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"Riz doré 2": Un gène issu du maïs permet de produire plus de provitamine A
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Plants de riz
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La carence en vitamine A est répandue dans de nombreux pays en voie
de développement. Des troubles de la vue allant jusqu'à la perte définitive
de la vue peuvent en être la conséquence, tout comme une plus grande
réceptivité aux maladies en général. Les enfants sont particulièrement
concernés: l'on suppose que des centaines de milliers d'enfants d'Asie du
Sud-Est perdent la vue chaque année à cause d'un manque de vitamine A
dans le monde il s'agirait même d'un million d'enfants qui en meurent
chaque année. Ce problème touche souvent les populations pauvres qui
se nourrissent essentiellement de riz, car le riz décortiqué, comme le
consomment les gens dans ces pays pour des raisons pratiques, ne
contient presque pas de provitamine A (beta-carotène).
Un régime enrichi en vitamine A ou plus varié pourrait combler le
manque, mais la réalisation pratique de ces approches est souvent
problématique. Une alternative possible a été développée il y a cinq ans
par des chercheurs de l'EPF de Zurich et de l'Université de Fribourg en
Brisgau. Il s'agit du "riz doré", une variété de riz génétiquement modifié
qui produit la provitamine A dans son grain. L'enrichissement d'aliments
de base possède de grands avantages: les paysans des pays en voie de
développement peuvent ainsi produire une source de vitamine pour
combler le manque, sans dépendre de l'approvisionnement extérieur. Un
changement de régime n'est donc plus nécessaire.
Deux gènes ont été introduits pour que le riz ait la capacité de synthétiser
de la provitamine A: l'un provient d'une bactérie (
crtI) et l'autre de la
jonquille (
psy) qui produit également des caroténoïdes dans ses fleurs
jaunes. Les grains de ces riz modifiés contenaient en effet de la
provitamine A, ce qui leur a donné un aspect doré, d'ou le nom "riz doré".
La quantité produite serait probablement suffisante pour réduire
significativement les maladies causées par le manque de vitamine A, mais
la première version du "riz doré" ne pouvait pas satisfaire le besoin total
en cette vitamine. C'est pourquoi certaines personnes ont qualifié d'échec
ce développement.
Un groupe de chercheurs autour de Rachel Drake du centre de recherche
de Syngenta à Jealott's Hill en Grande-Bretagne, a réussi à augmenter
nettement la teneur du riz en provitamine A. Cette nouveauté a été
présentée fin mars dans une prépublication de la revue spécialisée Nature
Biotechnology. Les scientifiques ont voulu trouver une alternative plus
performante que le gène
psy produit par les jonquilles, et ont cherché des
gènes apparentés dans des plantes de riz, de tomates, de paprica et de
maïs. Les plantes transgéniques comportant un gène
psy issu du maïs
contenaient 37 microgrammes/g de caroténoïdes, soit une quantité 23
fois supérieure à celle du "riz doré".
La teneur en provitamine A du "riz doré 2" est maintenant suffisamment
élevée pour couvrir une grande partie du besoin journalier. Il est
cependant nécessaire d'examiner la biodisponibilité de la provitamine A
provenant du riz et d'introduire par croisements la nouvelle propriété
génétique dans des variétés de riz adaptées aux conditions locales.
Syngenta a fait don des nouvelles lignées de riz au "Golden Rice
Humanitarian Board", un comité humanitaire sous la direction d'Ingo
Potrykus et de Peter Beyer, les pères fondateurs du "riz doré". La culture
de "riz doré" est exempte de taxes pour les licences et les patentes si son
but est humanitaire et non commercial et si elle ne rapporte pas plus de
10,000 $US par an aux cultivateurs. De cette manière, l'autosuffisance et
les petits commerces des paysans dans les pays pauvres seraient
soutenus, et ainsi l'apport de vitamine A à la population locale.
Le prochain obstacle à surmonter après les défis scientifiques sont les
autorisations dans les pays destinés à la culture de ces plantes. Les
démarches nécessaires varient de pays à pays et demandent beaucoup
d'efforts. Il est donc probable qu'il faille encore beaucoup de temps pour
que le "riz doré" puisse accomplir sa tâche: combattre le manque en
vitamine A et assurer la santé dans les pays en voie de développement.
Sources: Jacqueline A. Paine et al. 2005, "Improving the nutritional value of Golden Rice through increased pro-vitamin A content", Nature Biotechnology advance online publication, 27. März 2005; "Goldener Reis - mehr Provitamin A dank Maisgen"; Life Sciences Aktuell (www.bio-pro.de), 21. 3. 2005; "Syngenta übergibt Goldenen Reis an humanitäres Komitee", Communiqué de presse de Syngenta, 14 octobre 2004.
OGM dans la nourriture pour animaux: Pas de différence pour les poules
Les fourrages OGM ont-ils une influence sur le bien-être des animaux et
sur la qualité des produits? Un groupe de travail de l'Institut de science
animale à l'EPF de Zurich a intensivement étudié cette question chez les
poules.
Des poules pondeuses et des poulets de chair ont reçu de la nourriture
standard du maïs conventionnel ou du maïs Bt176 génétiquement
modifié. Les deux variétés de maïs ont été comparées minutieusement,
mais ni la substance nutritive, ni la composition de la nourriture en
général n'ont présenté de différences. En conséquence, la croissance des
poules, leur métabolisme et la quantité d'oeufs pondus sont comparables.
Le comportement et le bien-être des animaux ont également été évalués
et n'ont visiblement pas été influencés par la nourriture. En ce qui
concerne la viande et les oeufs, il n'existe aucune différence entre les
poules nourries au maïs OGM et les poules nourries de façon
conventionnelle.
Les chercheurs ont également retracé le destin du génome du maïs
présent dans la nourriture des poules: d'une part celui d'une séquence
génétique d'une plante de maïs naturelle, d'autre part celui du transgène
implanté. Pour cela, ils ont utilisé une technologie hypersensible nommée
PCR. Les deux séquences du génome ont été rapidement décomposées
dans l'appareil digestif des poules et n'ont pas laissé de traces dans les
excréments ni dans les oeufs. Le fragment transgénique du maïs OGM n'a
pas été détecté dans la viande ni dans le sang des poules. Par contre, un
minuscule fragment d'ADN de maïs naturel a été retrouvé, ce qui prouve
que l'intégration de morceaux d'ADN dans le corps par la nourriture est un
processus tout à fait naturel.
Sources: Karin Aeschbacher et al. 2005, "Bt176 corn in poultry nutrition: physiological characteristics and fate of recombinant plant DNA in chickens", Poultry Sci. 84:385-394; "Bt-genfreies Fleisch - Ernährungsbiologen untersuchen Bt-Maisfutter", ETH Life Webjournal, 14. 3. 2005 .
Champs d'OGM en Allemagne: Registre des parcelles OGM
La loi allemande sur le génie génétique, en vigueur depuis février 2005,
prévoit un registre public des parcelles OGM dans lequel les agriculteurs
sont tenus à inscrire les cultures commerciales de plantes OGM au moins
trois mois avant le semis. Le registre contient des informations sur
l'emplacement et la limite des cultures OGM. L'accès public aux
informations détaillées concernant les parcelles était prévu; mais il sera
probablement restreint et uniquement accessible aux personnes
concernées (comme par exemple aux voisins) à la suite d'un changement
de la loi allemande sur le génie génétique. Environ 100 parcelles (1000
ha) sont enregistrées à l'heure actuelle, dont une majorité est destinée au
maïs Bt, une variété résistante aux insectes. La plupart des parcelles se
trouvent en Allemagne de l'Est, mais quelques-unes aussi en Bavière et au
Bade-Würtemberg mais aucune à proximité de la frontière suisse.
Les résultats de cultures expérimentales effectuées l'année dernière en
Allemagne avaient démontré qu'une séparation de 20 mètres entre les
champs OGM et non-OGM est suffisante: de cette manière la transmission
du pollen OGM reste faible et le seuil de tolérance de 0,9% n'est pas
dépassé.
Sources: "Standortregister gibt Auskunft über Flächen mit gentechnisch veränderten Pflanzen", Communiqué de presse "Deutschen Bundesamts für Verbraucherschutz und Lebensmittelsicherheit", 2 février 2005; "Anbauflächen gv- Pflanzen: Das Standortregister", www.transgen.de; accès direct au registre: www.bvl.bund.de/standortregister.htm; "Ergebnisse Silomais: GVO-Einträge nur in unmittelbarer Nachbarschaft", www.erprobungsanbau.de.
OGM en Amérique latine: Le Brésil et le Mexique autorisent la culture de plantes
Plusieurs pays d'Amérique du Sud produisent des plantes utiles
génétiquement modifiées. L'Argentine est le deuxième producteur mondial
d'OGM juste après les Etats-Unis, et cultive des plantes OGM sur 16,2
millions d'ha. Le Brésil a également connu une forte extension ces
dernières années et compte aujourd'hui 5 millions d'ha de cultures OGM
les semences OGM ont d'abord été importées de manière clandestine,
puis légalisées provisoirement. Ces dernières semaines, les parlements
des deux pays ont adopté des nouvelles lois permettant aux agriculteurs
de cultiver et de vendre des produits OGM légalement et durablement.
Ces lois comprennent aussi des règles d'étiquetage de produits issus
d'OGM.
Sources: "Brasilien lässt GVO-Anbau offiziell zu", Schweizer Bauer, 9. 3. 2005; "Brazil says 'yes' to GM crops and stem cell research", www.SciDev.Net, 7 mars 2005; "Mexico approves planting and sale of GM crops", www.SciDev.Net, 2 février 2005
Préavis: Journées de la recherche en génétique du 7 mai au 11 juin 2005

Les septièmes "Journées de la recherche en génétique" auront lieu cette
année et invitent une fois de plus à une rencontre entre la science et la
société. Vous aurez la possibilité de découvrir les différents aspects du
génie génétique pendant la quarantaine de manifestations qui auront lieu
dans 11 villes suisses. Des exposés, des cafés scientifiques et des visites
guidées offriront à toute personne intéressée l'occasion de s'informer sur
le travail quotidien des chercheurs en génétique. Le sujet principal de
cette année s'intitule "Gènes et vieillissement" et les thèmes proposés
comprendront la recherche sur le cancer, les analyses de l'ADN ainsi que
la nanotechnologie et la biotechnologie des plantes. De plus, tout visiteur
aura la chance de participer à un concours exceptionnel, dont le gagnant
recevra une médaille comportant son propre ADN sous plexiglas.
Internutrition sera aussi présent: le 14 mai 2005 à Hirschenplatz à Zurich.
Notre stand, en collaboration avec des chercheurs de l'EPFZ et de
l'Université de Zurich, aura pour thème "L'emploi du génie génétique en
biologie végétale et en agriculture - OEuvre du diable ou méthode
miraculeuse?"
Informations: Informations: Le programme détaillé des journées de la recherche en
génétique est disponible sur le site www.jours-du-gene.ch, et peut également être
commandé sous forme imprimée. Pour tout renseignement écrit: Secrétariat
"Journées de la recherche en génétique", c/o Gen Suisse, Case postale, 3000
Berne 15.
Texte: Jan Lucht
Traduction: J-Ph. Rüegg