News InterNutrition Marché et produits Conséquences technologiques Situation juridique Documentation
Point Medieninformationen

home New! D
Bestellung Newsletter

Bestellung/Commande Marker/Marquer

2011-03-23 18:13:26
©2011 InterNutrition
info@internutrition.ch

InterNutrition
Case postale
8021 Zurich

No. 100 février 2010

Version imprimée (pdf)

Statistique de l'ISAAA : Encore une année de succès pour les plantes GM
Les plantes GM en sont à leur 14ème année de culture agricole et continuent à gagner du terrain, comme en témoignent les chiffres relevés par l'organisation ISAAA. Clive James, président de l'ISAAA, a présenté ces résultats le 23 février à Pékin.
La surface consacrée aux OGM en 2009 a atteint 134 millions d'ha, ce qui correspond à une augmentation de 9 millions d'ha (+7%) par rapport à l'année précédente. Cela signifie qu'en ce moment 9,5% de la surface agricole mondiale sont consacrés aux OGM. Le soja est la plante transgénique la plus répandue dans le monde et représente plus des trois quarts de la surface destinée à ces plantes. Pour le coton, la part d'OGM atteint presque la moitié, pour le maïs plus d'un quart.

Surface cultivée en OGM dans le monde 1996-2009
Mondialement, 14 millions de paysans utilisent des plantes GM. 90% d'entre eux sont des petits paysans ou des agriculteurs à faibles ressources. 46% des cultures d'OGM se trouvent dans des pays émergents ou en voie de développement - le potentiel de développement pour ces plantes semble y être particulièrement élevé. Ainsi, les cultures de coton Bt au Burkina Faso se sont multipliées par 14 en 2009 (115'000 d'ha actuellement). Cependant, la croissance la plus importante a été réalisée au Brésil (+5,6 millions d'ha ; +35%). Dépassant l'Argentine, le Brésil est maintenant le deuxième producteur mondial d'OGM après les Etats-Unis.
25 pays au total produisent des OGM et le nombre est resté inchangé en 2009. L'île de Porto Rico s'y est ajoutée, mais l'Allemagne a renoncé au maïs Bt en raison d'une interdiction politique. Contrairement aux tendances mondiales, les cultures de maïs Bt (la seule plante GM autorisée en Europe) ont diminué de 10% sur notre continent à cause d'interdictions et de conditions cadres économiques difficiles. En effet, cette régression ne repose pas sur des expériences négatives vécues par les agriculteurs ; l'Espagne le démontre, où l'on cultive du maïs Bt sur 76'000 ha. La surface totale consacrée au maïs a diminué de 4%, mais la part de maïs Bt est restée à 22%.
Les différentes perspectives selon lesquelles le développement global est évalué sont intéressantes à suivre. Clive James, président de l'ISAAA, parle de la technologie agricole adoptée le plus rapidement dans l'histoire récente. Il estime que les cultures d'OGM continueront à progresser dans les prochaines années. Greenpeace, cependant, a déclaré dans un communiqué de presse que « d'après des évaluations de Greenpeace, le développement et la culture d'OGM stagnent depuis l'introduction il y a 14 ans ~ malgré des efforts massifs de l'industrie OGM, 90 pour cent des terres agricoles seraient libres de génie génétique~ ». Les prochaines années montreront quelle évaluation sera avérée.
Sources : Clive James 2010, "Global Status of Commercialized Biotech/GM Crops: 2009". ISAAA Brief No. 41. The International Service for the Acquisition of Agribiotech Applications (ISAAA); "Zusammenfassung: Weltweite Verbreitung gentechnisch veränderter Pflanzen 2009", ISAAA 23.02.2010; "Predicted Second Wave of Biotech Growth and Development Begins - Developing countries recognize biotechnology as a key to food self-sufficiency and prosperity", ISAAA media release, 23.02.2010.

Economie : Prix agricoles moins élevés grâce aux plantes OGM
Sur le marché mondial, les prix pour le soja, le maïs et le colza seraient plus élevés sans OGM ; il s'agirait probablement d'un surplus de 9,6%, 5,8% et 3,8%. Telle est la conclusion d'un groupe international d'économistes agricoles à l'issue d'une étude effectuée au Centre pour le développement agricole de l'Université de l'Iowa. Les calculs sont basés sur la productivité réduite des plantes conventionnelles par rapport aux variétés génétiquement modifiées. Sans l'emploi de la « biotechnologie verte », la production mondiale de ces trois matières premières agricoles diminuerait de 14 millions de tonnes au total. D'après les auteurs eux-mêmes cette étude aurait comme défaut de ne pas prendre en considération la diminution des coûts de production pour les plantes OGM ; cela en raison de données incomplètes. En somme, les cultivateurs de plantes OGM réalisent des bénéfices plus élevés, malgré des prix de vente inférieurs. Si ce facteur avait été pris en compte, la différence de prix aurait été encore plus prononcée.
Quelle: Graham Brookes et al. 2010, "The Production and Price Impact of Biotech Crops", Center for Agricultural and Rural Development CARD, Iowa State University, Working Paper 10-WP 503, 01-2010.

Biosécurité : Le maïs Bt ne nuit pas aux ennemis des araignées rouges
Stethorus punctillum
© flickr.com / to.wi Winfried Tommerdich
Plus d'un jardinier s'est énervé à cause de l'infestation de ses plantes bien aimées par les araignées rouges. Ces minuscules arachnides à peine visibles à l'~il nu se propagent rapidement et nuisent aux plantes hôtes en les attaquant avec leurs mâchoires pointues pour en sucer la sève. Les insectes auxiliaires, comme p.ex. la coccinelle noire Stethorus punctillum jouent un rôle important pour contrôler la propagation des araignées rouges. Aussi bien les larves que les insectes adultes se nourrissent uniquement d'acariens et en consomment de grandes quantités - c'est pourquoi on les appelle aussi « destructeurs d'araignées rouges » (spider mite destroyer) dans les pays anglophones.
Ces insectes utiles seraient-ils menacés par la culture de maïs Bt résistant aux insectes ? Ces sortes de maïs sont cultivées depuis des années en Amérique du Nord - dans l'UE, une demande d'autorisation a été déposée. Ces plantes produisent une protéine particulière qui les protège contre la chrysomèle des racines du maïs. Il serait possible que cette substance agisse également sur d'autres insectes. Il est vrai que les coccinelles noires ne se nourrissent pas de maïs. Cependant, les araignées rouges sucent le maïs Bt et absorbent les protéines Bt - si elles sont ensuite consommées par des coccinelles, la protéine parvient jusqu'aux insectes auxiliaires par la voie de la chaîne alimentaire.
Yunhe Li et Jörg Romeis de la Station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART ont levé l'alerte. Des araignées rouges gavées de maïs Bt ont servi de nourriture à des coccinelles noires adultes. Les chercheurs n'ont détecté aucun effet négatif sur les coccinelles, bien que les araignées rouges aient consommé des quantités de protéines Bt clairement mesurables (la teneur en Bt atteignant la moitié de celle des feuilles de maïs). Les scientifiques ont observé la survie et le développement des larves, ainsi que la survie et le poids des insectes adultes. Ils ont constaté que la fécondité des coccinelles femelles avait augmenté et que la reproduction s'était accélérée après la consommation d araignées rouges ; l'origine de ce phénomène n'est pas encore claire. Par la voie de la chaîne alimentaire, les protéines Bt ont été transportées du maïs jusqu'aux coccinelles. Comme leur pourcentage diminuait à chaque étape on a retrouvé nettement moins de protéines Bt dans les coccinelles que dans les plantes de maïs. Manifestement, le Bt n'est pas toxique pour les coccinelles noires. Ces résultats concordent avec ceux d'autres projets de recherche, à l'issue desquels les chercheurs n'avaient également constaté aucun danger pour d'autres espèces d'insectes.
Source : Yunhe Lia & Jörg Romeis 2010, "Bt maize expressing Cry3Bb1 does not harm the spider mite, Tetranychus urticae, or its ladybird beetle predator, Stethorus punctillum", Biological Control (in press), doi: 10.1016/j.biocontrol.2009.12.003

Aliments : Discussion autour de l'étiquetage d'OGM
Le logo allemand "sans génie génétique" a eu peu de succès
En principe, les règles sont claires et transparentes : Les aliments produits à base d'OGM doivent être clairement étiquetés dans l'UE. C'est aussi le cas pour les produits où la modification génétique n'est plus décelable (p.ex. l'huile ou le sucre). Des réglementations à ce propos sont en vigueur depuis des années dans l'UE et en Suisse. L'étiquetage n'est pas prévu pour les produits venant d'animaux nourris d'OGM (p.ex. le lait, les ~ufs, la viande) - le fait que la nourriture animale est composée d'OGM, comme le soja tolérant aux herbicides ou le maïs Bt résistant aux insectes, n'a aucune influence sur la composition des produits animaux. L'étiquetage ne serait donc pas significatif de la qualité des produits.
En Suisse, la nourriture animale à base de plantes génétiquement modifiées (GM) est autorisée, mais n'est pratiquement pas utilisée. Cependant, dans l'UE on retrouve fréquemment des plantes GM dans les mangeoires. Les adversaires des OGM critiquent depuis longtemps le manque de transparence. D'après la loi suisse et allemande il est possible depuis de nombreuses années d'étiqueter comme tels des aliments produits sans l'utilisation du génie génétique. Jusqu'à présent une réglementation valable également pour les additifs comme les vitamines et les acides aminés. Etant donné ces derniers sont aujourd'hui souvent produits à base de microorganismes génétiquement modifiés, les produits déclarés « sans OGM » n'étaient pratiquement pas disponibles dans le commerce. En 2008, les réglementations sévères pour la déclaration « sans OGM » ont été assouplies en Allemagne (voir POINT 88 - février 2009). Ainsi, des produits d'animaux nourris de plantes ou d'additifs OGM pendant une partie de leur vie peuvent être étiquetés « sans OGM ». L'objectif était d'élargir le choix de produits déclarés libres d'OGM - une mesure qui a eu peu de succès jusqu'à présent. Le manque de transparence et la définition floue des règles d'étiquetage ont été souvent perçus comme tromperie à l'égard des consommateurs, et les producteurs de denrées alimentaires ont employé ce label avec beaucoup de précaution. Le nouveau logo « sans génie génétique », instauré en Allemagne en 2009, n'y a pas changé grand-chose. Malgré cela, des interventions parlementaires ont eu lieu en Suisse, exigeant comme en Allemagne, l'assouplissement des règles pour l'étiquetage « sans OGM » ; considérées comme trompeuses, elles ont toutes été rejetées.
En Allemagne, la situation est perçue comme insatisfaisante. Gerd Sonnleitner, président de l'association des paysans, a appelé la société à exprimer ses choix. Il a qualifié les règles d'étiquetage actuelles de « pratique malhonnête » ; il exige soit le retour à l'étiquetage relatif aux produits, qui n'est appliquée que si les OGM peuvent être retracés, soit l'étiquetage conséquent des processus, où toute utilisation d'OGM doit être déclarée. Matthias Horst, chef de l'Organisation allemande de l'industrie alimentaire (BVE), est du même avis. Il exige, au nom de la branche entière, l'étiquetage de tous les produits ayant été en contact avec des OGM, y compris les produits d'animaux nourris d'OGM. D'après des estimations, cela concernerait au moins 60% des aliments en Allemagne. Cette revendication équivaut à un changement de position - jusqu'ici, l'industrie agroalimentaire a toujours renoncé à des étiquettes comportant uniquement des informations sur la méthode de fabrication, sans informations sur les ingrédients.
Les réglementations relatives à l'étiquetage sont valables pour tous les pays de l'UE. C'est pourquoi la Ministre allemande de l'agriculture Ilse Aigner cherche à retravailler l'étiquetage des OGM au niveau européen. Le sujet des animaux nourris d'OGM devra être traité. On ne sait pas encore si Ilse Aigner obtiendra la majorité - et même si cela était le cas, les changements ne se produisent pas du jour au lendemain à Bruxelles; une modification des règles d'étiquetage n'aura donc vraisemblablement pas lieu prochainement.
Sources : "Keine halbseidenen Lösungen in der GVO-Kennzeichnung mehr", Deutscher Bauernverband DBV, 28. 01. 2010; "Gentechnik: Lebensmittelbranche für klare Kennzeichnung", Spiegel online, 22.01.2010; "Lebensmittelwirtschaft und Bauernverband für umfassende Gentechnik-Kennzeichnung", www.transgen.de, 23.01.2010; Motion Laurent Favre, "Produits certifiés sans OGM. Adaptation des prescriptions en matière d'étiquetage et création d'un label unique", Schweiz. Nationalrat, eingereicht 24.09.2009.

Nouveau magazine : « marqueur » - un point de repère pour le génie génétique dans l'agriculture et l'alimentation
Le génie génétique dans l'agriculture et l'alimentation est un sujet qui soulève des discussions. Des différences insurmontables semblent opposer les réalités scientifiques, économiques, sociales et politiques.
« marqueur » , le nouveau magazine d'Internutrition s'est fixé pour but de porter l'attention sur les étapes franchies dans ce débat, de proposer de l'aide à l'orientation et de présenter le génie génétique sous différents angles. Indépendamment de votre opinion, vous y découvrirez des faits nouveaux, des relations et des arguments peut-être surprenants. Nous cherchons à mener avec nos lecteurs un dialogue constructif et objectif afin de faire avancer la façon dont nous abordons cette technologie moderne.
Nous nous ferons un plaisir de vous envoyer votre propre exemplaire !
Pour commander : Envoyez-nous un e-mail à info@internutrition.ch pour recevoir gratuitement le premier numéro de « marqueur ». Indiquez votre adresse postale et le nombre d'exemplaires que vous souhaitez recevoir. « marqueur » est disponible en français et en allemand.

Texte: Jan Lucht
Traduction: J-Ph. Rüegg

Point actuel
Point décembre 2010
Point novembre 2010
Point octobre 2010
Point septembre 2010
Point août 2010
Point juillet 2010
Point juin 2010
Point mai 2010
Point avril 2010
Point mars 2010
Point février 2010
Point janvier 2010
Point 2009
Points 2008
Points 2007
Points 2006
Points 2005
Points 2004
Points 2003
Points 2002/01


   top    info@internutrition.ch   ©2011 InterNutrition   Case postale   8021 Zurich   Tél: +41 44 368  1763