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Rapport de l'FAO sur la biotechnologie: La "révolution génétique" possède un grand potentiel
A partir des années 60, lors de la révolution verte, des méthodes de culture
améliorées et de nouvelles variétés de plantes ont mené à une
augmentation impressionante de la productivité dans l'agriculture. Est-ce
que la "révolution génétique", basée sur des méthodes biotechnologiques,
pourra également contribuer à satisfaire le besoin de nourriture dans le
monde?
L'FAO, l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, a
publié le 17 mai un rapport sur l'état de l'alimentation mondiale, dans lequel
elle pèse les avantages et les désavantages de l'utilisation de plantes
génétiquement modifiées. Elle tire un bilan positif pour la biotechnologie
moderne et ses possibilités. De nombreux exemples montrent les avantages
dont profitent particulièrement les petits paysans des pays en voie de
développement. Ceux-ci bénéficient d'un rendement des récoltes plus élevé
et de dépenses moins fortes pour des produits agrochimiques, ce qui leur
permet de faire des bénéfices et d'assurer leur existence.
Par contre, l'FAO a critiqué le fait qu'une grande partie des travaux de
recherche sur des plantes OGM est effectuée par des entreprises dont les
produits sont adaptés aux besoins des nations industrielles. Par conséquent,
le potentiel important qu'offre la biotechnologie pour les pays du Tiers
Monde ne peut pas être pleinement exploité. L'FAO exige donc que les
technologies modernes soient plus accessibles pour les pays en voie de
développement; elle fait appel au monde industrialisé pour renforcer
l'infrastructure dans ces pays afin d'améliorer la recherche, le
développement et le contrôle de la biosécurité.
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Comparaison entre la culture de coton Bt génétiquement modifié résistant
aux insectes et la culture de variétés conventionnelles.
Indications: l'évolution du revenu agricole en pour cent, les dépenses pour
des produits agrochimiques et le bénéfice par rapport aux méthodes
conventionnelles. Les chiffres sont issus du rapport de l'FAO.
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L'utilité et les risques de
plantes utiles transgéniques devraient être jugés au cas par cas. D'après
l'FAO, la biotechnologie verte n'est pas un remède universel, mais une
partie essentielle d'une agriculture intégrée qui comporte un grand potentiel
pour la population pauvre de ce monde.
Sources: "The state of food and agriculture 2003-2004: Agricultural Biotechnology. Meeting the needs of the poor?", Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), mai 2004. "Gen-Revolution als Hoffnung für die Armen", NZZ online, 18 mai 2004
Acides gras omega-3: Des plantes transgéniques produisent une alternative à l'huile de poisson
Des acides gras à longues chaînes, polyinsaturés omega-3 jouent un rôle
important dans l'alimentation humaine et sont aussi vitaux que la vitamine
C. L'absorption régulière d'omega-3, principalement présents dans l'huile de
poisson, diminue nettement le risque de maladies cardio-vasculaires. Peu de
personnes suivent le conseil de consommer du poisson gras trois fois par
semaine, étant donné qu'un tel régime est d'un côté une question de goût
et de l'autre une question d'approvisionnement, car la population de
poissons diminue dans le monde. De plus, les huiles de poisson contiennent
souvent des métaux lourds.
Des chercheurs britanniques ont réussi à inciter des plantes vertes à
produire de tels acides gras précieux les plantes oléagineuses ne
contiennent normalement pas d'omega-3. La plante modèle arabidopsis,
parente du colza, a été dotée de gènes issus de trois différents micro-
organismes. Par la suite, les chercheurs ont pu reconstruire le chemin
métabolique des omega-3. Plusieurs nouveaux acides gras ont ensuite été
trouvés dans les feuilles de la plante arabidopsis génétiquement modifiée,
entre autres des omega-3.
La prochaine question qui se posera pour les chercheurs, sera de savoir s'il
parviendront à produire ces graisses polyinsaturées en quantité suffisante
dans les graines de plantes oléagineuses comme le colza, afin de rendre la
production d'omega-3 intéressante au point de vue économique. Peut-être
pourrons-nous satisfaire dans quelques années notre besoin en acides gras
vitaux en partie avec de l'huile végétale à la place d'huile de poisson. Les
résultats des chercheurs britanniques livrent une base solide pour atteindre
ce but.
Sources: Baoxiu Qi et al. 2004, "Production of very long chain polyunsaturated omega-3 and omega-6 fatty acids in plants" , Nature Biotechnology advance online publication, 16 mai 2004 (doi:10.1038/nbt972); "Wie Algen- und Pilzgene Pflanzen fette Zeiten bescheren", wissenschaft.de, 17 mai 2004.
Bananes en Ouganda: Le flétrissement bactérien menace un aliment de base la biotechnologie peut y remédier
Les habitants de l'Ouganda tiennent le record du monde en consommation
de bananes. Ils en consomment presque 500 kg par an cuites, à la vapeur
et même sous forme de bière. La production abondante de bananes est une
des raisons pour laquelle l'approvisionnement en nourriture est assuré en
Ouganda. Une nouvelle maladie menace actuellement l'alimentation et le
revenu de millions de petits paysans.
Le flétrissement bactérien a été observé pour la première fois en 2001 et se
propage rapidement depuis. Les plantes contaminées se décomposent
depuis l'intérieur et meurent dans une période d'un mois. La seule contre-
mesure connue jusqu'à présent est de brûler les bananiers contaminés, ce
qui est une catastrophe pour les paysans qui perdent leur aliment de base
et tous leurs investissements.
La culture de nouvelles variétés de bananes résistantes est compliquée et
nécessite beaucoup de temps, étant donné que les bananes comestibles
sont stériles et qu'elles se multiplient uniquement par bouturage. De
nouveaux gènes de résistance ne peuvent donc pas être introduits par
croisements classiques. Des chercheurs essayent maintenant de rendre des
bananes résistantes aux maladies: des méthodes génétiques offrent la
possibilité d'introduire des gènes contenant précisément les propriétés
désirées. Par contre, les conditions techniques adéquates doivent d'abord
être mises sur pied dans ce cas précis.
Le Kawanda Agricultural Research Institute (KARI) à Kampala, soutenu par
la fondation Rockefeller, a réussi une percée dans ce domaine. Des cellules
individuelles d'une variété de bananes importante pour l'Ouganda ont été
cultivées dans un milieu nutritif liquide et ont été améliorées en introduisant
les gènes désirés. On a ensuite régénéré la plante à partir des cellules
modifiées. Le docteur Otim Nape, directeur de l'Organisation Nationale de
Recherche Agricole Ougandaise (NARO), a annoncé que des bananes
résistantes au flétrissement bactérien seraient mises à disposition
prochainenement. De plus, les nouvelles variétés de bananes ne
représenteraient aucun danger pour la santé humaine, seraient écologiques
et auraient passé tous les tests de biosécurité.
Sources: "Experts perform banana miracles", The Uganda Observer, 22 avril 2004; "NARO Battles Banana Wilt", Uganda New Vision, 28 avril 2004
Fin du moratoire européen sur les OGM : Le maïs doux est le premier aliment autorisé
Comme prévu, la commission européenne a autorisé le 19 mai l'importation
du maïs doux Bt-11 de Syngenta. David Byrne, le commissaire européen
chargé de la protection des consommateurs a souligné que cette variété de
maïs est passée par des tests de sécurité d'une rigueur que l'on n'a jamais
connu jusqu'à présent. Le libre choix des consommateurs est garanti grâce
aux nouvelles directives européennes sur l'étiquetage. Cette décision
marque la fin du moratoire sur l'autorisation de nouveaux aliments OGM qui
durait depuis 1998. Un grand nombre d'autres demandes est sur la liste
d'attente. Le maïs Bt-11 est autorisé en Suisse depuis 1998.
Sources: "La Commission autorise l'importation de maïs doux
transgénique en boîte sous de nouvelles conditions strictes d'étiquetage
les consommateurs pourront choisir", Communiqué de presse de la
commission européenne du 19 mai 2004; "Gentech-mais von Syngenta kann in die EU exportiert werden", NZZ online, le 19 mai 2004
Evolution en éprouvette: Un nouveau gène de tolérance à l'herbicide stimule la concurrence entre les entreprises d'agrobiotechnologie
Parmi les propriétés transmises à des plantes utiles par méthodes
génétiques, la tolérance à des herbicides définis est la plus importante
trois quarts des plantes biotechnologiques dans les monde possèdent cet
attribut. Ces plantes supportent les traitements par herbicide total sans
dommages, tandis que les plantes adventices sont éliminées efficacement.
Le glyphosate, également connu sous le nom de Roundup, est le principal
herbicide total il est nettement plus écologique que les herbicides
classiques, à peine nuisible pour les humains et les animaux et se
décompose rapidement. Il agit spécifiquement sur les plantes en bloquant
une étape métabolique lors de la synthèse d'un acide aminé. Par la suite,
les plantes ne peuvent plus pousser. La technologie "Roundup ready" de
Monsanto rend les plantes tolérantes au glyphosate en leur introduisant un
gène alternatif pour cette étape métabolique.
Des chercheurs ont développé dans les laboratoires de DuPont une nouvelle
approche pour rendre des plantes tolérantes au glyphosate. Ils ont d'abord
cherché un gène bactérien, à l'aide duquel le glyphosate pouvait être
modifié chimiquement et par la suite rendu inactif. Ils ont trouvé ce qu'ils
cherchaient, mais l'activité du gène bactérien était insuffisante. Il a fallu
onze étapes "d'évolution en éprouvette" pendant lesquelles les informations
génétiques du gène bactérien ont été mélangées. Les variantes les plus
actives ont été choisies à chaque reprise. Le résultat est un produit
génétique 10'000 fois plus actif. Cela était largement suffisant pour rendre
la plante de maïs tolérante au glyphosate.
Par rapport à la technologie "Roundup ready", les plantes dotées du
nouveau gène ne sont plus seulement passivement tolérantes au
glyphosate, mais le décomposent activement il est possible que cela mène
à une résistance encore plus élevée. De nouvelles possibilités s'offrent à
DuPont et aux cessionnaires, étant donné qu'il s'agit là d'une nouvelle
technologie non couverte par le brevet "Roundup ready" de Monsanto
l'entreprise qui domine le marché des plantes tolérantes aux herbicides.
Une période de 5 ans au moins sera nécessaire avant la mise sur le marché
de ces plantes transgéniques, afin d'effectuer des tests et des croisements
approfindis.
Sources: Linda A. Castle et all 2004: "Discovery and directed evolution of a glyphosate tolerance gene", Science 5674:1151-1154; "DuPont creates new gene trait for corn", delawareonline.com business news, 21 mai 2004.
Texte: Jan Lucht
Traduction: J-Ph. Rüegg