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No. 108 octobre 2010

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Fruits de la recherche: Des pommes qui ne deviennent pas brunes lorsqu~elles sont coupées
Pomme Newton
Les pommes sont appétissantes - mais seulement avant d~être coupées
© A. A. Newton / USDA-ARS
Tout le monde a déjà fait cette expérience : les pommes viennent d'être coupées et ont l'air appétissantes, fraîches et croquantes ~ mais peu après, la couleur des parties tranchées devient brune. La plupart des personnes éprouvent vraisemblablement moins de plaisir à manger un tel fruit, bien que le goût soit pratiquement identique. Qui sait combien d'écoliers ont décidé de manger quelque chose de plus appétissant (mais pas nécessairement plus sain) que des bouts de pommes brunâtres?
Les processus biologiques responsables de la couleur brune sont bien connus. On sait qu'il s'agit d'une réaction qui protège les fruits contre les dommages, comme par exemple les chocs superficiels. Une enzyme (polyphénol oxydase) provoque une réaction lors de laquelle la pomme développe chimiquement des propriétés antimicrobiennes. Cela permet à un fruit touché par des grêlons de se protéger contre les microorganismes et la pourriture. En revanche, ce processus représente un désavantage si on veut préparer une salade de fruits appétissante. Il existe cependant quelques astuces pour préserver la couleur: par exemple, quelques gouttes de jus de citron ralentissent la réaction chimique. Toutefois, le traitement de grandes quantités de fruits coupés est coûteux, nécessite beaucoup de travail et le goût acide n'est pas toujours apprécié..
L'entreprise canadienne Okanagan Specialty Fruits OSF, spécialisée dans le domaine de la biotechnologie des fruits, travaille depuis longtemps sur le développement de pommes préservant leur couleur. Ils s'appuient sur une technologie adaptée aux arbres fruitiers, développée par un institut de recherche australien. L'approche est très facile : en éliminant la production de polyphénol-oxydase par une méthode appelée « gene silencing », on bloque la réaction chimique - les tranches de pommes restent claires pendant des heures. L'entreprise OSF a testé de tels pommiers sous serre et en plein champ et a appelé « Arctic » la nouvelle variété de pomme. Ce nom est sensé évoquer la neige et donc des morceaux de pomme qui gardent leur couleur..
Des demandes d'autorisation de cette variété pour la culture et pour l'alimentation ont été soumises récemment aux Etats-Unis. La décision des autorités reste hypothétique malgré le nombre considérable d'expériences en plein champ de pommes OGM menées aux Etats-Unis, il s'agit apparemment de la première demande pour la culture commerciale à grande échelle. .
Les consommateurs veulent-ils réellement des pommes qui ne deviennent pas brunes? Est-ce que cela vaut vraiment la peine d'effectuer tout le travail de développement et d'autorisation? Neil Carter, président de l'entreprise OSF, en est convaincu. Les fruits et légumes frais déjà coupés en morceaux correspondent aux besoins des consommateurs et génèrent chaque année des chiffres d'affaires de plusieurs milliards. D'après Carter, le développement des mini-carottes faciles à manger aurait doublé la vente de carottes aux Etats-Unis en l'espace de quelques années. Les pommes en tranches périssent plus vite et n'ont guère profité de ce succès. Grâce à la nouvelle variété de pomme, Carter espère stimuler de manière durable la consommation de ces fruits. La pratique montrera si les pommes transgéniques auront la faveur des consommateurs ~ de toute manière, la mise sur le marché prendra plusieurs années.
Sources: "USDA asked to approve GMO apple that won't brown", Associated Press, 29.11.2010; "Would you eat a brown apple?", www.biofortified.org, 1. 12.2010; "Canadian firm seeks approval for transgenic, non-browning apple", www.goodfruit.com; , Okanagan Specialty Fruits Website www.okspecialtyfruits.com

Brevets sur les plantes: Qui a le droit sur le brocoli?
La société est partagée sur la question de savoir si, et dans quelles circonstances, on a le droit de breveter des plantes. La Grande Chambre des recours de L'Office européen des brevets à Munich a confirmé les règles existantes: les plantes cultivées de manière classique ne peuvent pas être brevetées. .
En général, les cultivateurs demandent pour des plantes conventionnelles une protection des obtentions végétales qui leur donne le droit exclusif de vendre et de tirer profit de la variété développée. Cela empêche la vente par autrui de plantes développées sur plusieurs années, sans que le cultivateur soit indemnisé. Cette protection de la propriété intellectuelle permet aux cultivateurs d'amortir les investissements pour le développement des plantes ~ sans une telle protection, la création de nouvelles variétés ne se justifierait pas. Grâce à un privilège accordé aux cultivateurs, la protection des obtentions végétales autorise les cultivateurs à utiliser sans licence de variétés créées par d'autres cultivateurs, à condition que la nouvelle variété se distingue considérablement de la sorte originale. .
Le brevetage de plantes est en principe possible. Il limite considérablement les droits d'usage par autrui ainsi que le privilège des cultivateurs. Cependant, le droit européen des brevets est très exigeant. Exclus sont les « variétés de plantes et espèces d'animaux ainsi que~ les processus essentiellement biologiques d'élevage et de culture » (Art. 53, Convention européenne des brevets). Lors de la procédure à la Grande Chambre des recours de L'Office européen des brevets à Munich, il s'agissait de définir ce terme. .
Deux brevets accordés par l'Office européen des brevets sont à l'origine de ces discussions. L'un d'entre eux date de 2002 et concerne une variété de brocoli dont la teneur en substances bénéfiques pour la santé (glucosinolates) a été augmentée. Une entreprise avait identifié des séquences génétiques naturelles en relation avec la teneur accrue en glucosinolates, et les a utilisées comme marqueurs moléculaires dans une méthode de dépistage employée pour la culture de plantes riches en glucosinolates. Dans un cas semblable datant de l'année 2000, un brevet avait été déposé pour une tomate cultivée de façon conventionnelle, dont la teneur en eau avait été réduite. Dans les deux cas, des entreprises travaillant dans la culture (mais non des organisations luttant pour l'environnement comme leurs protestations publiques le laisseraient supposer), ont déposé un recours contre les brevets. Les détenteurs des brevets ont objecté que les méthodes utilisées comportaient des étapes techniques et ne pouvaient donc pas être considérées comme des « processus essentiellement biologiques ». .
En tant que plus haute instance juridique de l'Office européen des brevets, la Grande Chambre des recours a mis en décembre un terme à la polémique autour des brocolis et des tomates en publiant sa décision. Elle en conclut que des processus essentiellement biologiques, comportant des étapes de croisement sexuées affectant le génome entier et la sélection effectuée ensuite par les chercheurs, ne sont pas brevetables d'après la Convention européenne. Le procédé technique utilisé pour sélectionner les plantes (p.ex. les marqueurs moléculaires) n'est pas important. Les brevets sur des variétés de plantes classiques, donc celles obtenues par croisements traditionnels, continuent à être interdits. L'Office européen des brevets souligne que cette décision ne remet pas en question la brevetabilité de plantes et d'animaux obtenus par des processus techniques. Des organismes génétiquement modifiés en laboratoire peuvent être brevetés, mais non les êtres vivants dans leur état naturel ou cultivés de manière classique. Fin de l'alerte pour le brocoli, les tomates etc. .
Cette décision a été approuvée par l'Association allemande de l'industrie biotechnologique DIB. Ricardo Gent, directeur de l'association, a expliqué que cette décision garantirait l'équilibre entre les intérêts de l'industrie, de la recherche scientifique, des cultivateurs et des agriculteurs. Toute confusion pourrait être réglée sur la base de la réglementation sur la brevetabilité d'inventions dans le domaine de la biotechnologie végétale. La DIB estime qu'un emploi conséquent des réglementations en vigueur servira à prévenir efficacement le brevetage à grande échelle dans le domaine de la biotechnologie.
Sources: "Keine europäischen Patente auf im Wesentlichen biologische Züchtungsverfahren", Europäisches Patentamt EPO, 9. 12. 2010; Hintergrund-Artikel: "Brokkoli-Patent: Geschütztes Gemüse", Frankfurter Allgemeine Zeitung www.FAZ.net, 20. 7. 2010; "Brokkoli/Tomaten-Fall: EU-Biopatentrecht löst Konflikte bei Zuchtverfahren zuverlässig", Deutsche Industrievereinigung Biotechnologie (DIB), 9. 12. 2010

UE : Aperçu de 25 ans de recherche dans le domaine du génie génétique
Depuis 1982, la Commission européenne a investi plus de 300 millions d'Euros dans la recherche sur la sécurité biologique d'OGM ; plus de 500 équipes indépendantes se sont consacrées ces 25 dernières années à ces projets. Selon les résultats, les OGM ne sont pas plus dangereux pour l'environnement ou la sécurité des aliments que les plantes ou organismes conventionnels. .
Un nouveau livre de la Commission européenne (264 pages) permet d'avoir un aperçu des questions traitées et des résultats obtenus. Ce livre peut également être téléchargé sur internet. 50 projets typiques des dix dernières années y sont présentés: les effets environnementaux des OGM, la sécurité alimentaire, la gestion des risques, l'appui à la politique et la communication. .
Cependant, l'UE soutient depuis bien plus longtemps les travaux de recherche sur les OGM. Le résumé et les résultats des projets datant de 1985 à 2000 sont également accessibles au public sur le site internet de la Commission européenne. Très tôt déjà, les doutes des chercheurs et du public sur d'éventuels effets néfastes ont été pris au sérieux et soutenus par des projets de recherche.
Sources: "Kommission veröffentlicht Sammlung von Ergebnissen EU-unterstützter Forschung über genetisch veränderte Nutzpflanzen", EU RAPID media release, 9. 12. 2010; "A decade of EU-funded GMO research (2001 - 2010)", European Commission, 2010 (EUR 24473 EN); "EC-sponsored research on Safety of Genetically Modified Organisms (1985-2000)", European Commission Research Website

Collaboration au développement: L'Académie pontificale des sciences analyse le potentiel des plantes transgéniques
Les plantes transgéniques sont-elles capables de contribuer à nourrir l'humanité, et, si cela est le cas, dans quelles conditions? Invités par l'Académie pontificale des sciences en mai 2009, 40 spécialistes se sont intéressés à cette question lors d'une semaine d'études. Fondée il y a plus de 400 ans, l'Académie est une organisation indépendante au sein du Vatican. Son objectif est de faire progresser la science et de traiter les problèmes qui en résultent. Elle est pour le Vatican une importante source d'informations objectives et reste libre de choisir les sujets et les approches scientifiques. Les 80 membres de l'Académie pontificale sont originaires de différents pays et sont tous spécialistes dans leur domaine. .
L'Académie s'est penchée à plusieurs reprises sur la recherche moderne en biologie, entre autres sur la biotechnologie végétale. L'année dernière, les professeurs Werner Arber et Ingo Potrykus, membres de l'Académie et scientifiques suisses renommés, ont organisé une semaine d'études avec le professeur américain Peter Raven. L'objectif était d'évaluer l'utilité et les risques du génie génétique vert sur la base des connaissances scientifiques actuelles, tout comme l'application des OGM pour améliorer la sécurité alimentaire et le bien-être de la population mondiale. Une attention particulière a été portée sur le soutien durable des pays pauvres par la coopération au développement. Les participants ont été choisis pour leur contribution dans ce domaine. Avant la semaine d'études, certaines personnes avaient critiqué l'absence d'un expert opposé aux OGM. Mais l'objectif des organisateurs était de mener des groupes de travail efficaces et constructifs pour répondre aux questions actuelles, et non pas de discuter le pour et le contre du génie génétique. .
La contribution et les présentations des participants ont été intégralement publiées récemment dans une revue spécialisée et sont accessibles au grand public. Après avoir traité les problèmes liés à la population mondiale grandissante et aux ressources limitées, les spécialistes ont présenté une série d'exemples illustrant comment les OGM ont contribué à résoudre ces problèmes ~ par exemple grâce à des variétés tolérantes à la sécheresse ou enrichies en éléments nutritifs. Par la suite, d'éventuels dangers et la gestion des risques ont été discutés. Un accent important a été mis sur les barrières posées contre l'utilisation de la biotechnologie végétale dans les pays pauvres, ainsi que sur le développement d'approches pour les surmonter. Dans le document final, disponible en 16 langues, les participants font remarquer que l'agriculture actuelle n'est pas suffisamment axée sur la durabilité. Les plantes OGM pourraient contribuer à améliorer la situation. D'après eux, cette technologie ne comporterait aucun facteur qui rendrait ces plantes et les aliments qui en proviennent douteux ou dangereux..
Conclusion des participants de la semaine d'études, se référant aux expériences acquises dans l'application de la biotechnologie des plantes : « Sur la base des connaissances scientifiques, il est moralement impératif de rendre accessibles les avantages de cette technologie aux couches de la population pauvres et désavantagées, afin qu'elles puissent augmenter leur niveau de vie, améliorer leur santé et protéger l'environnement. Cependant, les usagers doivent toujours pouvoir garder la liberté de choisir». Pour atteindre ces buts il est nécessaire d'améliorer la compréhension de la population en matière de science, d'optimiser la collaboration internationale et d'adapter les processus d'autorisation ~ les réglementations trop rigoureuses concernant la sécurité doivent être reconsidérées.
Sources: "Study Week Transgenic Plants for Food Security in the Context of Development ~ Conference booklet", Pontifical Academy of Sciences, 15. ~ 19. 5. 2009; "Transgenic Plants for Food Security in the Context of Development - Proceedings of a Study Week of the Pontifical Academy Of Sciences", New Biotechnology, 28:445-718

Texte: Jan Lucht
Traduction: J-Ph. Rüegg

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