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2002-07-03 00:00:00
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Attendez-vous à trouver la biotechnologie des plantes à des endroits inattendus

En Europe et aux USA, l’agriculture produit des excédents. Les premières plantes transgéniques sont sur le marché. Grâce à elles, certains pesticides problématiques peuvent être évités, ce qui profite à l’environnement. Les opposants au génie génétique en agriculture sont fortement représentés en Europe et, depuis l’année passée, se sont aussi manifesté aux USA. En marge des Etats industrialisés, d’autres intervenants auront aussi bientôt leur mot à dire concernant l’exploitation du génie génétique. Les pays du Tiers monde ont un besoin pressant de plantes modifiées génétiquement, afin d’améliorer la productivité de leurs plantes agricoles. Par le passé, ils n’ont pas vraiment été en mesure de développer leur propres variétés transgéniques, par manque de ressources. Ils sont donc dépendants des gouvernements étrangers, des entreprises de biotechnologie et de fondations, telles que la fondation Rockefeller.

Dans les pays industrialisés, les efforts principaux se sont d’abord concentrés sur le développement de plantes transgéniques vouées à l’agriculture locale. Les premiers produits furent développés pour l’immense marché américain (soja, maïs) et pas pour les petits agriculteurs, qui ne peuvent pas se permettre l’acquisition de semences hybrides ou d’engrais synthétiques. D’un autre coté, la fondation Rockefeller a soutenu activement les recherches biotechnologiques sur le riz dans le monde. L’EPF de Zurich, en collaboration avec l’institut de recherche sur le riz des Philippines, a, par exemple, développé un riz enrichi en provitamine A.

La manière ‘do it yourself’ existe cependant aussi. Récemment, lors d’un symposium international, Cuba a présenté l’état de ses propres recherches. Au beau milieu de sa crise économique de 1990-1996, cette nation a investi presque 1 milliard de dollars dans la biotechnologie médicale et agronomique. Actuellement, Cuba produit ses propres vaccins et les fournit aux états d’Amérique latine à prix réduit. Son vaccin contre l’hépatite B coûte trois fois moins que les produits équivalents sur le marché international. Des produits biotechnologiques obtenus à partir de cultures de tissus sont utilisés dans l’agronomie locale. Leurs premières plantes transgéniques sont sur le point d’être commercialisées. Les produits cubains sont parfaitement concurrentiels au niveau mondial. Ils sont tellement bon marché, qu’ils peuvent être acquis par des pays du Tiers monde. Cela provient du fait que les charges salariales ne constituent qu’une fraction des salaires des scientifiques dans les pays industrialisés.

La roue pourrait-elle tourner et la recherche se développer dans les pays du Tiers monde au détriment des autres pays ? Pour l’instant, la recherche dans les pays industrialisés est protégée par ses brevets. Mais dès que le projet de cartographie du génome sera terminé et que les cartes génétiques seront librement accessibles, il sera probablement difficile de protéger la propriété intellectuelle par des brevets. Les chances seront alors égales pour tout le monde. La biotechnologie des plantes nécessite actuellement peu d’investissements. Un laboratoire pour la culture de tissus suffit amplement. Une telle recherche n’est donc plus exclue pour les pays pauvres.

Et ensuite ? Si même Cuba, pourtant soumise à l’embargo international et inapte à former un grand nombre de scientifiques dans des instituts de pointe, se révèle être un important concurrent biotechnologique, qu’en sera-t-il des pays comme la Chine ou l’Inde, qui forment une multitude de scientifiques dans des laboratoires de pointe à l’étranger et qui les destinent ensuite au développement de leurs projets nationaux ?

La motivation qui stimule la biotechnologie des plantes dans les pays industrialisés à été fortement affaiblie ces dernières années, en Europe surtout, par l’opposition croissante. Certains commanditaires se sont déjà retirés. Il est possible que la recherche, l’industrie ainsi que l’exploitation de la biotechnologie des plantes vont migrer vers le Tiers monde, puisque la motivation y est plus forte à cause des problèmes de famine. La prochaine vague d’innovations dans le domaine des plantes transgéniques pourrait bien provenir de pays dans lesquels la biotechnologie est une nécessité plutôt qu’un luxe comme en Europe et aux Etats-Unis, où l’agronomie produit du surplus.

Les états du Tiers monde ne demandent pas l’autorisation aux ONG des pays industrialisés pour développer des plantes transgéniques. Ils le font.

Source:

International Herald Tribune, EDITORIAL/OPINION, Feb 8,2000
Expect Genetic Engineering of Plants in Unexpected Places
By David Tepfer, Sjef Smeekens and Olivia Lepri

Le rôle de la biotechnologie


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