|
La papaye est un fruit tropical La papaye est cultivée dans des zones tropicales: en Jamaïque, au Brésil, en Thaïlande, au Venezuela, à Taiwan, en Australie, au Mexique et à Hawaii (USA). Elle représente non seulement une source de revenu ("cash crop") pour les cultivateurs, mais aussi une source de nourriture importante. Dans presque toutes les régions où la papaye est cultivée, les arbres peuvent être contaminés par le virus "ringspot" (PRSV), transmis par des insectes (des aphidés). Quand un arbre est atteint, ses fruits ont un aspect irrégulier avec des anneaux vert foncé, souvent enfoncés, à la surface extérieure du fruit, d'où le nom du virus. Un arbre infecté ne meurt pas forcément, mais il peut ne plus porter de fruits. Le virus se répand très rapidement Dans les marchés internationaux de produits agricoles, la papaye est considérée comme un "produit orphelin", ayant peu de signification économique. Pourtant, la qualité d'une récolte est déterminante pour la subsistance des cultivateurs. Lorsqu'un verger est infecté par le PRSV, la propagation du virus esttrès rapide et l'élimination des arbres malades reste l'unique méthode pour empêcher temporairement le virus de se répandre. A Hawaii (l'île la plus grande de l'archipel, du même nom que l'état), la présence du virus dans les plantations date de 1992. En l'espace de deux ans, toute la région de Puna, où se trouvent les plantations les plus importantes, a été infestée par le virus. Les dimensions de la catastrophe étaient telles, que les cultivateurs ont perdu tout espoir de sauver quoi que ce soit et ils ont abandonné leurs vergers. C'était une situation de crise dans tout l'état de Hawaii, où la papaye est le deuxième produit agricole le plus important pour l'économie, après l'ananas. Avant 1992, la production des vergers de Puna représentait 96% de la production totale des huit îles hawaiiennes. Une variété transgénique et l'obtention de licences pour la propriété intellectuelle A cette époque, les chercheurs de Cornell University (New York) et de l'Université de Hawaii (USA) avaient mis au point une variété de papaye résistant au PRSV. Elle est obtenue en insérant dans le génome du fruit une séquence d'ADN provenant du virus même (coat protein-mediated transformation). Il faut dire que, jusque là, les chercheurs n'avaient pas réussi à trouver de résistance naturelle chez aucune des variétés de papayes, ils ont alors tentéune approche biotechnologique. La papaye transgénique a pu être testée dans les anciens vergers ravagés par le virus. En 1997, après plusieurs années d'essais en serre et dans les champs, les autorités américaines ont décidé d'autoriser la papaye transgénique (voir tableau 1). Les plantes transgéniques, leurs composants ainsi que les techniques utilisées pour leur fabrication sont souvent brevetés. Il a donc été nécessaire d'obtenir des licences avant que les graines de la papaye transgénique ne puissent être distribuées aux cultivateurs. Sinon, selon la loi sur la propriété intellectuelle en vigueur aux USA, la fabrication, l'utilisation et la vente de papaye transgénique, auraient transgressé la loi, le chercheur risquantainsi un procès.
La situation aujourd'hui à Hawaii et les perspectives pour les autres pays En 2000, la surface pour la culture de la papaye à Hawaii couvrait 2,050 acres (arbres fructifères et non-fructifères). La variété transgénique, "Rainbow" (un croisement entre la papaye transgénique de chair rougeâtre, "SunUp", et la papaye non-transgénique de chair jaunâtre, "Kapoho") est cultivée sur 40% de la superficie totale, mais représente 50% des arbres capables de produire des fruits (information de C. Gonsalves). Qu'en est-il de la possibilité de transférer cette technologie vers les pays en voie de développement? Le succès de la papaye transgénique à Hawaii a suscité l'intérêt des autres pays cultivant la papaye. En Jamaïque, le PRSV a fait son apparition en 1993. A cause de cette maladie, la production de papayes est passée de 21, 512 tonnes en 1994 à seulement 5, 074 tonnes in 2001. Depuis 1993 les Jamaïcains travaillent, en collaboration avec le Cornell University, au développement d'une papaye transgénique, dérivée d'une variété locale. Une version opérationnelle des règlements sur la biosécurité est en préparation en Jamaïque. Selon l'ISAAA, le manque de système de législation la biotechnologie dans les pays en voie de développement peut retarder l'introduction de plantes transgéniques utiles. En ce qui concerne les lois et les règlements sur la biotechnologie, chaque pays conserve sa souveraineté. Epilogue
L'histoire du développement et de la commercialisation de la papaye transgénique est plus qu'une histoire de réussite. On y retrouve à la fois l'élégance et la complexité liées à la gestion par l'homme de phénomènes biologiques qui se manifestent dans nos systèmes agricoles. L'histoire de la papaye transgénique met en évidence la marge, souvent très mince, de l'interdépendance entre la survieéconomique et les conséquences de processus biologiques, tels la propagation d'un virus. Malgré l'enthousiasme des cultivateurs pour la papaye transgénique, le marché pour ce fruit se limite à Hawaii et aux USA,en attendant que d'autres pays l'autorisent. Par exemple, le Japon, qui importe environ 35% de la production hawaïenne de papayes, n'a pas encore donné le feu vert à la papaye transgénique. Comme tous les produits
issus de la biotechnologie des plantes, la papaye résistant au virus "ringspot" doit obtenir une autorisation officielle, pour chaque pays souhaitant l'importer. C'est maintenant aux marchés étrangers de prendre une décision, et les cultivateurs d'Hawaii doivent attendre leur verdict pour la papaye qui pousse à nouveau sur le sol hawaiien. Tableau Chronologie des événements
Informations supplémentaires LINKS:Gonsalves, Carol(2000)Farmers say "Yes" to Transgenics, Agriculture Hawaii 1(3): 34; can be ound at http://csf. colorado. edu/mail/elan/2000/msg01078. html Gonsalves, Dennis, Papaya Ringspot Virus (P-strain) http://www. extento. hawaii. edu/kbase/Crop/Type/papring. htm Approval by the US Environment Protection Agency Decision document of the USDA APHIS Swain, S. and Powell, D. A. (2001) The Papaya Biotechnology Network of Southeast Asia: Biosafety Considerations and Papaya Background Information, ISAAA Brief, No. 11-1999. Goldman, M. L (1999) Legal Perspectives on Transgenic Papaya Licensing Program, Proceedings of the workshop on "The Significance of Transgenic Plants for Developing Countries," 29 November-1 December 1999, Basel, Switzerland Development: Jamaica Pins its Hopes on Transgenic Papaya, Inter Press Service, Zadie Neufville, 17 September 2001-10-01 - *: |
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|||||||