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Maïs Bt et: Les plantes biotechnologiques peuvent empêcher des malformations
Au début des années 90, on a observé chez les nouveau-nés d'origine
hispanique dans la vallée de Rio-Grande au Texas une forte augmentation
de défauts du tube neural (absence de fermeture de la colonne vertébrale
"spina bifida", hydrocéphalie, mauvais développement du cerveau). Les
défauts dans cette région étaient six fois suppérieurs à la moyenne
américaine et leur origine est longtemps restée incertaine.
Des recherches effectuées aux Etats-Unis, en Chine, en Afrique du Sud et
au Guatémala ont révélé qu'il existe un lien entre la consommation de
maïs, produit et travaillé pour la propre consommation (par exemple les
tortillas), et les malformations du tube neural. De nouveaux résultats,
publiés au mois d'avril 2004 dans la revue spécialisée "Journal of
Nutrition", démontrent que la mycotoxine fumonisine pourrait être à
l'origine de ces défauts. Elle influence le métabolisme cellulaire et freine
l'absoption d'acide folique, une substance importante pour éviter les
malformations du tube neural. Lors d'essais en laboratoire à l'aide de
souris, la fumonisine a directement provoqué des anomalies du tube
neural. De plus, il existe dans les pays consommant beaucoup de maïs un
rapport entre les aliments contaminés par la fumonisine et les
malformations chez les nouveau-nés.
Comment la fumonisine arrive-t-elle dans la chaîne alimentaire humaine et
comment peut-on la combattre? La fumonisine est produite par le
champignon fusarium qui infecte les plantes de maïs envahies par des
ravageurs. Ainsi on trouve souvent dans les plantes attaquées par la
pyrale du maïs des quantités de fumonisine plus importantes. On sait
depuis des années que des mesures contre la pyrale du maïs réduisent la
contamination par la fumonisine. Plusieurs études démontrent que la
contamination par ces mycotoxines est fortement réduite quand on cultive
du maïs Bt génétiquement amélioré résistant aux insectes. La fumonisine
a non seulement des effets sur le développement de l'embryon, mais elle
constitue aussi un risque aigu pour la santé humaine et animale. De plus,
on suppose qu'elle pourrait avoir des effets cancérigènes. Les plantes
biotechnologiques se protègent elles-mêmes contre la pyrale du maïs. Par
conséquent il est possible de réduire les dommages causés aux récoltes,
mais aussi d'améliorer la qualité du maïs en diminuant l'attaque de
moisissure.
Les semences biotechnologiques résistantes aux insectes pourraient donc
contribuer à diminuer la contamination du maïs par la fumosinine, ce qui
aurait des effets bénéfiques pour la santé de la population,
particulièrement dans les pays consommant de grandes quantités de
maïs.
Sources: Bruce Chassy und Drew Kershen, "Bt corn reduces serious birth defects", Western Farm Press, 27 octobre 2004; Walter F. O. Marasas et al 2004, "Fumonisins Disrupt Sphingolipid Metabolism, Folate Transport, and Neural Tube Development in Embryo Culture and In Vivo: A Potential Risk Factor for Human Neural Tube Defects among Populations Consuming Fumonisin-Contaminated Maize", J. Nutr. 134:711-716; Gary P. Munkvold et al. 1999, "Comparison of Fumonisin Concentrations in Kernels of Transgenic Bt Maize Hybrids and Nontransgenic Hybrids", Plant Dis. 83:130-138; "Bt Corn Produces Healthier Crops for Humans and Animals", Council for biotechnology information, 2004.
Culture expérimentale: La coexistence entre cultures de maïs OGM et non-OGM est possible
En Allemagne, une expérience à grande échelle a démontré qu'une
coexistence entre différentes formes de culture est possible. Plus de 300
hectares de maïs Bt résistant aux insectes ont été cultivés au printemps
2004 sur 30 sites dans sept länder. Le but était d'analyser dans des
conditions réelles la diffusion du pollen des plantes OGM. Les premiers
résultats ont été présentés le 24 novembre à Berlin.
Il existe un échange de pollen entre le maïs OGM avoisinant le maïs
conventionnel. Cet échange diminue fortement avec la distance entre les
champs; à partir de dix mètres la présence d'OGM est inférieure à 0.9%,
le seuil de tolérance pour l'étiquetage dans l'UE. Des experts estiment
qu'une séparation de 20 mètres suffit pour réduire le mélange à un
minimum. D'après eux on pourrait même renoncer à une séparation pour
les grands champs, étant donné que la teneur en OGM est suffisamment
réduite grâce au mélange pendant la récolte.
Des agriculteurs espagnols ont fait des expériences semblables. Dans leur
pays, les champs de maïs conventionnel avoisinent les champs de maïs
OGM depuis sept ans déjà. La surface cultivée en OGM correspond à
environ 60,000 hectares, 12% de la superficie consacrée au maïs en
Espagne. Afin d'éviter un mélange, plusieurs procédés sont pratiqués sur
base volontaire. Des pertes économiques dues aux mesures prises pour la
coexistence n'ont pas été constatées. D'autre part la productivité a
nettement augmenté et les travaux de culture ainsi que les produits
phytosanitaires ont pu être réduits, ce qui rend les plantes
biotechnologiques intéressantes pour les agriculteurs.
Sources: "GVO: Bei Mais ist eine Koexistenz möglich", www.bauernzeitung.ch, 26.11.04; Resultate und Hintergrund-Informationen auf www.erprobungsanbau.de; "Spanische Maisbauern stellen das Konzept der Koexistenz unter Beweis", CORDIS Nachrichten (EU), 19. Oktober 2004
Initiative "Stop OGM": La commission CSEC-CE refuse également un moratoire
Lors de la séance du 28.10.04 sur l'initiative populaire "pour des aliments
produits sans manipulations génétiques", la commission de la science, de
l'éducation et de la culture du Conseil des Etats partage l'opinion du
Conseil fédéral et se prononce clairement contre le moratoire sur l'usage
d'OGM dans l'agriculture. Par 5 voix contre une et une abstention, la
commission a clairement rejeté l'initiative.
D'après la commission, une interdiction même temporaire pourrait
avoir des effets négatifs aussi bien sur la sécurité du droit que sur la
recherche biotechnologique. Par ailleurs, le titre de l'initiative qui évoque
"des aliments produits sans manipulations génétiques" serait également
mal choisi: d'abord parce que tous les aliments ne proviennent pas de
l'agriculture suisse, et ensuite, parce qu'une telle initiative n'empêcherait
pas en principe l'utilisation de fourrages génétiquement modifiés pour la
production de lait et de viande.
Sources: "Génie génétique : la commission s'oppose à un moratoire", Commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil des États, 28.10.2004; "Ständeratskommission gegen Gentech-Moratorium", Landwirtschaftlicher Informationsdienst LID, 29. Oktober 2004.
Génie génétique et sécurité alimentaire: Des scientifiques italiens en faveur des OGM
Dix-huit des principales associations scientifiques italiennes ont évalué,
sous la responsabilité de la société italienne de toxicologie "Società
Italiana di Tossicologia", les aspects de santé des aliments OGM. En tout,
ces associations représentent plus de 10,000 scientifiques. Leur prise de
position a tenu compte d'une analyse d'ouvrages spécialisés ainsi que de
l'évaluation des positions de nombreuses académies scientifiques
nationales et de 14 organisations extérieures, comme l'OMS,
l'Organisation mondiale de la Santé.
Ce document présenté début novembre met en évidence que les produits
OGM sont parmis les aliments les mieux étudiés, et dans la plus part des
cas mieux analysés que les aliments conventionnels. Les aspects
toxicologiques, allergologiques, agricoles, botaniques, écologiques ainsi
que les aspects de sécurité alimentaire ont été pris en compte lors de
cette recherche. Tous les aliments OGM autorisés pour le marché ont
passé les tests avec succès, ce qui confirme leur sécurité comme aliment
pour les hommes et les animaux.
Les organisations scientifiques demandent que l'évaluation de nouveaux
produits soit effectuée en tenant compte des propriétés génétiques au cas
par cas, et non pas en tenant compte seuelement de la technologie
utilisée pour la production. D'après eux, un jugement pour ou contre le
génie génétique serait peu judicieux et devrait être abandonné en faveur
d'un consensus rationnel basé sur la connaissance du produit et du
processus de modification.
Source: "Italian associations release GM consensus document", ISAAA Crop Biotech Newsletter, 26 novembre 2004; "Food Safety and GMOs", SITOX - Società Italiana di Tossicologia, 3. 11. 2004.
Pays-Bas: Des règles fondamentales pour la coexistence ont été mises sur pied
Il existe un manque de réglementations pour garantir la coexistence entre
des cultures OGM et non-OGM. Une commission spécialisée néerlandaise
a présenté début novembre un rapport décrivant des règles
fondamentales pour atteindre ce but.
Ce document a été élaboré par le groupement d'intérêts du secteur bio
"Biologica", l'union des paysans LTO, l'association des éleveurs ainsi que
la plateforme "Terre, agriculteurs et consommateurs" (Platform ABC)
donc aussi bien par des partisans que par des adversaires de la génétique
verte.
Le rapport "Coexistence secteur primaire" détermine la distance minimum
pour les pommes de terre, les betteraves sucrières et le maïs
génétiquement modifiés et contient des informations sur l'obligation
d'enregistrement et de surveillance. De plus, il définit d'autres exigeances
pour une utilisation correcte de ces méthodes et propose de créer des
fonds pour chaque variété de plante OGM, afin d'indemniser les
agriculteurs touchés en cas de mélanges. Entre les parcelles OGM et non
OGM, une distance d'isolement de 3 m est prévue pour les pommes de
terre, d'1.5 m pour les betteraves sucrières et de 25 m pour le maïs. A
proximité de parcelles bio, la distance s'élève à 10 m pour les pommes de
terre, à 3 m pour les betteraves sucrières et à 250 m pour le maïs. Une
recommandation concrète pour le colza n'a pas été faite, en raison de
problèmes pratiques à résoudre.
Selon les associations représentées, ces directives aideraient à réduire à
un minimum des mélanges entre les produits biologiques, conventionnels
et OGM. Ainsi, une coexistence entre différentes méthodes de culture et le
libre choix des consommateurs et consommatrices peuvent être garanties.
Les directives proposées devraient prochainement être rendues
obligatoires et prouveront leur efficacité dans la pratique.
Sources: "Niederlande: Fachkommission vereinbart Grundregeln für Koexistenz ", Oekolandbau.de, 8 novembre 2004; "Rapport Commissie Coëxistentie Primaire Sector", Rapport de la commission, 2 novembre 2004.
Retrospective de l'OLMA: Des produits OGM au stand d'Internutrition ont attiré le public
L'OLMA a eu lieu du 7 au 17.10.04 à St. Galles. Internutrition y a présenté
son stand "Vivre la recherche agricole et alimentaire moderne". Des
approches de la recherche actuelle ont été présentées par des écoles
supérieures et l'industrie. De plus, nos visiteurs ont pu déguster des
aliments à base d'OGM.
Nous avons offert de la bière "CoolCorn" et du pain de maïs, tous deux
fabriqués à base de maïs Bt, résistant à la pyrale et dont la production
nécessite moins d'insecticides. Nous avons également présenté un
délicieux fromage "végétarien" pour lequel on a utilisé comme coagulant
de la chymosine produite par des OGM, à la place de présure de veaux
abattus. Et finalement, nous avons offert aux visiteurs une boisson
vitaminée "Mental Power", enrichie en vitamine B2 produite par des
bactéries génétiquement améliorées. Le nouveau processus de production
présente un meilleur bilan écologique en comparaison avec la synthèse
chimique traditionnelle, et il est nettement moins couteux. Ces produits
OGM sont tous autorisés en Suisse et ont été dûment déclarés.
L'intérêt du public était particulièrement grand après des reportages dans
la presse écrite, la radio et la télévision. En tout, 800 l de bière de maïs
"CoolCorn", 130 kg de pain de maïs, 100 kg de fromage "végétarien" et
300 l de boisson vitaminée ont été consommés. En même temps, les
visiteurs ont eu la possibilité de s'informer sur le génie génétique dans la
production alimentaire, de discuter et de recevoir des réponses
compétentes à toutes leurs questions critiques.
Sources: Documentation sur le stand d'Internutrition (PDF en allemand); Informations sur la bière CoolCorn à base de maïs Bt sur www.coolcorn.ch
Texte: Jan Lucht
Traduction: J-Ph. Rüegg