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Pia Rufener Al Mazyad et Roland Bilang
Selon la théorie du chaos, le simple battement d'aile d'un papillon peut provoquer des changements météorologiques aux antipodes Un étude, parue fin mai 1999 dans la revue scientifique Nature, fait état d'effets négatifs du pollen de maïs-Bt sur le papillon monarque. Ce bref article a reçu, à l'échelle mondiale, une audience importante et a déclanché de nombreuses inquiétudes. Différents milieux opposés au génie génétique considèrent que cet article apporte la preuve du danger lié aux plantes de cultures transgéniques. Pourtant, les données sont souvent surestimées et mal interprétées. Les conclusions doivent être relativisées, étant donné que les résultats obtenus en condition de laboratoire ne peuvent être simplement transférés à l'échelle réelle. Les champs de maïs ne représentent pas un environnement typique pour les papillons monarques. De plus, des études récentes sur le terrain démontrent que, la plupart du temps, les quantités de pollen en bordure de champs sont insuffisantes pour tuer les chenilles. Bien qu'en 1999, aux Etats-Unis, presque 50% des cultures de maïs ont été exploitées au maïs-Bt, les populations de papillons monarques ont, grâce à des conditions climatiques favorables, nettement augmenté. Les incidences de cet article peuvent être mesurées mondialement. Sur la base de la controverse liée au papillon monarque, les médias ont adopté la thématique "Sécurité des plantes transgéniques". Les autorités compétentes de l'UE ont interrompu les démarches d'admission des plantes de cultures transgéniques pour l'Europe. Les industries agro-alimentaires désirent renoncer aux ingrédients génétiquement modifiés. En conséquence, la culture de variétés conventionelles va à nouveau augmenter l'année prochaine. Les actions de Monsanto ont déjà régressé de 10%. Le débat qui a eu lieu au cours de l'été 1999 au sujet du papillon monarque et du maïs-Bt est présenté ci-dessous.
Papillon monarque
Plante nourricière Asclepias (milkweed) Les papillons monarques se nourissent de différentes espèces du genre Asclepias de la famille Asclepiadaceae (milkweed en anglais). En plus de Asclepias curassavica, la plante utilisée dans l'étude de Losey, le monarque se nourrit principalement de A. syriaca (common milkweed), une mauvaise herbe largement répandue, ainsi que diverses autres espèces du genre Asclepias. Comme le nom anglais milkweed laisse à deviner, il s'agit, dans le cas des plantes nourricières du monarque, de mauvaises herbes persistantes. En agriculture, celles-ci sont combattues activement par des herbicides. En outre, le terme anglais est dû à sa sève qui présente l'aspect du lait, sa consistance étant plus proche du latex. La plante développe des semences qui possèdent de longues extrémités filamenteuses. Ces semences permettent une répartition efficace dans l'environnement, ce qui est caractéristique pour les mauvaises herbes. Le genre Asclepias produit des arbustes, dont la durée de vie est de plusieurs années. La répartition géographique concerne le Nord et le Centre des Etats-Unis. Les prés, pâturages, bordures de chemins et de cours d'eau constituent leur habit. De par ses fleurs rouges attrayantes ainsi que sa robustesse, A. curassavica est connu chez nous comme plante d'ornement. A. syriaca, quant à elle, à cause de sa morphologie particulière et de sa capacité à attirer les papillons, est plantée parfois dans les jardins.
Les bactéries-Bt (Bacillus thuringiensis) sont appliquées depuis plus de 50 ans comme insecticides. La bactérie synthétise une protéine de forme cristalline, qui agit de manière toxique spécifiquement sur les papillons et les petits papillons. Par contre, celle-ci est inoffensive pour la plupart des autres groupes d'insectes. En ce qui concerne les mammifères et les hommes, la protéine n'est pas toxique. Mondialement, différents mélanges et souches de bactéries sont utilisés. Particulièrement en cultures biologiques, l'insecticide Bt se révèle être efficace. Contrairement aux insecticides conventionnels, au champ d'action étendu, l'insecticide Bt ne nuit pas aux insectes utiles. Le maïs-Bt contient un gène pour la protéine Bt et se protège donc lui-même contre l'appétit de la pyrale du maïs Ostrinia nubilalis (angl. European corn borer, ECB). Etant donné que les larves de celles-ci s'introduisent dans les tiges du maïs pour s'y développer, il est particulièrement difficile d'exterminer ce parasite par des méthodes conventionnelles. Les experts estiment les dégâts provoqués à l'échelle mondiale par la pyrale du maïs à environ 1 milliard de US $, si aucune mesure de contrôle n'est appliquée. Au cours des années 1997 et 1998, grâce au maïs-Bt, les rendements des agriculteurs américains se sont améliorés de 5 à 20%. Em même temps, l'utilisation des insecticides a été réduite, ce qui protège les insectes utiles comme l'ensemble de l'écosystème agricole. De plus, le maïs-Bt est moins soumis aux dégâts provoqués par les champignons, étant donné que les plantes se trouvent être en meilleure santé et présentent moins de traces de blessures par lesquelles les champignons s'introduisent dans la plante. Des plantes infestées par des champignons produisent des mycotoxines dangereuses pour l'homme et les animaux. Lorsque la contamination du maïs par les champignons est importante, la valeur de la récolte est réduite, quand il ne faut pas tout simplement détruire celle-ci.
Méthodes:
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