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No. 115 mai 2011

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PNR59 : D'après une nouvelle étude, l'impossible coexistence ne serait qu'un mythe
Jeunes plants de maïs
© www.transgen.de
Culture biologique, production intégrée (PI), culture conventionnelle : les différentes formes d'agriculture coexistent depuis longtemps et produisent côte à côte des aliments selon différents critères et philosophies. Pour la culture de plantes génétiquement modifiées ~ non pratiquée pour le moment ~ la loi suisse sur le génie génétique est très exigeante, notamment en ce qui concerne la protection des productions non-OGM et la liberté de choix des consommateurs. Cela veut dire que le mélange involontaire d'OGM dans la récolte de produits conventionnels doit être évité. Pour minimiser le transfert de gènes par voie aérienne, il est nécessaire de respecter une distance minimum entre les champs, ainsi que de nettoyer les machines employées. La culture nécessite donc une certaine préparation, ce qui demande plus de temps et d'argent. C'est pourquoi beaucoup sont convaincus que dans un pays aussi petit que la Suisse la coexistence impliquerait des coûts énormes. On présume qu'elle ne serait pas rentable économiquement, même s'il existait des mesures techniques permettant de la réaliser.
Pourtant, personne n'a jamais remis cette présomption en question. Dans un projet effectué à la Station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART, dans le cadre du programme de recherche PNR59, les chercheurs ont étudié les aspects économiques de la coexistence pour la Suisse et ont effectué une analyse de la rentabilité des plantes OGM.
Les chercheurs ont eu recours en partie à des données provenant de la Suisse et de pays étrangers, par exemple en matière de distances minimum nécessaires entre les champs de maïs. Cependant, dans de nombreux domaines, ils n'ont pas trouvé de données, ou seulement des informations peu fiables. Il faut combien de temps à un agriculteur pour déclarer par téléphone ou internet un champ d'OGM auprès des autorités responsables? Combien de travail nécessite le nettoyage minutieux d'une moissonneuse-batteuse après son usage sur un champ d'OGM ? Combien de temps met-on pour sceller une remorque, afin d'éviter la perte de récoltes lors du transport ? Les chercheurs se sont concentrés sur cinq plantes ayant le potentiel d'être cultivées en Suisse et ont effectué de manière précise des essais pratiques proches de la réalité afin de déterminer le travail nécessaire pour les mesures de coexistence. Ils ont ainsi réussi à calculer pour différents scénarios le matériel et le temps requis.
Les résultats ont réservé une surprise. Malgré la multitude de mesures de coexistence prises en compte, les dépenses supplémentaires pour la culture d'OGM étaient raisonnables. Pour le scénario « moyen », qui se base sur des activités moyennes et des obligations juridiques modérées (p.ex. une distance minimum de 150 m, par rapport à 50 m pour le scénario « favorable » et à 300 m pour le scénario « défavorable »), la part des coûts pour la coexistence représentait 5% du coût total pour le maïs et le blé d'hiver. Pour le colza d'hiver, les dépenses supplémentaires s'élevaient à 8%, pour les betteraves sucrières à 2% seulement ~ il ne s'agit donc nullement de coûts « énormes » comme on l'avait prédit pour la Suisse. Evidemment, ces résultats sont basés sur des suppositions définies que les chercheurs présentent clairement dans leur étude. Ainsi, les coûts liés à la coexistence peuvent varier, selon le scénario, de 1% à 20% des dépenses totales. En outre, des obligations juridiques démesurées peuvent faire monter les coûts, p.ex. pour les distances entre les champs ou le nombre d'analyses OGM nécessaires. Il s'agirait de conditions cadres dictées par la politique ; des frais élevés pour la coexistence ne sont donc pas une loi de la nature en Suisse, comme le démontre l'étude Agroscope.
La culture de plantes biotechnologiques serait-elle rentable pour les agriculteurs suisses, malgré les coûts supplémentaires pour la coexistence ? Il faut également tenir compte du fait que ces semences sont plus chères que les semences conventionnelles. En revanche, les plantes OGM génèrent un rendement plus élevé, la culture nécessite moins de travail et permet de faire des économies lors de la production. En se basant sur des valeurs réalistes, les chercheurs en concluent que la culture de blé résistant au fusarium ou de maïs résistant aux insectes ne serait pas rentable en Suisse pour l'instant. Cependant, il serait possible pour le maïs tolérant aux herbicides (TH) d'accroître le bénéfice de 158 CHF/ha (+39%). En employant des betteraves sucrières TH, on pourrait obtenir un surplus 640 CHF/ha (+42%). Pour le colza d'hiver TH, il s'agirait de 469 CHF/ha (+58%). En comparaison avec le coût total de production, il ne s'agit pas d'une augmentation énorme, mais tout de même de chiffres intéressants pour les agriculteurs entrepreneurs. En employant ses chiffres au total des surfaces consacrées au colza, aux betteraves sucrières et au maïs en Suisse, il serait possible d'obtenir grâce aux variétés OGM un bénéfice supplémentaire de 32 millions de francs par année.
Pour l'instant on ne sait pas encore clairement quelles plantes génétiquement modifiées seront disponibles en Suisse, ni quel sera le cadre juridique pour la coexistence. Les bases de décision économiques pour la culture en dépendront et pourraient diverger des suppositions établies par les chercheurs. En outre, pour les agriculteurs, les aspects économiques ne seront certainement pas les seuls critères pour ou contre les plantes OGM. La présentation réaliste des aspects économiques de la coexistence et d'une éventuelle culture d'OGM sont les grands atouts de cette étude : on ne devrait pas s'attendre à la grande fortune pour les agriculteurs suisses, mais pas non plus se laisser décourager par le mythe de coûts démesurés. En évaluant chaque cas individuellement, les agriculteurs suisses trouveront la méthode de culture qui leur convient le mieux ~ reste à attendre la fin du moratoire pour qu'ils aient réellement la liberté de choix.
Sources: Gregor Albisser Vögeli et al 2011, "Wirtschaftlichkeit gentechnisch-veränderter Ackerkulturen in der Schweiz: Mit detaillierter Berücksichtigung möglicher Koexistenz-Kosten", Agroscope Reckenholz-Tänikon ART, Bericht ART 2011-149 (ISBN-Nr. 978-3-905733-21-1); "Wirtschaftlicher Nutzen von GVO-Anbau variabel", Medienmitteilung Agroscope ART, 16. 05. 2011; "VIABILITE ECONOMIQUE:La coexistence est possible, les avantages en sont encore douteux", NFP59-Newsletter 6 (Mai 2011).

Tolérance à la sécheresse : Les plantes biotechnologiques plus résistantes à la sécheresse s'approchent de l'application pratique
Les dernières semaines ont été particulièrement sèches et nous ont rappelé qu'on ne peut pas toujours se fier à des précipitations régulières. En raison du réchauffement climatique, les experts prédisent au niveau mondial des périodes de sécheresse plus fréquentes dans les prochaines décennies. Lors des périodes de croissance surtout, le manque de précipitations peut causer de gros dégâts aux plantes et diminuer considérablement les récoltes, voire mener à de mauvaises récoltes.
De nombreux producteurs de semences tentent de développer des plantes plus résistantes à la sécheresse. Des méthodes de génie génétique font partie de leurs travaux. Ils ne réussiront probablement pas à transformer des plantes utiles en plantes peu exigeantes comme les cactées. Mais cela serait un grand avantage si les plantes pouvaient survivre sans dommages à des périodes de sécheresse de quelques semaines. Il existe une série d'approches.
Le développement du maïs tolérant à la sécheresse est le plus avancé. Combinant le savoir-faire des entreprises Monsanto et BASF, cette variété de maïs MON 87460 a généré lors d'essais en plein champ des rendements 10% supérieurs à ceux des plantes conventionnelles. Les plantes de maïs produisent une protéine de protection contre le stress (cspB) qui garantit le maintien d'importantes fonctions physiologiques, même lors de conditions environnementales défavorables. Au mois de mai, le Ministère américain de l'agriculture a publié une évaluation de cette variété de maïs, sur laquelle le grand public peut prendre position. Par la suite, les autorités décideront si cette sorte sera cultivée sans restriction aux Etats-Unis. Le fabricant compte pouvoir livrer en 2012 des semences dans un cadre limité, et s'attend à ce que la culture à grande échelle soit possible en 2013. D'autres variétés de plantes tolérantes à la sécheresse seront mises sur le marché dans les prochaines années.
Le maïs n'est pas la seule plante que les chercheurs souhaitent rendre plus tolérante à la sécheresse. L'organisation brésilienne EMBRAPA a annoncé également au mois de mai le développement de la première variété de sucre de canne OGM résistante à la sécheresse. Les scientifiques ont transmis aux plantes un gène supplémentaire codant pour la protéine régulatrice DREB2A. Dans d'autres plantes aussi, cette dernière a comme fonction d'adapter la plante à un manque d'eau. Pour la canne à sucre, les pertes de récoltes dues à la sécheresse peuvent atteindre 10% à 50%. Les chercheurs de l'EMBRAPA souhaitent contribuer à réduire considérablement ces pertes. Il reste maintenant à terminer les travaux scientifiques et à obtenir l'autorisation de l'Etat pour la culture.
Sources: "Gentechnik: US-Behörden wollen trockentoleranten Mais zulassen", www.transgen.de, 19. 05. 2011; "USDA Prepares Draft Environmental Assessment for Drought Tolerant Corn", U.S. Department of Agriculture's Animal and Plant Health Inspection Service (APHIS) media release, 11. 05. 2011; "EMBRAPA Achieves First Transgenic Sugarcane", ISAAA Crop Biotech Update, 27. 05. 2011 (www.isaaa.org).

Matières première renouvelables : Peupliers OGM comme source de bioéthanol
Les biocarburants peuvent contribuer à la fin de la dépendance aux carburants fossiles. C'est pourquoi leur production est soutenue politiquement dans de nombreux pays. Pour la circulation routière, l'UE souhaite atteindre d'ici à 2020 une part de 10% d'énergie renouvelable. Cependant la production traditionnelle de biocarburants nécessiterait de grandes surfaces agricoles, ce qui concurrencerait la production alimentaire. Une approche serait de développer des sources de biomasse plus efficaces pour les biocarburants.
Les peupliers croissent rapidement, sont peu exigeants, poussent sur des sols pauvres et sont capables de produire beaucoup de biomasse sur une petite surface. Mais le bois se laisse difficilement transformer en bioéthanol en raison des grandes quantités de lignine, une substance stabilisante. Dans le cadre du projet européen de recherche ENERGYPOPLAR, des chercheurs belges de l'institut VIB tentent depuis quelques années de développer des peupliers adaptés à la production d'énergie. Grâce à une modification génétique, ils ont réussi à réduire la teneur en lignine des peupliers, tout en augmentant la teneur en cellulose. Depuis 2009, ces peupliers sont soumis à des essais en plein champ pour tester leur efficacité en tant que source d'énergie.
Wout Boerjan, responsable du projet, a présenté à Nancy (France) ses résultats à l'occasion d'une conférence spécialisée sur les arbres destinés à la production d'énergie. Des essais ont démontré que les peupliers transgéniques étaient capables d'accroître de 81% le rendement en bioéthanol. Wout Boerjan est convaincu qu'il ne s'agit que d'un début ~ davantage d'améliorations seraient possibles en combinant la modification génétique avec un choix de peupliers adaptés de manière optimale.
Sources: "Initial field test results GM poplars: bioethanol yield almost doubled", VIB media release, 19. 05. 2011; "Background Information: The Poplar Files", VIB Website (www.vib.be); ENERGYPOPLAR EU project homepage www.energypoplar.eu; Jean-Charles Leplé et al. 2007, "Downregulation of Cinnamoyl-Coenzyme A Reductase in Poplar: Multiple-Level Phenotyping Reveals Effects on Cell Wall Polymer Metabolism and Structure", The Plant Cell 19:3669-3691

Avantages pour les consommateurs : Le blé transgénique pourrait enrichir l'alimentation des personnes souffrant de la maladie c~liaque
Environ 1% de la population des pays occidentaux souffre de la maladie c~liaque, une intolérance à certains éléments du gluten, une protéine contenue dans le blé. Les aliments riches en gluten provoquent chez les personnes concernées une inflammation de la muqueuse intestinale, et ainsi de nombreux troubles de santé. Cette maladie est incurable et ne peut être traitée que par une alimentation faible en gluten, or de nombreux aliments en contiennent.
Le chercheur espagnol Javier Gil-Humanes a terminé en mai 2011 sa thèse de doctorat à l'Université de Cordoba et pourrait, grâce a ses résultats, faciliter la vie des personnes touchées par la maladie c~liaque. Il a démontré qu'il est possible de diminuer dans le blé à pain la production de gliadine, une protéine qui déclenche l'intolérance. Javier Gil-Humanes a réussi grâce à la technologie ARNi à réduire de 85% la teneur en gluten du blé ~ un résultat difficile à obtenir par croisements classiques. Cette technique limite la lecture de gènes de blé responsables de la production de gliadine.
Le blé transgénique contient toujours un reste de gliadine. Cependant, d'après des analyses, la plupart des personnes touchées par la maladie c~liaque pourraient tolérer de faibles quantités ~ pour les personnes extrêmement sensibles seulement, une nouvelle réduction de la teneur en gliadine serait nécessaire. Pour toutes les autres, la possibilité de consommer à nouveau sans problèmes des produits à base de blé n'est plus très lointaine. Même si les travaux de Javier Gil-Humanes en sont encore au début d'un long travail de développement, ils montrent tout de même clairement un chemin possible.
Sources: "Biotech Wheat for Celiac Disease Patients", ISAAA Crop Biotech update, 13. 05. 2011; Javier Gil-Humanes 2010, "Effective shutdown in the expression of celiac disease-related wheat gliadin T-cell epitopes by RNA interference", Proc. Natl. Acad. Sci. USA 39:17023-17028

Texte: Jan Lucht

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