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Augmentation du rendement avec coton Bt en Inde
Dans la culture de coton des pays industriels la part du coton Bt augmente. Il s'agit de plantes génétiquement modifiées qui se protègent elles-mêmes contre les parasites. Un avantage significatif de cette méthode est une forte réduction de produits de protection des cultures. Une augmentation du rendement n'a pas été observée dans les pays développés, car les méthodes de culture sont déjà optimisées. Par contre de nouveaux résultats en Inde montrent une forte augmentation du rendement tout en employant moins de produits de protection des cultures.
Des paysans indiens de différentes régions ont cultivé dans plus de cent fermes du coton Bt, avec en plus une sorte de coton normal. Le rendement des plantes Bt dépassait celui des plantes normales de 80% en moyenne, car les dégâts causés par les parasites avaient été fortement réduits. En même temps l'usage d'insecticides a été réduit de 70% - une bonne solution pour les paysans de pays pauvres, pour qui ces produits posent de réels problèmes financiers.
Les auteurs de cette étude sont Martin Quaim et David Zilberman du Centre de Recherche pour le Développement à Bonn et de l'Université de Berkely. Ils en concluent que les plantes génétiquement modifiées, en tenant compte des conditions locales, peuvent contribuer à augmenter la productivité des pays en voie de développement tout en réduisant les coûts pour les paysans.
Source : Science 299:900-902 (2003)
Le nouveau maïs GM se protège contre la sésamie
La sésamie, un insecte ravageur qui se nourrit des racines de la plante de maïs, cause chaque année des dégâts de plus d'un milliard de US$ rien qu'aux Etats-Unis. Le combat contre ce parasite s'avère difficile, car les larves vivent sous le sol et sont difficiles à atteindre avec des insecticides classiques. La sésamie se répand de plus en plus en Europe. Le combat contre aucun autre parasite ne nécessite une aussi grande quantité d'insecticides.
Monsanto a développé une nouvelle sorte de maïs génétiquement modifié produisant dans les racines une sorte d'insecticide naturel qui coupe l'appétit des larves. Issue de la bactérie Bacillus thuringensis, la protéine Cry3Bb1 rend la paroi intestinale de la larve de la sésamie perméable et la détruit. Cette protéine Bt est totalement inoffensive pour les humains et les mammifères. Des expériences en plein champ ont prouvé que la protection des plantes de maïs contre des ravageurs est beaucoup plus efficace grâce à cette nouvelle technologie.
Fin février et début mars 2003 Monsanto a reçu l'autorisation de commercialiser cette nouvelle sorte aux Etats-Unis et au Canada sous le nom de « YieldGard Rootworm ». Pour prévenir une résistance des insectes à la protéine Bt, 20% de la surface devra être cultivée avec du maïs traditionnel. Les agriculteurs sont très intéressés par cette méthode.
Source : Monsanto, Bio-scope.org
Plantes utiles GM gagnent du terrain
La surface utilisée pour la culture de plantes génétiquement améliorées augmente mondialement. L'ISAAA est une organisation qui soutient le transfert de méthodes de culture biotechnologiques dans des pays en voie de développement. Ils évoquent dans un résumé l'importance de ces technologies pour les pays industriels et pour les pays en voie de développement.
En 2002, la surface mondiale cultivée avec du soja transgénique a pour la première fois dépassé celle du soja normal. Les plantes transgéniques ont été cultivées sur 36 millions d'hectares, ce qui représente 51%. D'autres plantes GM importantes sont le maïs (12 millions d'ha), le coton (près de 7 millions d'ha) et le colza (3 millions d'ha). En tout, 58 millions d'hectares dans 16 pays ont été cultivés avec des plantes GM; cela correspond a une augmentation de 12% par rapport à l'année 2001. Les cultures principales se trouvent aux Etats-Unis, en Argentine, au Canada et en Chine. Le nombre de pays qui utilisent ces méthodes augmente constamment: l'Inde, la Colombie, le Honduras et les Philippines s'y sont ajoutés dans les 12 derniers mois. A peu près trois quarts des 6 millions de paysans qui cultivent des plantes GM viennent de pays en voie de développement. Ces pays peuvent beaucoup profiter des nouvelles technologies car la lutte antiparasitaire donne moins de travail et devient considérablement moins chère. Cela contribue a une amélioration de la condition de vie de la population rurale.
Source : Neue Zürcher Zeitung, 12.3.03; International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applikations (ISAAA).
BATS publie une liste des plantes utiles génétiquement modifiées
Beaucoup de pays autorisent la culture en plein champ de plantes génétiquement modifiées pour une utilisation scientifique ou commerciale. Il n'est pas facile de s'y retrouver, étant donné le nombre de plantes autorisées, les méthodes et les gènes utilisés ainsi que les règlements des différents pays. C'est pour cela que le BATS (Zentrum für Biosicherheit und Nachhaltigkeit) à Bâle a publié début mars 2003 une liste de toutes les plantes utiles génétiquement modifiées autorisées dans le monde. Cette liste contient des informations détaillées pour chaque ligne de plante sur la méthode de transformation, les gènes introduits ainsi que l'état actuel de l'autorisation. Ce document de 213 pages (Genetically modified (GM) crops : molecular and regulatory details) est mis à jour régulièrement et peut être téléchargé gratuitement sous http://www.gmo-watch.org/.
Entomologistes exigent l'autorisation du maïs Bt
Les plantes utiles génétiquement modifiées, qui se protègent elles-mêmes contre les parasites en produisant de la toxine Bt, sont soutenues par les entomologistes.
Bien que des études aient montré que l'influence de la toxine Bt sur les insectes et l'environnement est minimale, beaucoup de personnes ont encore une attitude très critique envers cette technologie. Les participants du 7ième congrès Européen pour l'Entomologie à Thessalonique ont évalué les différentes méthodes de culture. Ils en concluent que le maïs Bt est nettement moins nocif pour l'environnement que le maïs traditionnel; cela grâce à sa résistance aux parasites, à une augmentation de la qualité de production et à la réduction de l'utilisation des ressources (produits de protection des cultures et énergie). La résolution prise par les participants du congrès permettra d'encourager les autorisations de culture commerciale de maïs Bt.
Source : Resolution of participants of the 7th European Congress of Entomology (de Dr. Philippos Ioannidis, Prof. Klaus H. Hoffman)
Le scepticisme parmi la population rend l'Union Européenne peu intéressante pour des entreprises biotechnologiques
L'usage de la biotechnologie dans le domaine médical est approuvé par une grande partie des Européens. Dans le domaine de l'agriculture et de l'alimentation, l'opinion européenne est beaucoup plus critique. Par conséquent, la biotechnologie européenne risque de se faire dépasser par la concurrence américaine et asiatique. Le futur de cette branche est incertain, par manque de capitaux pour de nouveaux investissements. 61% des entreprises interrogées ont dû supprimer des projets dans le domaine biotechnologique. Les demandes pour des expériences en plein champ avec des organismes génétiquement modifiés (OGM) ont augmenté de 76% depuis 2001. Philippe Busquin, commissaire européen pour la recherche, avertit que l'Europe risque de perdre sa chance de participer au développement d'une technologie en pleine croissance et de devenir dépendante d'autres pays.
Source : Frankfurter Allgemeine Zeitung, 28.02.2003 ; CORDIS Nachrichten 18.03.2003