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Diagnostic génétique en pomiculture: La sélection assistée par marqueurs accélère le développement
Des pommiers de trop haute taille empêchent une production efficace de
pommes; leur entretien et la récolte demandent beaucoup d'efforts. De
plus, ils portent les fruits relativement tard. C'est pour cela qu'on se sert
depuis de nombreuses années d'une astuce fréquemment utilisée en
horticulture: des branches de la variété de pomme désirée sont greffées
sur le tronc d'un porte-greffes. On obtient ainsi des arbres nains, ayant la
possibilité de produire toutes les sortes de pommes désirées. Il existe une
immense variété de pommes, entre autre des variétés très anciennes,
mais le choix des arbres convenables comme porte-greffes est très limité.
La culture de nouvelles variétés de porte-greffes nécessite beaucoup de
temps, ce qui pose un grand problème. Après le croisement, il faut à peu
près 12 ans pour pouvoir déterminer si un arbre a bien la taille naine
désirée une nouvelle variété nécessite en tout 30 ans jusqu'à sa
commercialisation. Aux Etats-Unis, des scientifiques du Centre de
recherches du ministère de l'agriculture ont réussi à réduire ce délai de
moitié. Après avoir construit une carte génétique de la pomme, ils ont
réussi à déterminer le gène responsable de la taille naine et a créer un
test à l'aide de marqueurs moléculaires. Il est possible, en ayant recours à
l'analyse génétique, d'examiner un grand nombre de jeunes pommiers et
d'identifier les plantes prometteuses, avant qu'elles deviennent des
arbres. Le temps nécessaire pour la culture de nouvelles variétés peut
ainsi être réduit de moitié, donc à 15 ans à la place de 30.
Plusieurs instituts suisses utilisent cette méthode de sélection assistée par
marqueurs pour la pomiculture entre autres pour rendre des variétés
plus résistantes aux maladies, sans utiliser de produits de protection des
cultures. Ceci est particulièrement important pour la production intégrée
"PI" et la culture biologique. Le génie génétique est utilisé comme
instrument diagnostique pour la méthode de sélection assistée par
marqueurs les plantes mêmes ne sont pas génétiquement modifiées.
Pour cela, cette méthode est aussi appréciée en agriculture biologique.
Sources: "Short Apple Trees, Faster and Healthier", Agricultural Research (novembre 2003), 18-19; "Markergestützte Züchtung für den nachhaltigen Obstbau (IP und Bio), Genressourcen im Obstbau", Schweiz. Forschungsinformationssystem ARAMIS
Protection des plantes à l'aide de la biotechnologie: La pyramide génétique freine la résistance de ravageurs
Depuis 1996, on cultive à grande échelle des plantes biotechnologiques,
capables de se protéger elles-mêmes contre des ravageurs grâce à
l'implantation d'un gène bactérien Bt. On ne peut exclure à long terme
une adaptation des insectes aux plantes biotechnologiques et une
résistance à la protéine Bt, bien que ce phénomène n'ait jamais été
observé dans la nature jusqu'à présent.
Cela fait longtemps que des chercheurs du domaine de l'amélioration des
plantes souhaitent regrouper les capacités de défence de plusieurs plantes
en une seule. Celle-ci serait moins sensible aux ravageurs et aux
maladies. Ceci est un long processus que l'on appelle "pyramiding". Des
chercheurs de l'Université Cornell aux Etats-Unis ont étudié l'efficacité de
ce concept à l'aide de plantes génétiquement modifiées. Ils ont implanté
deux types de gènes Bt (Cry1Ac et Cry1C) dans des plantes de broccoli, et
ont ensuite étudié sous serre si la teigne des crucifères (Plutella
xylostella) a la capacité de s'adapter aux plantes.
Même en choisissant des teignes de crucifères déjà résistantes à l'un des
deux gènes Cry1Ac ou Cry1C, on n'a, sur plusieurs générations d'insectes,
pratiquement pas trouvé de ravageurs sur les broccolis dotés de deux
gènes protecteurs. En revanche, les teignes des crucifères se répandent
rapidement sur les plantes qui ne possèdent qu'un gène protecteur. Cela
montre que le concept de la "pyramide génétique" devrait aussi ralentir le
développement de ravageurs résistants en pleine nature. Plusieurs
variétés de plantes biotechnologiques contenant deux gènes protecteurs
Bt différents sont actuellement en phase de développement pour être
commercialisées. Les premières plantes de cotton ayant deux gènes Bt
ont déjà été autorisées aux Etats-Unis et en Australie.
Sources: Jian-Zhou Zhao et al. 2003, "Transgenic plants expressing two Bacillus thuringiensis toxins delay insect resistance evolution".
Nature Biotechnology 21:1493-1497 (Edition décembre 2003).
Coexistence au Danemark: Le voisinage de plantes OGM et de plantes conventionnelles est possible
Le président du Conseil agricole danois a annoncé que des plantes
génétiquement modifiées seraient peut-être déjà cultivées dès l'année
prochaine au Danemark. Un comité d'experts a confirmé, après des
études minutieuses, qu'une coexistence entre des plantes OGM et des
plantes conventionnelles est possible dans beaucoup de cas, par exemple
pour le maïs, les betteraves, les pommes de terre et les céréales.
Cependant, il est important de suivre des règles pour minimiser le
mélange des variétés. D'autres plantes comme le colza, l'herbe et le trèfle
nécessitent plus d'attention et des mesures de précaution plus vastes. Le
Danemark prépare actuellement un ensemble de règles concernant la
coexistence. Elles pourraient donner une nouvelle impulsion à la
législation européenne.
Sources: "Danish farmers set to grow GMOs" DR Nyheder,
19.11.2003; "Report from the Danish Working Group on the coexistence of genetically modified crops with conventional and organic crops (PDF)", Etude du Ministère de l'agriculture danois, 2003-12-16
Recherche biotechnologique en Inde: Premières expériences en plein champ
L'ambrevade Cajanus cajan fait partie des principales légumineuses à
graines des pays tropicaux et subtropicaux. Ce pois est cultivé
principalement en Inde, où 2.6 millions de tonnes sont produites chaque
année. La chenille Helicoverpa armigera est le principal ravageur de
l'ambrevade; elle est responsable de la moitié des pertes de récoltes dues
à des insectes. Des mesures de protection contre cet insecte ravageur
sont donc de grande importance pour l'agriculture indienne. Des travaux
de recherche sont effectués entre autres à l'ICRISAT, un centre de
recherche agricole international à Hyderabad en Inde.
14'000 variétés d'ambrevade ont été testées afin de trouver une plante
résistante aux insectes de façon naturelle sans succès. Les chercheurs
ont quandmême réussi à cultiver des plantes résistantes à la chenille
grâce à des méthodes biotechnologiques. Pour cela, ils ont utilisé la
méthode Bt qui a déjà prouvé son efficacité auprès d'autres plantes et qui
consiste à implanter le gène Cry1Ab, lequel agit comme insecticide
naturel. Après des examens détaillés de la plante et des essais
préliminaires prometteurs, les chercheurs ont reçu l'autorisation pour des
essais en plein champ. D'après William Dar, directeur général de
l'ICRISAT, ces travaux sont un pas important pour satisfaire les besoins
des agriculteurs des zones tropicales semi-arides.
Sources: "SATrends", newsletter mensuel de l'ICRISAT, Edition novembre 2003
Loi sur le génie génétique: La nouvelle LGG entrera en vigueur en janvier 2004
Le parlement a adopté au printemps 2003 la nouvelle loi sur le génie
génétique en Suisse. Vu l'importance et l'actualité de ce thème, le Conseil
fédéral tient à ce que cette loi entre en vigueur le plus vite possible, et a
donné en novembre son approbation pour les modifications
d'ordonnances. La LGG peut ainsi entrer en vigueur le 1er janvier 2004.
La LGG contient des réglementations complètes pour une utilisation
responsable du génie génétique et garantit la protection des humains et
de l'environnement. Les réglementations établies concernant la
responsabilité civile ont été renforcées. La production de vertébrés
génétiquement modifiés sera interdite. La liberté de choix des
consommateurs est garantie par une déclaration des produits
génétiquement modifiés et par une loi protégeant la production de
denrées alimentaires génétiquement non-modifiées.
Sources: "Neues Gentechnikgesetz gültig ab 1.1.2004" OFEFP communiqué de presse du 19.11.2003
Texte: Jan Lucht
Traduction: J-Ph. Ruegg