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No. 113 mars 2011

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Plantes biotechnologiques : Effets positifs sur la biodiversité et la durabilité
Jeune plant de soja dans un champ non labouré : le recouvrement du sol est avantageux pour la biodiversité et le protège de l'érosion.
Avant l'année internationale de la biodiversité en 2010, l'humanité était déjà consciente de l'importance de la biodiversité comme base pour un écosystème intact et comme ressource pour la population. De quelle manière les cultures croissantes de plantes génétiquement modifiées influencent-elles la biodiversité ? Janet E. Carpenter se penche depuis longtemps sur les effets économiques et écologiques des plantes transgéniques et a résumé dans un article les résultats de 155 publications. Elle en conclut que les plantes OGM cultivées actuellement ont contribué à réduire l'impact de l'agriculture sur la biodiversité.
Il existe de nombreuses études sur les effets des plantes biotechnologiques sur la flore et la faune environnantes. Les organismes du sol comme les bactéries, les insectes et les vers sont à peine concernés. Le contrôle efficace par herbicides totaux des plantes adventices peut avoir un effet sur les animaux qui s'en nourrissent. Des effets similaires ont été observés dans des champs de plantes Bt résistantes aux insectes ; certaines espèces prédatrices se nourrissant d'insectes nuisibles ont trouvé moins de nourriture. En somme, la biodiversité dans les champs de plantes Bt était en général plus grande que dans les champs traités par insecticides.
Les augmentations du rendement générées par la « biotechnologie verte » varient selon les cultures et les régions. Dans les pays industrialisés, le rendement des cultures est accru de 6% en moyenne. Dans les pays en voie de développement, ce chiffre est de 29%, car il existe moins d'alternatives pour protéger les cultures en raison des ressources limitées. Un meilleur rendement veut dire moins de pression pour agrandir les surfaces agricoles, donc plus de biodiversité sur les sites naturels. En même temps, les plantes résistantes aux insectes permettent de réduire l'emploi d'insecticides ; les plantes tolérantes aux herbicides totaux permettent d'utiliser des herbicides moins nocifs pour l'environnement. De plus, les plantes tolérantes aux herbicides facilitent la transition vers des cultures sans labour dont profite la biodiversité. En Argentine, la part des champs cultivés sans labour représentait environ un tiers avant l'introduction de ces plantes, et a atteint aujourd'hui 80%.
Les mêmes qualités qui rendent les plantes biotechnologiques bénéfiques pour la biodiversité sont également avantageuses écologiquement et économiquement pour les trois piliers de la durabilité. Dans la dimension sociale s'ajoutent des effets positifs pour la santé humaine, grâce à diminution de la pollution par pesticides et à l'amélioration de la qualité des aliments - Raymond Parker et ses collaborateurs britanniques le démontrent également dans leur étude actuelle.
Sources: Janet E. Carpenter 2011, "Review: Impacts of GM crops on biodiversity", GM Crops Volume 2, Issue 1 (January/February/March 2011); Raymond Park et al. 2011, "The role of transgenic crops in sustainable development", Plant Biotechnology Journal 9:2~21.

Revenu en agriculture : La culture de plantes transgéniques pourrait accroître le bénéfice des paysans européens
Les plantes biotechnologiques poussent sur plus de 10% des surfaces agricoles dans le monde ~ en Europe, leur part représente moins d'un millier. Les processus d'autorisation laborieux pour la culture de plantes OGM en sont la cause, tout comme la disponibilité limitée de plantes autorisées (maïs Bt et pomme de terre Amflora), des conditions cadres défavorables et l'interdiction de la culture dans certains pays. Quelles sont les conséquences des restrictions de la culture d'OGM dans les pays de l'UE, et a quels revenus ces derniers renoncent-ils ? Des chercheurs britanniques de l'Université de Reading l'ont calculé et ont obtenu un chiffre étonnant : entre 443 et 929 millions d'Euros de bénéfices supplémentaires seraient possibles chaque année si les plantes OGM disponibles dans d'autres pays étaient cultivées dans l'UE. Ils ont basé leurs estimations sur des essais en plein champ et les expériences réelles de pays laissant aux agriculteurs le libre choix de la méthode de production.
8,5 millions d'ha de cultures de maïs Bt seraient possibles dans l'UE ; elles pourraient générer un surplus de 334 millions d'Euros grâce à la réduction des coûts pour combattre les ravageurs. Les agriculteurs italiens profiteraient particulièrement de ce développement, car leurs champs sont spécialement touchés par les insectes nuisibles. Les betteraves sucrières et le colza tolérant aux herbicides pourraient être cultivés à grande échelle dans l'UE, et feraient croître le revenu de 318 millions d'Euros (betteraves sucrières) et de 219 millions d'Euros (colza). Le coton résistant aux insectes et le soja tolérant aux herbicides pourraient également contribuer au développement. D'après les auteurs, les plantes transgéniques présenteraient non seulement des avantages économiques, mais aussi des avantages pour la biodiversité et la durabilité. Ils estiment que l'introduction de nouvelles propriétés (tolérance à la sécheresse et au sel, augmentation de l'efficacité des engrais, amélioration des ingrédients) mènera en Europe à une nouvelle augmentation des coûts liés au renoncement aux OGM, ce qui limitera progressivement la compétitivité des agriculteurs européens au niveau international.
Sources: Julian Park et al. 2011, "The impact of the EU regulatory constraint of transgenic crops on farm income", New Biotechnology (online 25. 01. 2011), DOI:10.1016/j.nbt.2011.01.005

PNR59 : Blé transgénique en plein champ résistant au mildiou
Au cours de l'évolution, le blé a développé de nombreuses variantes de gènes de résistance pour combattre des maladies comme le mildiou. Cependant, certaines variétés ne disposent que d'un nombre limité de tels gènes. La transmission par croisements classiques de propriétés de résistance d'une variété de blé à l'autre est en principe possible, mais nécessite beaucoup de temps. Lors de ce processus, des propriétés désirées sont fréquemment perdues. Est-il possible d'accélérer le développement de nouvelles variétés à l'aide du génie génétique ? Si cela est le cas, que doit-on respecter? La dissémination expérimentale de blé génétiquement modifié, effectuée dans le cadre du PNR 59, a été conçue pour répondre à de telles questions. L'été dernier, des résultats de l'année 2008 ont été présentés, traitant de l'interaction entre les plantes et l'environnement (voir POINT No. 105 ~ juillet 2010) . Des chercheurs autour de Beat Keller de l'Université de Zurich et de la station de recherche Agroscope ART Reckenholz ont récemment présenté des données sur la résistance aux champignons en plein champ datant des trois dernières années (2008-10).
Après avoir transmis à la variété Bobwhite sensible aux champignons le gène Pm3b, présent dans la variété Chul d'Ouzbékistan, les chercheurs ont analysé quatre lignées de blé transgénique issues de cette modification quant à leur sensibilité au mildiou. Ils ont constaté que les plantes transgéniques étaient nettement moins sensibles au mildiou que la variété Bobwhite, aussi bien en laboratoire qu'en plein champ lors d'exposition accrue aux agents pathogènes. Les chercheurs ont donc réussi à transmettre génétiquement les propriétés de résistance. Cependant, trois des quatre lignées présentent des changements dans la couleur des feuilles, ainsi qu'une légère diminution de la taille et de la fertilité ~ éventuellement en raison d'une trop forte lecture du gène de résistance. Pour de futures études, les chercheurs suggèrent de créer des plantes dont la lecture du gène de résistance n'a lieu que dans la couche extérieure des cellules, où a lieu le contact avec les spores de champignons.
Le fait que trois des quatre lignées de blé analysées ont présenté des effets secondaires indésirables n'a pas beaucoup surpris les chercheurs. D'après eux, il serait nécessaire de tester plusieurs centaines de lignées, entre autres en plein champ, pour développer une variété de blé transgénique pour le commerce ~ en raison des exigences extrêmement sévères pour les essais en plein champ en Suisse et dans l'UE, cela représenterait un travail immense qui dépasserait le cadre des projets de recherche effectués dans les écoles supérieures.
Source: Susanne Brunner et al. 2011, "Transgenic Pm3b wheat lines show resistance to powdery mildew in the field", Plant Biotech. J. (online 25. 03. 2011), DOI:10.1111/j.1467-7652.2011.00603.x

Interdictions d'OGM : La cessation de la culture de maïs Bt reste incertaine
Le maïs Bt MON810 résistant aux insectes a été cultivé en France jusqu'en 2007 avec beaucoup de succès. Mais la politique est intervenue : à la suite d'un sommet national sur l'environnement, le gouvernement français a décidé d'interdire à partir de 2008 la culture de ces plantes en raison de « doutes sérieux» en ce qui concerne la sécurité. Pour l'interdiction nationale de cette plante pourtant autorisée par l'UE, la France s'est appuyée sur la clause de sauvegarde instaurée par l'UE comme frein de secours quand apparaissent de nouvelles connaissances scientifiques sur de potentiels dangers. Le bien-fondé scientifique sur lequel se basent les arguments motivés politiquement a vite été remis en question. Il s'est avéré que la base juridique pour la cessation de la culture est également douteuse.
Dans son discours final du 22 mars devant la Cour de justice européenne, Paolo Mengozzi, l'avocat général, a fait remarquer que l'interdiction française ne reposait pas sur des bases légales. Contrairement aux réglementations précédentes, le règlement 1829/2003 concernant l'autorisation du MON810 et ne prévoit pas d'initiatives individuelles pour l'interdiction des cultures. Des mesures immédiates provisoires peuvent être prises par les pays européens uniquement lorsque la Commission européenne ne réagit pas aux demandes. Dans ce cas précis, la France a informé la Commission ultérieurement et a promulgué elle-même l'interdiction. D'après Paolo Mengozzi, une telle mesure devrait impliquer la constatation concrète de risques pour la santé et une forte probabilité que des dommages surviennent.
Une décision est attendue en été 2011; la Cour de justice n'est pas obligée de suivre la proposition de l'avocat général, mais elle s'y tient dans la plupart des cas. D'autres pays comme l'Allemagne et l'Autriche se sont également appuyés sur la clause de sauvegarde pour l'interdiction de cultures ~ d'après Paolo Mengozzi de manière non conforme. Le verdict est attendu avec impatience. La Commission avait discuté en février de critères plus « doux » pour l'interdiction nationale de cultures dans l'UE, mais un accord politique n'est pas en vue. La révision juridique des interdictions de cultures actuelles est indépendante d'éventuelles futures réglementations et pourrait nécessiter le respect d'interdictions courantes.
Sources: "Nationale Anbauverbote für gv-Mais könnten fallen", www.biotechnologie.de, 28.03.2011; Wortlaut der Schlussanträge des Generalanwalts Paolo Mengozzi (Verbundene Rechtssachen C~58/10 bis C~68/10), 22.03.2011; "Gentechnik: Kriterien für nationale Anbauverbote bleiben diffus", www.biosicherheit.de, 18.02.2011

Sécurité biologique : Un programme de recherche allemand analyse des plantes génétiquement modifiées
120 projets de recherche sur la sécurité biologique de plantes transgéniques ont été soutenus ces 20 dernières années par le Ministère allemand de l'éducation et de la recherche (BMBF). Les résultats d'un projet lancé en 2008 appelé « Sécurité biologique de plantes génétiquement modifiées » ont été présentés et discutés à Berlin le 30 mars 2011.
Comment la protéine Bt des plantes de maïs transgénique se lie-t-elle aux particules du sol. Quel est son effet sur les papillons et les vers de terre? Le maïs Bt peut-il nuire aux abeilles? Voilà quelques questions qui ont été traitées dans le cadre de ces projets. Cependant, tous les projets ne sont pas encore terminés. Malgré cela, le grand public a d'ores et déjà la possibilité de se faire une image du travail des chercheurs: sur les sites www.biosicherheit.de (en allemand) et www.gmo-safety.eu (en anglais) les projets, les résultats et les chercheurs eux-mêmes sont présentés. Des articles compréhensibles, ainsi que des vidéos et des animations illustrent les rapports souvent complexes. On y trouve également différents avis sur la « biotechnologie verte ». Une approche exemplaire pour rendre plus transparente la recherche en matière de biosécurité!
Sources: "Aktuelle Forschung liefert keine Belege für ökologische Schäden", Pressemitteilung Bundesministerium für Bildung und Forschung (D), 30.3.2011; Website www.biosicherheit.de

Journées de la recherche en génétique : Recherche de pointe dans les salles de classe
Tage der Genforschung
Pourquoi le génie génétique est-il important pour la recherche sur le cerveau? Comment peut-elle contribuer à mettre des criminels derrière des barreaux? Comment peut-elle soutenir le traitement de maladies du sang? Dans le cadre des Journées de la recherche en génétique, les chercheurs visiteront cette année les salles de classe afin de présenter les dernières tendances et applications des sciences biologiques. Crées en 1999, les Journées de recherche en génétique ont été conçues pour faire le lien entre les sciences biologiques et la population. Cette année, l'accent sera mis sur les visites de classes. Les classes et les enseignants intéressés peuvent choisir parmi un grand nombre de sujets.
Pour le programme des « Journées de la recherche en génétique » et les inscriptions, veuillez consulter le site www.jours-du-gene.ch.

Texte: Jan Lucht
Traduction: J-Ph. Rüegg

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