillies par les différents groupes de chercheurs sont en cours d'évaluation. Les premiers résultats ont déjà été publiés (voir POINTmars et juillet 2010). D'autres publications sont en préparation. Elles toucheront non seulement aux propriétés agronomiques des plantes et à leur résistance aux champignons, mais aussi aux éventuelles influences sur l'environnement et sur d'autres organismes des champs et des sols.
Sources: "Récolte des essais de blé à Pully", Communiqué de presse Consortium-ble.CH, 20.07.2010; "Gentechnisch veränderter Weizen am Standort Reckenholz geerntet", Medienmitteilung www.konsortium-weizen.ch, 23.08.2010.

Texte: Jan Lucht
Traduction: J-Ph. Rüegg

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