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03-07-2002 00:00:00
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Oui à une sécurité sans faille, non aux interdictions !

Roland Bilang, InterNutrition

Depuis 1992, les citoyens suisses ont exprimé à plusieurs reprises, dans les sondages ou lors de votations, leur opposition aux interdictions dans le domaine du génie génétique. En revanche, ils appellent de leurs voeux une législation qui nous permette de tirer profit du potentiel de cette technologie-clé et d'éviter les erreurs. Le projet de loi Gen-Lex, qui va prochainement être soumis aux Chambres fédérales, répond à cette attente. En refusant d'interdire le génie génétique dans le domaine agro-alimentaire et en imposant des conditions strictes à la mise en circulation de produits génétiquement modifiés, le Conseil fédéral et une majorité de la commission des Etats ont déjà posé les bases d'une saine législation sur le génie génétique.

Les dispositions légales, régissant actuellement la mise en circulation des produits génétiquement modifiés, ainsi que les futurs critères d'autorisation, plus stricts, assurent la sécurité de l'homme et de l'environnement. Toutefois, nombreux sont ceux qui exigent un moratoire concernant la mise en circulation d'organismes transgéniques. Une mesure que nous jugeons contre-productive.

Attention à l'autogoal !
L'agriculture est sans cesse confrontée à de nouveaux défis. Par exemple, la lutte contre des maladies ou des parasites connus ou encore inconnus. De plus en plus de plantes génétiquement modifiées, qui peuvent se révéler utiles pour l'agriculture suisse et contribuer, à terme, à son efficacité, font leur apparition sur le marché. Avec un moratoire, il serait probablement possible de vérifier l'utilité de telles plantes. Par contre, en l'absence de commercialisation, l'agriculture se verrait privée des avantages pratiques que ces plantes offriraient.

Un moratoire serait dommageable pour les chercheurs
Dans la recherche en génétique végétale, la Suisse a produit des résultats remarquables. Par exemple, il est utile de citer le riz enrichi de provitamine A (dont la licence vient d'être accordée gratuitement à l'institut du riz de Manille) ou encore les variétés de blé résistantes aux maladies. Ces réalisations ont suscité un vif intérêt dans le monde entier. Un moratoire aurait pour effet de mettre en doute instantanément la crédibilité de la recherche scientifique suisse.

Même si la recherche fondamentale n'est pas menacée par un moratoire, la recherche appliquée dans le domaine des plantes génétiquement modifiées serait ralentie. D'ailleurs, il est souvent difficile de différencier recherche et application. En effet, les projets de recherche ne trouvent plus de financement lorsque le développement d'un produit et l'utilisation commerciale des connaissances sont compromis dès le départ par des interdictions.

Eviter l'isolement
Actuellement, l'UE cherche à s'éloigner du moratoire de fait, légalement contestable. La commissaire à l'environnement Margot Wallström a annoncé, début février, que les demandes d'autorisation qui avaient été gelées pendant des années, allaient être traitées incessamment. Pour la Suisse, un moratoire représenterait donc un acte de repli, au caractère quelque peu grotesque, étant donnée la taille modeste de notre territoire. Comment expliquer un jour à l'agriculteur genevois ou à celui de la vallée du Rhin, que la culture de variétés transgéniques résistantes lui est interdite, alors que son voisin de l'autre côté de la frontière ne connaît pas de semblable interdiction?

Une interdiction de culture de plantes transgéniques sous la forme d'un moratoire ne peut être justifiée, que ce soit du point de vue de l'écologie, de l'économie ou de l'éthique. Par ailleurs, il n'appartient pas aux milieux politiques de prendre des décisions contre une nouvelle technologie, en particulier lorsqu'il s'agit de protéger le marché existant, notamment bio.

Nous n'avons pas besoin d'un « temps de réflexion », mais bien de conditions cadres raisonnables qui autorisent une utilisation responsable du génie génétique dans l'agriculture.

Gen-Lex
Oui à une sécurité sans faille, non aux interdictions
Gen-Lex
La responsabilité civile
Moratoire sur la dissémination


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