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2009-02-06 10:05:46
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No. 81 juillet 2008

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Statistique 2008 : Nouvelle augmentation des surfaces OGM aux Etats-Uni
D'après une statistique récemment publiée par le ministère de l'environnement américain, les plantes OGM auraient à nouveau gagné du terrain pendant leur treizième année de culture à grande échelle. Les chiffres sont recueillis annuellement et révèlent cette année des résultats similaires à ceux de l'année dernière : la part de soja OGM correspond à 92%, celle du coton à 86%. Dans certains états, le soja OGM atteint une part de 97% et le coton OGM 99% - une augmentation n'est pratiquement pas possible. Cependant, une forte croissance de différentes variétés de maïs OGM a été observée ; leur part correspond à 80% en 2008, par rapport à 73% l'année dernière. La surface agricole consacrée au maïs et au soja OGM (23.3 millions d'ha et 27.7 millions d'ha) est aujourd'hui comparable. Le coton y joue un rôle moins important (3.2 millions d'ha). Grâce à la forte croissance des cultures de soja OGM, la totalité des cultures OGM est de 59 millions d'ha (+8%) cette année. Plus de la moitié de la surface agricole consacrée mondialement aux OGM se situe aux Etats-Unis.

Propriétés des principales plantes OGM cultivées aux Etats-Unis
 

Pour le maïs et le coton, les propriétés principales transmises par génie génétique restent la tolérance aux herbicides totaux et la résistance aux insectes. Des variétés dotées de plusieurs propriétés génétiques (« stacks ») sont de plus en plus fréquentes. La part de maïs tolérant aux herbicides et résistant aux insectes, par exemple, a connu une croissance impressionnante (28% en 2007, 40% en 2008). Ces plantes sont d'ailleurs souvent dotées de trois nouvelles propriétés génétiques (« triple stack ») : la résistance à la pyrale du maïs et à la chrysomèle des racines du maïs, tout comme la tolérance aux herbicides totaux pour faciliter le combat contre les adventices. La disponibilité de nouvelles propriétés transgéniques (optimisation de la teneur en substances nutritives, amélioration du rendement, résistance à la sécheresse) mènera à une nouvelle augmentation des plantes à propriétés multiples. Les chercheurs estiment que des plantes qui auront jusqu'à huit nouvelles propriétés génétiques seront développées d'ici à la fin de cette décennie.

Part de plantes OGM cultivées aux Etats-Unis

Source: "Acreage report USA 2008", USDA - National Agricultural Statistics Service, 30.06.2008.

Feu bactérien : Nouvelles approches transgéniques pour prévenir la maladie
Les pommiers transgéniques sont plus résistants au feu bactérien. La bactérie Erwinia Amylovora se répand sur 80% des jeunes pommiers Galaxy (à gauche), et seulement sur 31% des pommiers Galaxy dotés du gène NPR1.
Photo: ©Herb Aldwinckle, Cornell University
Il existe aujourd'hui des solutions à court terme pour traiter des arbres fruitiers infectés par le feu bactérien : des traitements à la streptomycine. Cependant, les personnes concernées cherchent plutôt des solutions à long terme. Dans ce cas, le génie génétique pourrait être intéressant, car il permet d'obtenir des résultats plus rapidement que la culture classique de plantes ligneuses. Le 13 juin dernier, un congrès a eu lieu à l'EPF de Zurich pour apporter aux personnes intéressées des informations sur les connaissances actuelles et les nouvelles approches dans ce domaine.
On connaît depuis plusieurs années des arbres fruitiers transgéniques qui se protègent contre le feu bactérien grâce à des substances antibactériennes naturelles. Pour cela, les chercheurs ont transmis aux arbres fruitiers des gènes de résistance à l'aide de méthodes de génie génétique. Cela démontre qu'il est possible d'obtenir des arbres fruitiers résistants au feu bactérien, tout en évitant les méthodes classiques qui nécessiteraient des années pour obtenir les mêmes résultats.
Pour que les variétés OGM soient mieux acceptées par les consommateurs, les chercheurs essayent d'introduire des gènes de résistance issus de plantes - si possible de la même variété. Tel est le cas des travaux de Herb Aldwinckle de l'Université Cornell. Les chercheurs ont réussi à isoler un gène de pomme dont on sait qu'il joue un rôle central pour la résistance aux maladies. Ce gène NPR1 a ensuite été retransmis aux pommiers en même temps qu'un promoteur puissant, une séquence d'ADN qui contrôle la lecture des gènes. Des infections expérimentales ont démontré que les plantes transgéniques résistaient mieux au feu bactérien que les plantes non modifiées. En outre, certaines plantes OGM étaient également moins sensibles à deux champignons pathogènes. Les chercheurs tentent actuellement de réduire davantage la sensibilité des plantes aux maladies et de renoncer à des séquences promotrices étrangères à l'espèce.
Une autre approche pour cultiver des variétés de pommiers OGM vient d'être présentée par Viola Hanke, directrice de l'Institut de la culture fruitière à Dresde-Pillnitz. La scientifique et son équipe cherchent une méthode pour accélérer les croisements classiques ~ un processus qui peut durer plusieurs décennies. Ils ont en effet réussi à transmettre à des jeunes pommiers un gène régulateur issu du bouleau qui agit sur la floraison. Grâce à ce gène, les jeunes pommiers transgéniques développent des fleurs dans les 3-4 mois ~ un processus qui dure plusieurs années normalement, et qui peut s'étendre jusqu'à dix ans pour certaines variétés. Les fleurs étaient fertiles et ont produit des fruits normalement.
Les cultures classiques nécessitent plusieurs croisements et rétrocroisements ; ce processus pourrait être accéléré considérablement grâce à la méthode mentionnée. Dans une dernière étape, le transgène du bouleau peut être éliminé, afin que le produit final soit libre de toute séquence génétique étrangère. Cette méthode, qui pourrait également s'appliquer à la production de pommiers résistants au feu bactérien, permet de gagner beaucoup de temps. Reste à savoir si ces variétés seront acceptées par les consommateurs critiques envers les OGM. En outre, cette approche présente le même désavantage que les méthodes classiques : il est en effet possible de recombiner des propriétés de différents pommiers, mais la combinaison exacte des propriétés de la variété de base est perdue à jamais. En ressortent des variétés nouvelles mais qui ne sont pas (encore) familières aux consommateurs et donc difficilement commercialisables.
Sources: Mickaël Malnoy et al. 2007, "Overexpression of the Apple MpNPR1 Gene Confers Increased Disease Resistance in Malus × domestica", Mol. Plant Microb. Int. 20:1568-1580; H. Flachowsky et al 2007, "Overexpression of BpMADS4 from silver birch (Betula pendula Roth.) induces early-flowering in apple (Malus × domestica Borkh.)", Plant Breeding 126:137-145

Burkina Faso : Troisième pays africain à cultiver du coton Bt
Le Burkina Faso est le troisième pays africain, après l'Afrique du Sud et l'Égypte, à utiliser des plantes génétiquement modifiées en agriculture. Un accord entre le Burkina National Agricultural Research Institute INERA et Monsanto a été signé récemment. Les graines pour 15,000 ha ont déjà été importées et sont semées actuellement. Elles sont également multipliées pour pouvoir couvrir une surface de 400,000 ha l'année prochaine. Des cultures expérimentales avec du coton Bt résistant aux insectes sont conduites au Burkina Faso depuis 2003. En raison des conditions agricoles défavorables et des dommages causés par des insectes, les agriculteurs ont perdu jusqu'à 90% de leur récolte de coton. Les insecticides sont hors de prix pour ce pays, ce qui est un désavantage considérable pour survivre sur le marché international. Les paysans chinois, indiens et sud-africains connaissent déjà les avantages du coton Bt. C'est maintenant au Burkina Faso de profiter des avantages économiques et agricoles de ces plantes. Il y a dix ans, l'Afrique du Sud a été le premier pays africain à cultiver de manière commerciale des plantes transgéniques. 1,8 million d'ha sont consacrés actuellement au soja, au maïs et au coton OGM. L'Égypte a autorisé au printemps 2008 la culture de maïs Bt. Certains pays d'Afrique effectuent également des programmes de recherche visant à développer et évaluer des plantes génétiquement modifiées, comme p.ex. des bananes résistantes aux maladies.
Sources: "Burkina Faso joins countries growing Bt Cotton", Africa Science News Service, 12.07.2008; "Egypt approves commercialisation of first GM crop", SciDev.net, 13.05.2008

Dissémination expérimentale à Pully : Le délai a été prolongé par l'OFEV
Die im Rahmen des Nationalen Forschungsprogramms NFP 59 "Nutzen und RisikeLa dissémination expérimentale de blé transgénique, accordée à l'EPF dans le cadre du Programme national de recherche PNR 59, avait été prévue pour 2008 à Reckenholz et à Pully. A Reckenholz, la dissémination a eu lieu au mois de mars, comme prévu. En revanche, les essais à Pully, ont été retardés en raison d'un recours, actuellement en instance, auprès du Tribunal administratif fédéral. Entre-temps, la date de dissémination de blé est échue. Pour que la dissémination expérimentale puisse avoir lieu dans le cadre prévu, les chercheurs ont demandé une prolongation du délai jusqu'en 2010 au moins. L'OFEV a décidé d'approuver cette demande. Reste maintenant à attendre la décision du Tribunal administratif au sujet du recours en instance.
Sources: "GVO-Freisetzungsversuch in Pully: Frist verlängert", Communiqué de presse du Office fédéral de l'environnement, 15.07.2008; Volltext der BAFU-Verfügung, Feuille fédérale No. 28, 15.07.2008.

Texte: Jan Lucht
Traduction: J-Ph. Ruegg

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