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Statistique de l'ISAAA : Encore une année de succès pour les plantes GM 25 pays au total produisent des OGM et le nombre est resté inchangé en 2009. L'île de Porto Rico s'y est ajoutée, mais l'Allemagne a renoncé au maïs Bt en raison d'une interdiction politique. Contrairement aux tendances mondiales, les cultures de maïs Bt (la seule plante GM autorisée en Europe) ont diminué de 10% sur notre continent à cause d'interdictions et de conditions cadres économiques difficiles. En effet, cette régression ne repose pas sur des expériences négatives vécues par les agriculteurs ; l'Espagne le démontre, où l'on cultive du maïs Bt sur 76'000 ha. La surface totale consacrée au maïs a diminué de 4%, mais la part de maïs Bt est restée à 22%. Les différentes perspectives selon lesquelles le développement global est évalué sont intéressantes à suivre. Clive James, président de l'ISAAA, parle de la technologie agricole adoptée le plus rapidement dans l'histoire récente. Il estime que les cultures d'OGM continueront à progresser dans les prochaines années. Greenpeace, cependant, a déclaré dans un communiqué de presse que « d'après des évaluations de Greenpeace, le développement et la culture d'OGM stagnent depuis l'introduction il y a 14 ans ~ malgré des efforts massifs de l'industrie OGM, 90 pour cent des terres agricoles seraient libres de génie génétique~ ». Les prochaines années montreront quelle évaluation sera avérée. Sources : Clive James 2010, "Global Status of Commercialized Biotech/GM Crops: 2009". ISAAA Brief No. 41. The International Service for the Acquisition of Agribiotech Applications (ISAAA); "Zusammenfassung: Weltweite Verbreitung gentechnisch veränderter Pflanzen 2009", ISAAA 23.02.2010; "Predicted Second Wave of Biotech Growth and Development Begins - Developing countries recognize biotechnology as a key to food self-sufficiency and prosperity", ISAAA media release, 23.02.2010.
Economie : Prix agricoles moins élevés grâce aux plantes OGM
Biosécurité : Le maïs Bt ne nuit pas aux ennemis des araignées rouges
Ces insectes utiles seraient-ils menacés par la culture de maïs Bt résistant aux insectes ? Ces sortes de maïs sont cultivées depuis des années en Amérique du Nord - dans l'UE, une demande d'autorisation a été déposée. Ces plantes produisent une protéine particulière qui les protège contre la chrysomèle des racines du maïs. Il serait possible que cette substance agisse également sur d'autres insectes. Il est vrai que les coccinelles noires ne se nourrissent pas de maïs. Cependant, les araignées rouges sucent le maïs Bt et absorbent les protéines Bt - si elles sont ensuite consommées par des coccinelles, la protéine parvient jusqu'aux insectes auxiliaires par la voie de la chaîne alimentaire. Yunhe Li et Jörg Romeis de la Station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART ont levé l'alerte. Des araignées rouges gavées de maïs Bt ont servi de nourriture à des coccinelles noires adultes. Les chercheurs n'ont détecté aucun effet négatif sur les coccinelles, bien que les araignées rouges aient consommé des quantités de protéines Bt clairement mesurables (la teneur en Bt atteignant la moitié de celle des feuilles de maïs). Les scientifiques ont observé la survie et le développement des larves, ainsi que la survie et le poids des insectes adultes. Ils ont constaté que la fécondité des coccinelles femelles avait augmenté et que la reproduction s'était accélérée après la consommation d araignées rouges ; l'origine de ce phénomène n'est pas encore claire. Par la voie de la chaîne alimentaire, les protéines Bt ont été transportées du maïs jusqu'aux coccinelles. Comme leur pourcentage diminuait à chaque étape on a retrouvé nettement moins de protéines Bt dans les coccinelles que dans les plantes de maïs. Manifestement, le Bt n'est pas toxique pour les coccinelles noires. Ces résultats concordent avec ceux d'autres projets de recherche, à l'issue desquels les chercheurs n'avaient également constaté aucun danger pour d'autres espèces d'insectes. Source : Yunhe Lia & Jörg Romeis 2010, "Bt maize expressing Cry3Bb1 does not harm the spider mite, Tetranychus urticae, or its ladybird beetle predator, Stethorus punctillum", Biological Control (in press), doi: 10.1016/j.biocontrol.2009.12.003
Aliments : Discussion autour de l'étiquetage d'OGM
En Suisse, la nourriture animale à base de plantes génétiquement modifiées (GM) est autorisée, mais n'est pratiquement pas utilisée. Cependant, dans l'UE on retrouve fréquemment des plantes GM dans les mangeoires. Les adversaires des OGM critiquent depuis longtemps le manque de transparence. D'après la loi suisse et allemande il est possible depuis de nombreuses années d'étiqueter comme tels des aliments produits sans l'utilisation du génie génétique. Jusqu'à présent une réglementation valable également pour les additifs comme les vitamines et les acides aminés. Etant donné ces derniers sont aujourd'hui souvent produits à base de microorganismes génétiquement modifiés, les produits déclarés « sans OGM » n'étaient pratiquement pas disponibles dans le commerce. En 2008, les réglementations sévères pour la déclaration « sans OGM » ont été assouplies en Allemagne (voir POINT 88 - février 2009). Ainsi, des produits d'animaux nourris de plantes ou d'additifs OGM pendant une partie de leur vie peuvent être étiquetés « sans OGM ». L'objectif était d'élargir le choix de produits déclarés libres d'OGM - une mesure qui a eu peu de succès jusqu'à présent. Le manque de transparence et la définition floue des règles d'étiquetage ont été souvent perçus comme tromperie à l'égard des consommateurs, et les producteurs de denrées alimentaires ont employé ce label avec beaucoup de précaution. Le nouveau logo « sans génie génétique », instauré en Allemagne en 2009, n'y a pas changé grand-chose. Malgré cela, des interventions parlementaires ont eu lieu en Suisse, exigeant comme en Allemagne, l'assouplissement des règles pour l'étiquetage « sans OGM » ; considérées comme trompeuses, elles ont toutes été rejetées. En Allemagne, la situation est perçue comme insatisfaisante. Gerd Sonnleitner, président de l'association des paysans, a appelé la société à exprimer ses choix. Il a qualifié les règles d'étiquetage actuelles de « pratique malhonnête » ; il exige soit le retour à l'étiquetage relatif aux produits, qui n'est appliquée que si les OGM peuvent être retracés, soit l'étiquetage conséquent des processus, où toute utilisation d'OGM doit être déclarée. Matthias Horst, chef de l'Organisation allemande de l'industrie alimentaire (BVE), est du même avis. Il exige, au nom de la branche entière, l'étiquetage de tous les produits ayant été en contact avec des OGM, y compris les produits d'animaux nourris d'OGM. D'après des estimations, cela concernerait au moins 60% des aliments en Allemagne. Cette revendication équivaut à un changement de position - jusqu'ici, l'industrie agroalimentaire a toujours renoncé à des étiquettes comportant uniquement des informations sur la méthode de fabrication, sans informations sur les ingrédients. Les réglementations relatives à l'étiquetage sont valables pour tous les pays de l'UE. C'est pourquoi la Ministre allemande de l'agriculture Ilse Aigner cherche à retravailler l'étiquetage des OGM au niveau européen. Le sujet des animaux nourris d'OGM devra être traité. On ne sait pas encore si Ilse Aigner obtiendra la majorité - et même si cela était le cas, les changements ne se produisent pas du jour au lendemain à Bruxelles; une modification des règles d'étiquetage n'aura donc vraisemblablement pas lieu prochainement. Sources : "Keine halbseidenen Lösungen in der GVO-Kennzeichnung mehr", Deutscher Bauernverband DBV, 28. 01. 2010; "Gentechnik: Lebensmittelbranche für klare Kennzeichnung", Spiegel online, 22.01.2010; "Lebensmittelwirtschaft und Bauernverband für umfassende Gentechnik-Kennzeichnung", www.transgen.de, 23.01.2010; Motion Laurent Favre, "Produits certifiés sans OGM. Adaptation des prescriptions en matière d'étiquetage et création d'un label unique", Schweiz. Nationalrat, eingereicht 24.09.2009.
Nouveau magazine : « marqueur » - un point de repère pour le génie génétique dans l'agriculture et l'alimentation
« marqueur » , le nouveau magazine d'Internutrition s'est fixé pour but de porter l'attention sur les étapes franchies dans ce débat, de proposer de l'aide à l'orientation et de présenter le génie génétique sous différents angles. Indépendamment de votre opinion, vous y découvrirez des faits nouveaux, des relations et des arguments peut-être surprenants. Nous cherchons à mener avec nos lecteurs un dialogue constructif et objectif afin de faire avancer la façon dont nous abordons cette technologie moderne. Nous nous ferons un plaisir de vous envoyer votre propre exemplaire ! Pour commander : Envoyez-nous un e-mail à info@internutrition.ch pour recevoir gratuitement le premier numéro de « marqueur ». Indiquez votre adresse postale et le nombre d'exemplaires que vous souhaitez recevoir. « marqueur » est disponible en français et en allemand.
Texte: Jan Lucht |
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