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Taux d'allergènes réduit dans les tomates: Prix scientifique pour la recherche sur les légumes OGM
Jusqu'à présent, les personnes souffrant d'allergies alimentaires étaient contraintes d'éviter tout allergène et, par conséquent, de limiter la diversité des repas et de renoncer à de nombreux plaisirs culinaires. Des résultats scientifiques récents démontrent que des nouvelles méthodes de culture pourront contribuer dans le futur à réduire considérablement le potentiel allergène de composants alimentaires.
La jeune scientifique Yvonne Lorenz de l'Institut Paul Ehrlich à Leinen (Allemagne) a reçu le prix Max Rubner, offert par la Société allemande d'alimentation, pour ses travaux sur les tomates réduites en allergènes. En collaboration avec l'Université Friedrich Alexander à Erlangen, la jeune chercheuse avait analysé des tomates génétiquement modifiées dans lesquelles deux allergènes importants avaient été éteints à l'aide de la technologie ARNi. Des essais en éprouvette ont démontré que les fruits de ces plantes avaient un potentiel allergène nettement plus faible. Ce résultat a été confirmé par des tests cutanés effectués sur des personnes allergiques. Pour cela, les chercheurs leur ont appliqué des gouttes d'extraits de plantes sur la face interne du bras, après avoir légèrement scarifié la peau. La préparation de contrôle à base de tomates non modifiées a provoqué en quelques minutes des rougeurs et des papules chez les personnes allergiques. En revanche, les extraits à base des tomates génétiquement modifiées ont causé des réactions cutanées nettement moins intenses - dans quelques cas le test a même été négatif. Cette indication claire laisse supposer que les tomates OGM provoquent moins ou pas de réactions allergiques lorsqu'elles sont consommées. Cela ne peut pas être prouvé pour le moment, car les tomates se trouvent au début de leur développement et ne sont pas encore autorisées en tant que denrée alimentaire. Les scientifiques signalent que des approches similaires, visant à réduire les allergènes dans les cacahuètes et les pommes, sont poursuivies par d'autres chercheurs.
Sources: "DGE zeichnet junge Wissenschaftlerin mit dem Max Rubner-Preis aus", Communiqué de presse Deutsche Gesellschaft für Ernährung DGE, 09.03.2007; Yvonne Lorenz et al. 2006, "Skin prick tests reveal stable and heritable reduction of allergenic potency of gene-silenced tomato fruits", J. Allergy Clin. Immunol. 118:711-718; Lien Quynh Le et al. 2006, "Reduced allergenicity of tomato fruits harvested from Lyc e 1-silenced transgenic tomato plants", J. Allergy Clin. Immunol. 118:1176-1183.
Feu bactérien: Le génie génétique comme option pour la culture d'arbres fruitiers résistants
Le feu bactérien n'a jamais causé autant de dégâts en Suisse que cette année. Un pour cent des pommiers et des poiriers, soit plusieurs dizaines de milliers d'arbres, sont déjà atteints - une nouvelle propagation est attendue dans les semaines qui suivent.
Cette maladie hautement contagieuse est provoquée par la bactérie Erwinia amylovora. Les arbres infectés ne peuvent pas être sauvés; selon la loi, ils doivent être abattus pour empêcher que la maladie se répande. Cela peut avoir des conséquences économiques catastrophiques pour les cultivateurs concernés. L'efficacité des mesures préventives contre le feu bactérien est limitée. Les traitements antibiotiques sont interdits en Suisse à cause d'éventuels effets négatifs sur l'environnement.
Les chercheurs tentent depuis longtemps de cultiver de manière classique des arbres fruitiers résistants au feu bactérien. En effet, nous disposons aujourd'hui de plantes résistantes cultivées de manière conventionnelle. Seul inconvénient: ces plantes n'ont pas réussi à s'implanter sur le marché, car les consommateurs préfèrent les variétés connues mais sensibles à la maladie. Lors de croisements classiques, les gènes des parents se distribuent au hasard sur la nouvelle génération. Pour transmettre une seule nouvelle propriété à une variété présente, il est nécessaire d'effectuer de nombreux rétrocroisements - un processus qui nécessite énormément de temps, notamment pour arbres qui poussent lentement.
Le génie génétique représente une alternative intéressante aux croisements classiques. Cette technologie permet de transmettre de manière précise des gènes sélectionnés et d'introduire dans des plantes des nouvelles propriétés, sans que les anciennes qualités soient affectées. Cesare Gessler et Andrea Patocchi de l'EPF de Zurich ont résumé dans un article scientifique les travaux de groupes de chercheurs internationaux au sujet de l'amélioration de pommiers par des méthodes génétiques.
Des pommiers ont été dotés d'un gène codant pour plusieurs protéines antibactériennes qui s'attaquent, par exemple, à la membrane cellulaire des agents pathogènes. Il s'est avéré que ces plantes transgéniques résistaient nettement mieux au feu bactérien, certaines étaient même totalement immunisées. La transmission d'un gène bactérien, destiné à activer la défense des arbres contre les agents pathogènes, s'est également avéré efficace. Mais les chercheurs ne se concentrent pas seulement sur la transmission de gènes étrangers, ils essaient aussi de modifier les propres gènes des pommiers. Pour cela ils ont activé un gène qui contribue à la défense contre la maladie, ou bien ils ont éteint un gène nécessaire pour l'infection par Erwinia amylovora. Ces deux approches ont également mené à une meilleure résistance au feu bactérien. En effet, nous disposons depuis plus de dix ans d'outils pour rendre les pommiers plus résistants au feu bactérien.
Aux Etats-Unis, des pommiers transgéniques résistants au feu bactérien font l'objet d'essais en plein champ depuis 1998, et cela avec succès. En Europe, l'opposition à de tels essais est plus forte. Un essai de grande envergure avec des pommiers transgéniques avait été prévu pour 2003 à Dresde, mais il a été interdit par le Ministère de la protection des consommateurs, qui était à l'époque dirigé par la ministre Künast, une opposante aux OGM. L'Europe se donnera-t-elle la peine de reconnaître le potentiel de ces nouvelles méthodes et les utilisera-t-elle un jour? Cela reste désormais une question politico-sociale.
Sources: "Feuerbrand vernichtet ein Prozent der Fläche", Landwirtschaftlicher Informationsdienst LID, 25.05.2007; "Feuerbrand - es brennt flächendeckend", schweizerbauer.ch, 22.05.2007; Cesare Gessler & Andrea Patocchi 2007, "Recombinant DNA Technology in Apple", Adv Biochem Eng Biotechnol. 107:113-132; "Apfelbäume: Freisetzungen untersagt", www.biosicherheit.de, 27.10.2003.
Rapport ACRE: Evaluation comparative des risques et des avantages de nouveaux systèmes agricoles
Quels sont les effets de nouveaux systèmes agricoles? Cette question se pose par exemple quand il s'agit d'évaluer l'emploi de plantes OGM. Les réponses sont multiples, souvent contradictoires et elles dépendent fortement de l'aspect que l'on étudie. Cela rend une conclusion définitive extrêmement difficile. Le groupe de travail du Comité consultatif du gouvernement britannique en charge d'essais en milieu ouvert (ACRE, Advisory Committee on Releases to the Environment), composé de scientifiques renommés, vient de proposer un système d'évaluation qui tient compte de nombreux aspects.
«L'Evaluation comparative de la durabilité» (Comparative Sustainability Assessment, CSA) saisit à l'aide d'une matrice élaborée un grand nombre de facteurs environnementaux, économiques et sociaux, pour lesquels les effets positifs ou négatifs, l'ordre de grandeur et l'influence sont également indiqués. L'efficacité de cette approche est illustrée par des exemples concrets. L'évaluation ne se limite pas aux OGM; d'autres méthodes comme la culture de l'herbe éléphant pour la production d'énergie et la transition du blé d'été au blé d'hiver y figurent également. Il s'est avéré, en tenant compte de tous les facteurs, que la plupart des nouvelles méthodes agricoles présentent aussi bien des avantages que des désavantages. Ainsi, le blé d'hiver apporte plus de rendement, mais sa culture est moins écologique que celle du blé d'été. Les auteurs de cette étude encouragent l'emploi de la méthode CSA pour évaluer les OGM dans le cadre du processus d'autorisation. Ils estiment nécessaire de mettre d'éventuelles conséquences des plantes OGM en relation avec celles des plantes conventionnelles.
Source: "Managing the Footprint of Agriculture: Towards a Comparative Assessment of Risks and Benefits for Novel Agricultural Systems". Report of the ACRE Sub-Group on Wider Issues raised by the Farm-Scale Evaluations of Herbicide Tolerant GM Crops, 03.05.2007.
Consommateurs et aliments OGM: Des essais concernant le libre choix ont eu lieu dans six pays
Les consommateurs rejettent les OGM - tels sont les résultats de plusieurs enquêtes européennes auprès des consommateurs. Etant donné qu'on ne trouve pas de produits OGM dans les rayons des magasins, il n'est pas possible de vérifier cette affirmation. Cependant, il est connu que l'opinion exprimée et le choix d'achat personnel ne correspondent pas toujours.
Des chercheurs néozélandais ont tenté l'expérience dans leur propre pays et dans cinq pays européens (Suède, France, Belgique, Grande-Bretagne, Allemagne). Des stands situés au bord de la route ont proposé des fruits (conventionnels) identiques, affichés comme produits «bio», «conventionnel» ou «OGM, non traité». Au total, 2736 clients se sont rendus à ces stands commerciaux. Ils ont été informés après avoir choisi le produit, mais avant de payer, qu'il s'agissait seulement d'une expérience. Lorsque le prix des trois produits était identique, presque la moitié des consommateurs ont choisi les produits «bio», environ un tiers s'est décidé pour les fruits conventionnels et 20% pour les «OGM non traités». De petites différences ont été observées selon les pays. Mais l'image change quand on propose des prix plus réalistes - c'est-à-dire «bio» 15% plus cher que conventionnel, et «OGM, non traité» 15% moins cher. Dans ce cas, les Belges seulement sont restés favorables aux produits «bio»; dans tous les autres pays, cette catégorie ne représentait plus qu'un tiers ou moins. En revanche, l'intérêt des consommateurs envers les fruits OGM s'est considérablement accru: en Nouvelle Zélande (60%), en Suède (43%) et en Allemagne (36%) les OGM ont dépassé les autres catégories. Les scientifiques néozélandais en concluent que l'acceptation des aliments génétiquement modifiés est en réalité bien plus haute qu'on le supposait, à condition que les consommateurs soient bien informés sur les qualités des produits.
Quelle: John G Knight et al. 2007, "Acceptance of GM food-an experiment in six countries", Nature Biotechnology 25:507-508
Recherche en matière de sécurité: Les plantes OGM sont-elles dangereuses pour les abeilles?
D'après des témoignages venant des Etats-Unis, un dépérissement dramatique des populations d'abeilles aurait eu lieu ce printemps; dans de nombreuses régions, une grande partie des abeilles aurait quitté ses ruches et disparu du jour au lendemain. Les causes de ce phénomène appelé la maladie de la disparition (Colony Collapse Disorder, CCD) restent un mystère, malgré de nombreuses recherches intensives. Certains pensent que la mort des abeilles pourrait être liée aux plantes OGM, car ces dernières sont très répandues aux Etats-Unis. Que sait-on sur l'influence des plantes OGM sur les abeilles? Le cercle de scientifiques pour le génie génétique vert (Wissenschaftlerkreis Grüne Gentechnik WGG) vient de publier l'ensemble des connaissances scientifiques acquises dans ce domaine.
La compatibilité avec l'environnement et d'éventuels effets négatifs sur les organismes non visés sont testés minutieusement avant qu'une plante OGM ne soit autorisée. Les abeilles reçoivent une attention particulière, car elles sont spécialement importantes pour l'écologie et l'économie. Les effets des plantes transgéniques sur les abeilles ont fait l'objet de nombreuses études scientifiques, indépendamment des processus d'autorisation. Dans de multiples essais, ces plantes ont servi de nourriture pour les abeilles ou leurs larves. Comme alternative, les chercheurs ont nourri des abeilles de produits transgéniques purifiés, en concentration nettement plus élevée que dans les plantes OGM. Ils ont ensuite analysé la survie, la croissance et le développement des abeilles et de leur couvée, ainsi que leur comportement. Même la flore intestinale des abeilles a été analysée, car elle peut avoir une influence sur leur santé. Des effets négatifs sur la santé des abeilles dus aux plantes transgéniques autorisées n'ont été documentés dans aucun cas. Des indications scientifiques qui permettent de supposer une relation entre la mort des abeilles et les plantes transgéniques n'existent pas. Un autre argument contre cette hypothèse: la maladie de la disparition existe aussi dans les pays qui ne produisent pas d'OGM (comme la Suisse). Les experts estiment que cette maladie serait plutôt due à des agents pathogènes, à des poisons présents dans l'environnement, au stress ou à un manque de variabilité génétique parmi les populations d'abeilles.
Source: Prof. Dr. Klaus-Dieter Jany 2007, "Gentechnisch veränderte Pflanzen und Bienen", Wissenschaftlerkreis Grüne Gentechnik WGG e. V., Mai 2007.
PNR59: Les projets soutenus par le Programme national de recherche ont été présentés
Le 30 mai dernier, le Fonds national suisse FNS a présenté les projets qui seront soutenus dans le cadre du «PNR 59: utilité et risques de la dissémination des plantes génétiquement modifiées». Ce programme lancé fin 2005 dispose de 12 millions de francs suisses. 17 projets seront consacrés à «Biotechnologie végétale et environnement», 7 projets à «Aspects sociaux, économiques et politiques», et trois projets à «Evaluation du risque, gestion du risque et procédures de prise de décisions». Le large éventail de thèmes comprend la recherche fondamentale en biologie, la recherche en matière de sécurité écologique, des approches intéressantes sur les processus de décisions économiques des consommateurs ainsi que des évaluations juridiques et éthiques. Le programme de recherche a comme objectifs d'explorer les possibilités que présentent les plantes génétiquement modifiées pour la Suisse, d'évaluer les conditions légales et administratives et de développer les standards pour un programme de monitoring adapté à la Suisse.
Un élément constitutif du projet seront les essais de dissémination de blé transgénique qui sont prévus à Reckenholz (Zurich) et à Pully près de Lausanne. Le but sera d'analyser le comportement en milieu naturel de différentes lignées de plantes résistantes aux champignons. La vulnérabilité aux maladies ainsi que des aspects de sécurité biologique seront étudiés, par exemple la transmission de gènes sur des herbes sauvages. Les demandes ont été publiées mi-mai par l'OFEV; les autorités décident actuellement si les essais en plein champs sont conformes à la loi.
Le PNR59 arrivera à échéance au printemps 2011. Des résultats intermédiaires significatifs devraient être disponibles fin 2009, afin de pouvoir les intégrer dans la discussion sur le futur du génie génétique après le moratoire.
Sources: "Start des Nationalen Forschungsprogramms zu Nutzen und Risiken von gentechnisch veränderten Pflanzen", Medienmitteilung Schweizerischer Nationalfonds, 30.05.2007 ; "Nationales Forschungsprogramm «Nutzen und Risiken der Freisetzung gentechnisch veränderter Pflanzen» (NFP 59): Projektbeschriebe", SNF, 30.05.2007; "Drei Freisetzungsgesuche für gentechnisch veränderte Pflanzen eingereicht", Medienmitteilung Bundesamt für Umwelt BAFU, 15.05.2007.
Texte: Jan Lucht
Traduction: J-Ph. Ruegg