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novembre 2003

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Diagnostic génétique en pomiculture: La sélection assistée par marqueurs accélère le développement
Des pommiers de trop haute taille empêchent une production efficace de pommes; leur entretien et la récolte demandent beaucoup d'efforts. De plus, ils portent les fruits relativement tard. C'est pour cela qu'on se sert depuis de nombreuses années d'une astuce fréquemment utilisée en horticulture: des branches de la variété de pomme désirée sont greffées sur le tronc d'un porte-greffes. On obtient ainsi des arbres nains, ayant la possibilité de produire toutes les sortes de pommes désirées. Il existe une immense variété de pommes, entre autre des variétés très anciennes, mais le choix des arbres convenables comme porte-greffes est très limité.
La culture de nouvelles variétés de porte-greffes nécessite beaucoup de temps, ce qui pose un grand problème. Après le croisement, il faut à peu près 12 ans pour pouvoir déterminer si un arbre a bien la taille naine désirée ­ une nouvelle variété nécessite en tout 30 ans jusqu'à sa commercialisation. Aux Etats-Unis, des scientifiques du Centre de recherches du ministère de l'agriculture ont réussi à réduire ce délai de moitié. Après avoir construit une carte génétique de la pomme, ils ont réussi à déterminer le gène responsable de la taille naine et a créer un test à l'aide de marqueurs moléculaires. Il est possible, en ayant recours à l'analyse génétique, d'examiner un grand nombre de jeunes pommiers et d'identifier les plantes prometteuses, avant qu'elles deviennent des arbres. Le temps nécessaire pour la culture de nouvelles variétés peut ainsi être réduit de moitié, donc à 15 ans à la place de 30.
Plusieurs instituts suisses utilisent cette méthode de sélection assistée par marqueurs pour la pomiculture ­ entre autres pour rendre des variétés plus résistantes aux maladies, sans utiliser de produits de protection des cultures. Ceci est particulièrement important pour la production intégrée "PI" et la culture biologique. Le génie génétique est utilisé comme instrument diagnostique pour la méthode de sélection assistée par marqueurs ­ les plantes mêmes ne sont pas génétiquement modifiées. Pour cela, cette méthode est aussi appréciée en agriculture biologique.
Sources: "Short Apple Trees, Faster and Healthier", Agricultural Research (novembre 2003), 18-19; "Markergestützte Züchtung für den nachhaltigen Obstbau (IP und Bio), Genressourcen im Obstbau", Schweiz. Forschungsinformationssystem ARAMIS

Protection des plantes à l'aide de la biotechnologie: La pyramide génétique freine la résistance de ravageurs
Depuis 1996, on cultive à grande échelle des plantes biotechnologiques, capables de se protéger elles-mêmes contre des ravageurs grâce à l'implantation d'un gène bactérien Bt. On ne peut exclure à long terme une adaptation des insectes aux plantes biotechnologiques et une résistance à la protéine Bt, bien que ce phénomène n'ait jamais été observé dans la nature jusqu'à présent.
Cela fait longtemps que des chercheurs du domaine de l'amélioration des plantes souhaitent regrouper les capacités de défence de plusieurs plantes en une seule. Celle-ci serait moins sensible aux ravageurs et aux maladies. Ceci est un long processus que l'on appelle "pyramiding". Des chercheurs de l'Université Cornell aux Etats-Unis ont étudié l'efficacité de ce concept à l'aide de plantes génétiquement modifiées. Ils ont implanté deux types de gènes Bt (Cry1Ac et Cry1C) dans des plantes de broccoli, et ont ensuite étudié sous serre si la teigne des crucifères (Plutella xylostella) a la capacité de s'adapter aux plantes.
Même en choisissant des teignes de crucifères déjà résistantes à l'un des deux gènes Cry1Ac ou Cry1C, on n'a, sur plusieurs générations d'insectes, pratiquement pas trouvé de ravageurs sur les broccolis dotés de deux gènes protecteurs. En revanche, les teignes des crucifères se répandent rapidement sur les plantes qui ne possèdent qu'un gène protecteur. Cela montre que le concept de la "pyramide génétique" devrait aussi ralentir le développement de ravageurs résistants en pleine nature. Plusieurs variétés de plantes biotechnologiques contenant deux gènes protecteurs Bt différents sont actuellement en phase de développement pour être commercialisées. Les premières plantes de cotton ayant deux gènes Bt ont déjà été autorisées aux Etats-Unis et en Australie.
Sources: Jian-Zhou Zhao et al. 2003, "Transgenic plants expressing two Bacillus thuringiensis toxins delay insect resistance evolution". Nature Biotechnology 21:1493-1497 (Edition décembre 2003).

Coexistence au Danemark: Le voisinage de plantes OGM et de plantes conventionnelles est possible
Le président du Conseil agricole danois a annoncé que des plantes génétiquement modifiées seraient peut-être déjà cultivées dès l'année prochaine au Danemark. Un comité d'experts a confirmé, après des études minutieuses, qu'une coexistence entre des plantes OGM et des plantes conventionnelles est possible dans beaucoup de cas, par exemple pour le maïs, les betteraves, les pommes de terre et les céréales. Cependant, il est important de suivre des règles pour minimiser le mélange des variétés. D'autres plantes comme le colza, l'herbe et le trèfle nécessitent plus d'attention et des mesures de précaution plus vastes. Le Danemark prépare actuellement un ensemble de règles concernant la coexistence. Elles pourraient donner une nouvelle impulsion à la législation européenne.
Sources: "Danish farmers set to grow GMOs" DR Nyheder, 19.11.2003; "Report from the Danish Working Group on the coexistence of genetically modified crops with conventional and organic crops (PDF)", Etude du Ministère de l'agriculture danois, 2003-12-16

Recherche biotechnologique en Inde: Premières expériences en plein champ
L'ambrevade Cajanus cajan fait partie des principales légumineuses à graines des pays tropicaux et subtropicaux. Ce pois est cultivé principalement en Inde, où 2.6 millions de tonnes sont produites chaque année. La chenille Helicoverpa armigera est le principal ravageur de l'ambrevade; elle est responsable de la moitié des pertes de récoltes dues à des insectes. Des mesures de protection contre cet insecte ravageur sont donc de grande importance pour l'agriculture indienne. Des travaux de recherche sont effectués entre autres à l'ICRISAT, un centre de recherche agricole international à Hyderabad en Inde.
14'000 variétés d'ambrevade ont été testées afin de trouver une plante résistante aux insectes de façon naturelle ­ sans succès. Les chercheurs ont quandmême réussi à cultiver des plantes résistantes à la chenille grâce à des méthodes biotechnologiques. Pour cela, ils ont utilisé la méthode Bt qui a déjà prouvé son efficacité auprès d'autres plantes et qui consiste à implanter le gène Cry1Ab, lequel agit comme insecticide naturel. Après des examens détaillés de la plante et des essais préliminaires prometteurs, les chercheurs ont reçu l'autorisation pour des essais en plein champ. D'après William Dar, directeur général de l'ICRISAT, ces travaux sont un pas important pour satisfaire les besoins des agriculteurs des zones tropicales semi-arides.
Sources: "SATrends", newsletter mensuel de l'ICRISAT, Edition novembre 2003

Loi sur le génie génétique: La nouvelle LGG entrera en vigueur en janvier 2004
Le parlement a adopté au printemps 2003 la nouvelle loi sur le génie génétique en Suisse. Vu l'importance et l'actualité de ce thème, le Conseil fédéral tient à ce que cette loi entre en vigueur le plus vite possible, et a donné en novembre son approbation pour les modifications d'ordonnances. La LGG peut ainsi entrer en vigueur le 1er janvier 2004.
La LGG contient des réglementations complètes pour une utilisation responsable du génie génétique et garantit la protection des humains et de l'environnement. Les réglementations établies concernant la responsabilité civile ont été renforcées. La production de vertébrés génétiquement modifiés sera interdite. La liberté de choix des consommateurs est garantie par une déclaration des produits génétiquement modifiés et par une loi protégeant la production de denrées alimentaires génétiquement non-modifiées.
Sources: "Neues Gentechnikgesetz gültig ab 1.1.2004" OFEFP communiqué de presse du 19.11.2003

Texte: Jan Lucht
Traduction: J-Ph. Ruegg

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