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Agriculture aux Etats-Unis : Les plantes OGM dominent pour le soja, le coton, le maïs et les betteraves sucrières
Les surfaces agricoles consacrées aux OGM aux Etats-Unis se sont de nouveau accrues lors de la 16ième année de culture à grande échelle. Tels sont les résultats de la dernière statistique du Ministère américain de l'agriculture, présentée fin juin. Les variétés OGM ont été employées pratiquement sur toute la surface de certaines cultures majeures. Pour le soja, la part des plantes OGM tolérantes à un herbicide s'est élevée à 94% (par rapport à 93% en 2010). La part du maïs OGM a progressé de 86% à 88%; la plupart des plantes étaient en même temps résistantes aux insectes et tolérantes à un herbicide.
Pour le coton également, la majorité des sortes disposent des deux propriétés. Par rapport au total des cultures de coton, la part de coton OGM a légèrement diminué (de 93% à 90%). Néanmoins, les cultures de coton OGM ont progressé de 21% par rapport à l'année précédente, en raison de la demande accrue en coton aux Etats-Unis.

Après leur introduction en 2006/7, les betteraves sucrières OGM ont soudain atteint une part de marché de 95%; cette année elles gardent cette position. Avant le début des semis, les agriculteurs convaincus des avantages des plantes OGM ont connu quelques mois d'incertitudes. Des organisations environnementales ont porté plainte contre l'autorisation des plantes tolérantes à un herbicide. En été 2010, l'autorisation sans limites («deregulation») a été révoquée, et une étude sur la compatibilité environnementale a été revendiquée. En février 2011, les autorités responsables ont à nouveau autorisé la culture de variétés génétiquement modifiées, sous certaines conditions. Après une analyse approfondie, la culture sans limites devrait être réintroduite. Les betteraves sucrières tolérantes à un herbicide facilitent le combat contre les mauvaises herbes, ce qui accroît les bénéfices des agriculteurs; d'après un modèle établi par la Station de recherche Agroscope Reckenholz ART, les bénéfices pourraient augmenter potentiellement de 640 Francs/ha (+42%) si les agriculteurs utilisaient des betteraves sucrières OGM (voir POINT No. 115, Mai 2011). Des cultures expérimentales ont lieu dans l'UE depuis plusieurs années, p.ex. dans le jardin découverte d'Üplingen en Allemagne. Le sucre issu de betteraves sucrières est autorisé dans l'UE comme aliment, le processus d'autorisation pour la culture est encore en cours.
Non seulement le soja, le coton, le maïs et les betteraves sucrières OGM sont cultivés aux Etats-Unis, mais aussi, en plus petites quantités, des variétés de colza, de courgettes, de papayes et de luzerne.
Sources: "Acreage report", USDA National Agricultural Statistics Service, 30.6.2011; "USDA Announces Partial Deregulation for Roundup Ready Sugar Beets", US Department of Agriculture media release, 4. 2. 2011; "Herbizidtolerante Zuckerrüben: Ein neues Konzept zur Unkrautregulierung", Website Schaugarten Üplingen (www.schaugarten-ueplingen.de)
Maïs OGM : Le destin de la protéine Bt insecticide lorsqu'elle est consommée par les vaches
Les plantes OGM, capables de se protéger spécifiquement contre des espèces d'insectes grâce à la production de la protéine Bt, sont utilisées pour l'alimentation humaine et animale. La variété de maïs Bt MON810 résistante à la pyrale, par exemple, est bien répandue en Espagne. On sait depuis longtemps que la protéine Bt est inoffensive pour les vertébrés. Lors d'un essai alimentaire avec des vaches effectué sur 25 mois, les chercheurs n'ont trouvé aucune trace de protéine Bt dans le lait, dans le sang, ou dans l'urine des animaux. Que se passe-t-il exactement avec cette protéine quand les vaches consomment du maïs Bt? Une équipe de chercheurs de la Station bavaroise de recherche agricole et de l'Université technique de Munich se sont penchés sur cette question. Ils ont suivi le trajet de la protéine Bt de la plante à l'aliment, ensuite de la vache à la fosse à lisier, et finalement du sol fertilisé jusqu'aux plantes qui y poussent.
La majorité des protéines sont décomposées lors de la transformation des plantes en aliments, p.ex. lors de l'ensilage du maïs. 2,6% des protéines, seulement, ont été retrouvés dans les aliments consommés par les vaches. Dans le fumier, les chercheurs n'ont décelé que 0,9%, car une partie des plantes n'a pas été complètement digérée. Une nouvelle décomposition des protéines a eu lieu lorsque les excréments ont été laissés plusieurs semaines dans la fosse à lisier. La quantité de protéines Bt s'est réduite de moitié; en outre, elles se sont décomposées en plusieurs minuscules fragments inactifs. Peu après l'application du purin sur les champs, plus aucune trace de protéines Bt n'a été détectée -la décomposition par des microorganismes est manifestement rapide. Dans l'herbe ou le maïs qui ont poussé sur les champs traités avec du purin, les chercheurs n'ont pas trouvé non plus de protéines Bt.
Les chercheurs en concluent que les protéines de maïs Bt sont rapidement décomposées, et qu'elles ne sont détectables ni dans les sols traités avec du purin, ni dans les plantes qui y poussent. A chaque étape, la quantité de protéines Bt a diminué; une durée de conservation accrue ou une accumulation des protéines Bt ne se sont pas produites.
Sources Helga Gruber et al. 2011, "Fate of Cry1Ab Protein in Agricultural Systems under Slurry Management of Cows Fed Genetically Modified Maize (Zea mays L.) MON810: A Quantitative Assessment", J. Agric. Food Chem. online publication, 23. 5. 2011, DOI: 10.1021/jf200854n)
Aliments pour animaux : L'UE introduit une réglementation de tolérance pour les OGM importés
Le développement de plantes transgéniques disposant de nouvelles propriétés progresse rapidement dans le monde. Des processus d'autorisation pour la culture ou pour l'utilisation de produits en tant qu'aliment pour humains et animaux freinent l'emploi de cette méthode innovatrice. Il existe des différences considérables entre les pays. Aux Etats-Unis, le processus d'autorisation pour la culture et l'emploi d'une nouvelle sorte d'OGM dure deux ans en moyenne; environ 90 variétés y sont autorisées. Cependant, dans l'UE, il faut 4 ans en moyenne jusqu'à ce qu'une plante soit acceptée en tant qu'aliment pour humains et animaux, les autorisations pour la culture peuvent demander jusqu'à dix ans. Actuellement, 32 produits OGM sont autorisés pour l'importation dans l'UE, mais deux produits seulement sont autorisés pour la culture. Environ 70 demandes sont en cours, alors qu'une partie de ces plantes est déjà cultivée dans d'autres pays.
Malgré la séparation des flux de marchandises, il n'est pas toujours possible d'éviter entièrement des traces minimales d'OGM non autorisés dans l'UE dans des cargaisons de matières premières importées en Europe. Ce qui a commencé à poser des problèmes ces dernières années, car l'UE importe de grandes quantités d'aliments pour animaux, et ne tolère aucune trace d'OGM jusqu'à présent. Même les plus petites quantités ont causé le rejet de cargaisons entières, et des marchandises impeccables ont dû être jetées. Alors que les organisations du domaine agricole et de l'élevage animal ont exprimé leur inquiétude en ce qui concerne l'approvisionnement en aliments pour animaux et l'incertitude concernant la loi, les cercles anti-OGM, en revanche, s'obstinent à maintenir la tolérance zéro. En outre, les différents points de vue des Etats membres de l'UE ont fait stagner la situation.
On constate actuellement une décrispation de la situation. Après un bras de fer politique qui a duré plusieurs années, le Commission européenne a décidé le 24 juin 2011 d'adopter une réglementation de tolérance pour les traces d'OGM pas (encore) autorisés dans l'UE dans les aliments importés pour animaux; 0,1% seront acceptés. Cela à condition que les plantes soient légales dans les pays d'origine, qu'elles soient passées par une procédure de contrôle, qu'il existe du matériel de référence, et qu'une demande d'autorisation ait été déposée dans l'UE au moins trois mois auparavant. La réglementation entrera en vigueur le 15 juillet 2011, une liste des plantes OGM tolérées sera disponible sur le site internet de l'UE. Une solution politique est élaborée dans l'UE pour les semences et les aliments pour humains, car pour ces produits la tolérance est désormais zéro.
En Suisse, des réglementations pragmatiques pour la tolérance d'OGM dans les aliments pour humains et animaux sont en vigueur depuis 2008, afin d'éviter les problèmes lorsque des mélanges minimaux d'OGM se produisent. Cela à condition que les traces d'OGM soient jugées inoffensives par les autorités. Les directives concernant la tolérance dans l'UE ont également un effet sur la Suisse, car la liste des aliments OGM tolérés en Suisse s'oriente vers celle de l'UE.
Sources: "GMOs: Commission adopts regulation harmonising controls for non-authorised GM material in feed", EU RAPID press release, 26. 6. 2011; "Questions and answers on the low level presence (LLP) of GMOs in feed imports", EU MEMO/11/451, 24. 6. 2011; "COMMISSION REGULATION (EU) No 619/2011 of 24 June 2011 laying down the methods of sampling and analysis for the official control of feed as regards presence of genetically modified material for which an authorisation procedure is pending or the authorisation of which has expired", Official Journal of the European Union L 166:9-13, 25. 6. 2011
Préavis : 5ième journée professionnelle du génie génétique vert à l'EPF de Zurich
La science et l'application de la biotechnologie végétale sont souvent considérées avec méfiance. La direction que prend la politique suisse dans ce domaine est fondée sur le développement global, les données présentes, les nouveaux résultats scientifiques comme ceux du PNR59 et l'opinion publique. Une journée organisée par le Zurich-Basel plant Science Center et le Collegium Helveticum a pour but de contribuer à ce dialogue.
Intitulée «Génie génétique vert: La science entre les exigences et la réalité - comment continuer après le PNR59 et le moratoire?», la 5ième journée professionnelle du génie génétique aura lieu le vendredi 2 septembre 2011 (9h30 - 16h30) à l'EPF de Zurich. Des exposés et des discussions auront lieu avec d'illustres experts de la science, de l'économie, de la politique et de l'administration au sujet du thème central: Comment façonner le futur de la recherche en matière de biotechnologie végétale en Suisse? L'accent sera mis sur les thèmes suivants:
- Exigences régulatrices pour la recherche et la mise en circulation de plantes génétiquement modifiées
- La réglementation sur la coexistence représente-t-elle un désavantage pour le génie génétique vert?
- Protected Sites - une solution pour la recherche suisse en matière de biotechnologie végétale?
Pour de plus amples informations ainsi que pour le programme, veuillez consulter le site du Plant Science Center (www.plantsciences.ch). Vous avez également la possibilité de vous inscrire en-ligne.